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Alassane Dramane Ouattara,
dit "ADO"
Né le 1er janvier 1942 à Dimbokro (centre
du pays), M. Ouattara a accompli ses études
supérieures aux Etats-Unis où il a obtenu un
doctorat d'Etat en sciences économiques.
Connu comme "économiste libéral", M. Ouattara
a occupé d'importantes fonctions au FMI où il
fut directeur du département Afrique (1984 à
1988) et conseiller du directeur général. En
1988, il est nommé gouverneur de la Banque centrale
des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
Appelé le 7 novembre 1990 comme Premier ministre par
Houphouët-Boigny, M. Ouattara s'était alors
donné mille jours pour sortir le pays de la crise
dans laquelle il s'était enlisé à la
suite de la chute brutale au début des années
80 des prix des matières premières
agricoles.
Pendant deux ans, il gouverne en bénéficiant
de l'appui inconditionnel de l'Assemblée nationale et
du Parti démocratique (PDCI) au pouvoir.
En octobre 1992, au cours d'une intervention
télévisée, M. Ouattara laisse entendre
qu'il pourrait être candidat à
l'élection présidentielle, prévue pour
1995. Un casus belli aux yeux de M. Bédié, qui
n'aura alors de cesse de critiquer la politique
gouvernementale.
Cette guerre des chefs entre le "dauphin constitutionnel" du
"Vieux" et M. Ouattara éclate au grand jour en mars
1993 quand les députés demandent au
Président Houphouët de surseoir au programme de
privatisations du gouvernement, dont Alassane Ouattara a
fait l'axe de sa politique. Simultanément, certains
membres du PDCI, inspirés, semble-t-il, par des
proches du Premier ministre, relancent l'idée d'une
réforme de la Constitution et notamment de son
article 11, selon lequel, en cas de vacance de la
présidence de la République, le
président de l'Assemblée nationale
achève le mandat en cours.
Avant son départ pour l'Europe en mai, le
président Houphouët-Boigny avait mis
personnellement un terme à la discorde en ordonnant
aux députés de renoncer à
débattre de la réforme. Il comptait, dit-on,
régler le problème entre les deux hommes
à son retour.
A la mort d'Houphouët, le 7 décembre 1993,
hésite quarante huit heures à remettre le
pouvoir à Bédié, mais Il cède et
démissionne de son poste de Premier ministre, le 9
décembre. Il quitte ensuite la Côte d'Ivoire
pour rejoindre son poste de Directeur adjoint du Fonds
monétaire internationale. Pendant des mois, avant
l'élection présidentielle d'octobre 1995, il
fera longtemps planer le suspens sur sa volonté de se
présenter ou non, allant jusqu'à mettre dans
l'embarras ses plus fidèles supporters, comme
Djény Kobina, l'ancien secrétaire
général de son parti, le Rassemblement des
Républicains. Il renoncera finalement à se
présenter à cette élection, n'ayant pas
obtenu semble-t-il, suffisamment de soutiens
extérieurs, et notamment français. Absent de
la Côte d'Ivoire pendant toute la période
pré et post électorale, ce sont ses militants
qui feront les frais de la répression du boycott
actif, mot d'ordre lancé par l'ensemble de
l'opposition.
Après sa démission du FMI, il rentre au pays
en juillet 1999, mais pour en repartir assez vite, laissant
encore une fois la plus part des cadres de son parti, dont
la toute nouvelle secrétaire générale,
Henriette Diabaté, faire les frais une nouvelle fois
de la répression qui les a conduit en prison. Son
retour en Côte d'Ivoire, maintes fois annoncé
est maintes fois repoussé, alors que planait sur lui
la menace d'un mandat d'arrêt lancé par la
justice du gouvernement Bédié. Il rentrera
finalement en Côte d'Ivoire, quelques jours
après el coup d'Etat opéré par le
général Gueï.
M. Ouattara, musulman, père de quatre enfants dont
deux d'un premier mariage, est aujourd'hui à une
femme d'affaires française.
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