- Deux cent femmes ont
marché le 14/03/2002 à Abidjan sur la
présidence ivoirienne pour protester contre "la
cherté de la vie" et "la flambée des prix"
dans les marchés. "Gbagbo (Laurent Gbagbo
président ivoirien) on a faim", "Mamadou (Mamadou
Coulibaly, président de l'Assemblée
nationale) on a faim", scandaient les femmes qui se
disaient "démunies" au cours de leur marche de
protestation sur la présidence où elles
n'ont été reçues par aucun officiel.
- "Nous allons revenir (...) pour continuer de dire
qu'on veut de la nourriture à la place des
promesses parce que les denrées alimentaires sont
chères sur les marchés", a
déclaré l'une des organisatrices, Brigitte
Gueï Bah.
- Les femmes avaient entamé leur marche depuis
la commune populaire d'Adjamé, munies de
banderoles sur lesquelles on pouvait lire "non à
la hausse anarchique des prix" ou "entendez les cris de
détresse des consommatrices affamées", ou
encore "il n'y a pas de travail et on meurt de faim".
- Symboliquement des femmes avaient en mains des bouts
de pains, de bananes, de longues spatules et des
casseroles vides.
- La grogne sociale s'est récemment
accentuée en Côte d'Ivoire, touchant
notamment les personnels de santé, les magistrats,
les gardiens de prison et les enseignants. Le 28
février, le Premier ministre Pascal Affi N'Guessan
a rencontré tous les syndicats pour tenter de
désamorcer les mouvements sociaux, demandant
d'attendre 2003 pour une "redistribution de la
prospérité".
- Les quelque 600 magistrats de Côte d'Ivoire qui
réclament depuis le 12 janvier une augmentation
salariale et une amélioration de leurs conditions
de travail, ont effectué une semaine de
grève à la mi-mars. Ils n'ont levé
leur mot d'ordre qu'après une rencontre avec le
président Gbagbo
- Quant à la Coordination nationale des
syndicats de la Fonction publique (CONASYFOP), elle a
exigé le 20 mars "la satisfaction
immédiate" de ses revendications salariales et le
déblocage des salaires gelés depuis 22 ans.
- "Nous demandons au gouvernement de débloquer
les salaires en 2002, nous ne pouvons pas attendre 2003",
a déclaré le président de la
CONASYFOP, Joseph Holland N'Da au cours d'une
conférence de presse. "On peut agir sur la masse
salariale globale de l'Etat de 510 milliards de francs
CFA (777 millions d'euros) pour régulariser la
situation des fonctionnaires", a-t-il estimé. La
Coordination s'est également opposée
"à tout prélèvement" sur les
traitements des fonctionnaires dans le cadre de la mise
en place de l'Assurance maladie universelle (AMU).
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