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Louis Dakoury-Tabley, 57 ans, qui sest rallié aux mouvement rebelle ivoirien, le Mouvement patriotique de Côte dIvoire (MPCI), était lun des partisans historiques du président Laurent Gbagbo avec qui il a fondé le Front populaire ivoirien (FPI). Grand et dun physique imposant, Louis Dakoury-Tabley appartient à la grande famille bourgeoise Dakoury-Tabley de la ville de Gagnoa au centre-ouest de la Côte dIvoire. Il est aussi populaire que son frère aîné Paul Dakoury-Tabley, évêque du diocèse de Grand-Bassam (sud). Né le 9 septembre 1945 à Gagnoa, il appartient à la même ethnie Bété que le président Gbagbo. En 1992, avec lavènement du multipartisme sous le régime du président Félix Houphouët-Boigny, le FPI, clandestin pendant une décennie, est légalisé et Louis Dakoury-Tabley en est lun des membres les plus en vue. En 1994, le parti forme un Front républicain avec le Rassemblement des Républicains (RDR) de lancien Premier ministre Alassane Ouattara, dans la perspective de lélection présidentielle de 1995. Le Front républicain boycotte ce scrutin, dont est exclu M. Ouattara, qui voit lavènement au pouvoir dHenri Konan Bedié, chef du Parti démocratique de Côte dIvoire (PDCI, ancien parti unique). Après le coup dEtat du général Robert Gueï en décembre 1999, Laurent Gbagbo sallie au PDCI. Dakoury-Tabley entre alors en fronde contestant cette alliance publiquement. Quelques semaines plus tard, il est demis du secrétariat général du FPI. Depuis, il a créé son quotidien le Front, et sest montré particulièrement virulent vis-à-vis de ses anciens compagnons qui ont accédé en octobre 2000 au pouvoir. Dans un entretien accordé à un quotidien indépendant à la veille de linsurrection du 19 septembre, Louis Dakoury-Tabley réglait ses comptes avec le régime du président Gbagbo. Dans cette interview publiée dans Le Jour les 16 et 17 septembre derniers, il faisait un constat amer de la situation du pays depuis lélection de M. Gbagbo en octobre 2000. Au jour daujourdhui, il nest pas en train de se passer ce dont nous avions rêvé: un pays où la parole était libre, où il y avait la justice, léquité, où lon donnait la possibilité aux uns et aux autres dentreprendre dans la justice, déclarait-il. Quand la loi sert à un seul individu, les choses ne peuvent pas bien aller. Cest ce que nous reprochions au régime du président Houphouët et de son annexe qui était celui de Bédié. Il est clair selon moi quaujourdhui nous navons rien changé, estimait-il encore Sur les arrestations politico-militaires qui précédèrent lexplosion de la crise, il différenciait le pays et le régime, critiquant les hommes qui dirigent et découvrent des coups dEtat toutes les deux semaines. Quand on arrête les gens comme ça au mépris des lois, tous les jours, de façon cruelle, il est clair quon ne peut pas être à laise parce quils ont des familles. Mes camarades sont conscients quils frustrent les gens et comme ils le font chaque jour, ils se disent que quelquun peut réagir, donc il faut de temps en temps les effrayer. Cest donc le gouvernement lui-même qui crée linsécurité, ajoutait-il. A plusieurs reprises, jai été amené à interpeller lopinion nationale sur larrogance, linsouciance, la suffisance et le mépris affichés par les plus hautes autorités de lEtat, a-t-il rappelé en annonçant son ralliement au MPCI. Son arrivée dans ce mouvement devrait rendre un peu plus désuète les analyses qui ne voient dans le conflit ivoirien quun simple clivage entre Nordistes-musulmans et Sudistes-chrétiens. |
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