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Le ministre ivoirien de
l'Economie et des Finances, Mamadou Koulibaly,
qui participait à Ouagadougou au conseil des
ministres des Finances de l'Union économique
monétaire ouest-africaine (UEMOA), a
indiqué dans un entretien avec l'AFP à
Ouagadougou que son pays souhaitait reprendre les
discussions avec la Banque Mondiale et le Fonds
monétaire internationale (FMI). "Nous essayons de
reprendre langue avec les institutions de Bretton Woods,
d'ouvrir des discussions pour aller vers un programme avec
le FMI et la Banque Mondiale, mais nous ne sommes qu'au
début du processus", a-t-il ajouté.
Le président Laurent Gbagbo a
déjà reçu de son côté le
représentant résident du FMI à Abidjan.
Le FMI et la Banque mondiale ont suspendu leur aide à
la Côte d'Ivoire depuis décembre 1998, un an
avant le coup d'Etat qui avait porté au pouvoir le
général Robert Gueï, estimant que le
régime du président Henri Konan
Bédié avait fait preuve de "mauvaise
gouvernance".
Le ministre de l'Economie, déjà à ce
poste pendant la transition militaire, a estimé que
la Côte d'Ivoire est "économiquement exsangue".
Selon lui, l'inflation se situe pour
l'année 2000 entre 2 et 3% et le taux de
croissance entre -1 et -2%.
Les arriérés de la dette ont
"dépassé toutes proportions imaginables pour
atteindre 1.000 milliards de FCFA" , a-t-il dit.
Le ministre compte "restructurer le secteur financier de
l'Etat, corriger les dérapages budgétaires
constatés pendant la transition, reprogrammer les
dépenses publiques de telle façon que le
déficit que nous constaterons pour 2000 ne se
répète pas en 2001".
Il veut également prendre des mesures de bonne
gouvernance pour lutter contre les fraudes, notamment
douanières.
"Ces mesures, couplées aux discussions avec le FMI,
pourraient permettre de trouver un terrain d'entente pour
bénéficier d'un appui de cette institution si
elle le veut", a estimé le ministre.
Commentaire : Mamadou Koulibaly a tout
simplement oublié l'équation
"politique". Tout comme les autres bailleurs de fonds,
le FMI et la Banque mondiale attendent la tenue des
élections législatives du 10 décembre
pour examiner les conditions de la reprise de leur
coopération avec la Côte d'Ivoire. Or, avec
l'exclusion d'Alassane Ouattara de ce scrutin, le boycott
annoncé de son parti le RDR, et les troubles
évidents qui vont avoir lieu dans le pays pendant un
délai imprévisible, l'on se demande bien
comment par exemple, les échanges avec
l'extérieur vont se développer, ou, sur quels
indicateurs de stabilité les investisseurs
extérieurs prendraient le risque de s'aventurer en
Côte d'Ivoire, dans les conditions politiques
actuelles.
A cela s'ajoute les revendications de "primes" promises par
le général Gueï à "ses enfants",
les mutins, qui l'ont aidé à accéder au
pouvoir. Ces primes, qui se chiffrent à plusieurs
milliards de FCFA, n'ont jamais été
payées et une partie des militaires ont encore bien
en tête cette "dette" de l'Etat.
Lors d'un débat sur "La refondation
économique de la Côte d'Ivoire", le 28 novembre
à Abidjan, entre les industriels de Côte
d'Ivoire et le Premier ministre Affi N'Guessan, les
représentants de la Fédération
nationale des industries et services de Côte d'Ivoire
(FNISCI) ont mis l'accent sur la question des
arriérés intérieurs (de l'Etat vis
à vis des sociétés locales) dont "le
montant global dépasse le chiffre de 200 milliards F
CFA et qui constitue un frein majeur à la relance des
activités", selon Joseph-Désiré Biley,
président de la FNISCI.
Le Premier ministre a simplement répondu que le
remboursement de cette dette sera "budgétisé"?
Quand ? Sur quelles ressources ?
D'autant que les industriels réclament aussi
d'être dédommagés des exactions, des
destructions commises par les militaires lors des
différentes mutineries qui ont
émaillées la vie ivoirienne pendant un an.
Gueï, toujours généreux, avait pris
l'engagement de rembourser les victimes de ces faits.
Réponse d'Affi N'Guessan : "aucune base juridique ne
traite de la question, mais le président de la
République accordera une attention
particulière à la question du
dédommagement".
Enfin concernant le futur programme d'investissements
publics et les "investissements sociaux pour lutter contre
la pauvreté", le Premier ministre a envisagé
de "mobiliser 30% du budget" pour ce faire, d'ici 2002.
Sans prendre la calculette, on peut seulement noter que pour
tenir les échéances de la dette
extérieure, apurer les arriérés
intérieurs, mobiliser des ressources pour les
investissements publics et calmer les militaires, ce sera
bien difficile, surtout si une partie du pays s'embrase. On
entend déjà au fin fond du Nord de la
Côte d'Ivoire, des appels à la
sécession. Pas bon signe pour la relance
économique.
Quant aux promesses françaises de donner un coup de
pouce à leur "ami" socialiste, Laurent Gbagbo -
environ 80 millions de FF avant même la signature
d'accord avec le FMI et la BM - celles-ci seront aussi bien
difficiles à réaliser si les modalités
des législatives sont condamnées en bloc par
la communauté internationale. Et c'est bien ce qui
semble arriver.
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