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Des
délégations du Fonds monétaire
international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) sont
attendues à Abidjan du 5 au 14 avril prochain pour
des discussions avec les autorités ivoiriennes,
a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
La venue d'une délégation du FMI était
notamment conditionnée au bon déroulement des
élections municipales du 25 mars dernier. A la
différence des derniers scrutins -
présidentielle d'octobre et législatives de
décembre 2000 - qui avaient fait de nombreux morts,
les municipales se sont relativement bien
déroulées.
Le FMI et la Banque mondiale ont suspendu leur aide à
la Côte d'Ivoire depuis décembre 1998, un an
avant le coup d'Etat qui avait porté au pouvoir le
général Robert Gueï, estimant que le
régime du président Henri Konan
Bédié avait fait preuve de "mauvaise
gouvernance".
Le Premier ministre ivoirien Pascal Affi N'Guessan et le
ministre de l'Economie et des finances, Paul Bohoun
Bouabré, s'étaient rendus à Washington
du 2 au 9 mars pour reprendre contact avec le FMI et la
Banque mondiale, à un moment où la situation
économique et financière du pays est grave.
Pour le FMI, le but de cette mission n'est pas d'entrer,
à ce stade, en négociation avec les
autorités ivoiriennes mais d'examiner avec elles la
"cohérence" de leurs propositions budgétaires.
Une délégation du Trésor
français est d'ailleurs venue à Abidjan pour
assister les autorités ivoiriennes dans la
préparation des dossiers avant l'arrivée de la
mission du FMI.
La Banque mondiale a placé la Côte d'Ivoire
sous le régime de non paiement le 2 mars dernier, les
autorités d'Abidjan ne remboursant plus leurs
emprunts auprès de l'organisation internationale
depuis maintenant plus de six mois.
Cette décision concerne les prêts
accordés par la Banque internationale de
reconstruction et de développement (BIRD) et par
l'Agence internationale de développement (AID).
Au 1er mars, l'encours des prêts de la Banque mondiale
à la Côte d'Ivoire s'élevait pour la
BIRD à 592 millions de dollars dont 74,9 millions de
dollars d'impayés. Pour l'AID, l'encours
étaient de 1,353 milliard de dollars dont 6,1
millions de dollars d'impayés.
En attendant les aides extérieures,
le gouvernement ponctionne les producteurs de cacao
L'un des dossiers épineux des discussions avec la
Banque mondiale devrait être la décision prise
le 21 mars de relever fortement le "droit unique de sortie"
(DUS, taxe à l'exportation) sur le cacao, dont le
pays est le premier producteur mondial: + 60% pour les
fèves et jusqu'à 200% pour certains produits
dérivés.
Cette mesure avait provoqué la colère du
président des délégués nationaux
des producteurs, Henri Amouzou, qui a exprimé son
"désaccord total" avec cette augmentation. "Nous ne
pouvons pas empêcher le gouvernement
d'améliorer ses ressources, à condition que
cela ne détériore pas nos ressources à
nous", avait-il dit. Le relèvement du DUS suscite
apparemment des réserves du côté des
partenaires internationaux de la Côte d'Ivoire, en ce
qu'elle pénalise surtout le maillon le plus faible de
la "filière cacao", des petits producteurs
déjà fragilisés, et qu'elle ne va pas
dans le sens de la libéralisation du secteur
lancée en 1999 à la demande des bailleurs de
fonds.
Le prix du kilo de fèves à l'export est
actuellement d'environ 570 CFA (5,70 FF, 0,86 euro), le
produit étant payé "bord champ" à
environ 450 CFA (4,50 FF, 0,68 euro).
Alors que la filière cacao a été
libéralisée en août 1999 à la
demande des bailleurs de fonds, le nouveau cadre
réglementaire promis n'a pas été mis en
place.
La filière cacao était avant la
libéralisation gérée par une caisse de
stabilisation (CAISTAB), longtemps considérée
comme une pompe à finances du régime.
Très déprimés depuis des années,
les cours du cacao ont rebondi en début
d'année sur des craintes de sous-production,
atteignant en février leurs plus hauts niveaux depuis
mars 1999, avant de s'effriter à nouveau.
La production ivoirienne de cacao -41% du total mondial-
devrait avoisiner les 1,16 million de tonnes en 2000/01
contre 1,30 million la saison précédente,
selon une étude récente de la maison de
courtage londonienne Ed and F Man.
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