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Laurent Gbagbo, le président de Côte d'Ivoire |
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Professeur d'histoire-géographie, originaire de l'ouest du pays, il se fait remarquer dès le début des années 1970 par un enseignement jugé "subversif" et son engagement dans un syndicalisme d'opposition au régime. En 1971, il est incorporé de force pendant près de deux ans, "emprisonné" dans un camp militaire où il aura pour instructeur un certain capitaine Robert Gueï. (on le plaint !) Il milite avec les enseignants syndicalistes et mène une fronde contre le régime au début des années 1980. En 1982, accusé d'être la figure de proue d'un "complot des enseignants" après avoir fondé clandestinement ce qui deviendra le FPI, il décide de s'exiler à Paris, où il obtiendra le statut de réfugié politique. Il ne regagne la Côte d'Ivoire qu'en 1988, pour participer au congrès constitutif de son parti, alors clandestin. Ce n'est qu'en mai 1990, lors de l'instauration officielle du multipartisme, qu'il peut se jeter ouvertement dans la bataille politique. Député à l'Assemblée nationale, il est en 1990 seul candidat à l'élection présidentielle contre le président Félix Houphouët Boigny, qui règne sans partage depuis l'indépendance en 1960. Il obtient 11% des voix, alors que le reste de l'opposition de gauche avait décidé de boycotter le scrutin. Son charisme et ses talents d'orateur, tout comme l'importance de son parti, vont faire de lui un véritable leader de l'opposition. En 1992, alors qu'il conduit des manifestations contre les interventions violentes de l'armée sur les campus, il est à nouveau emprisonné pour six mois, sur ordre d'Alassane Ouattara, alors Premier ministre. En 1995, son parti s'allie avec le Rassemblement des républicains (RDR, libéral) créé l'année précédente, dans un "Front républicain", qui organise le "boycott actif" de la présidentielle de 1995. Mais le "Front républicain" éclate en 1999, peu après l'entrée en politique d'Alassane Ouattra, élu président du RDR. Après le putsch de décembre 1999, FPI et RDR entrent au gouvernement. Le parti de M. Gbagbo durcira rapidement le ton contre son ancien allié, développant un discours nationaliste contre "celui qui s'est découvert Ivoirien à l'âge de 40 ans" et s'alliant au Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), l'ex-parti au pouvoir, pour militer contre la candidature de M. Ouattara. Son silence face aux dérapages du régime militaire a suscité des critiques et à la veille de l'élection présidentielle, le FPI est le seul parti encore au "gouvernement de transition". Après la décision controversée de la Cour suprême d'invalider les candidatures d'Alassane Ouattara et de tous les candidats du PDCI, Laurent Gbagbo s'est retrouvé seul adversaire de poids du général Robert Gueï, chef de la junte, dans la course à la présidence.
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