BURKINA FASO

Un nouveau gouvernement sans véritable opposant

(La liste du gouvernement formé le mardi 12 octobre 1999)

Mis à part le parti écologiste de Ram Ouédraogo, et le Mouvement pour la tolérance et le progrès (MTP, parti sankariste) de Congo Kaboré, tous les autres partis politiques d'opposition ont refusé d'entrer dans ce gouvernement "d'ouverture" proposé par le président Blaise Compaoré.

Ram Ouédraogo, candidat malheureux à la présidentielle de novembre 1998, a pris le poste de ministre d'Etat sans portefeuille, un de ses lieutenants, Yacouba Tou, a été nommé ministre délégué chargé de l'environnement. Congo Kaboré occupe le poste de ministre de l'Action sociale et de la Famille. Le MTP fait malgré tout partie du "groupe du 14 février", regroupant les principaux partis de l'opposition.

"C'est un parti qui a adhéré au gouvernement, mais le gros des troupes et les partis les plus représentatifs n'y sont pas", a commenté Hermann Yaméogo, président de l'Alliance pour la démocratie et la fédération /Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), l'un des principaux partis du "groupe du 14 février".

Ce nouveau gouvernement est également marqué par le départ d'un proche collaborateur du chef de l'Etat, ancien ministre des Affaires présidentielles puis de l'Environnement et de l'eau, Salif Diallo, membre influent du parti au pouvoir. On note également le départ de Joseph Kaboré, ministre depuis environ 10 ans, en charge des Infrastructures et de l'Habitat.

Le Premier ministre reconduit dans ses fonctions, Kadré Désiré Ouédraogo, a déclaré que son nouveau gouvernement devrait "trouver les voies et moyens pour une réconciliation durable. Il s'agira de lutter contre l'impunité et de poursuivre nos efforts en vue d'un traitement rapide des dossiers en justice dans le strict respect de l'indépendance du pouvoir judiciaire". Le Premier ministre a indiqué que parmi les missions du gouvernement se trouvaient également la révision du code électoral, le financement des partis politiques et des campagnes électorales, le statut de l'opposition, les lois sur les libertés publiques et la sécurité des biens.

 

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