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| Le gouvernement a adopté
un projet de loi de finances 2004 qualifié de «budget de
normalisation», marqué notamment par l’instauration
d’une contribution nationale pour la reconstruction du pays après
16 mois de crise. «C’est un projet de budget qui se situe dans les normes habituelles, c’est un message important qui nous indique que le pays a amorcé la normalisation», a déclaré le ministre de l’Economie Paul Bohoun Bouabré. Selon la loi de finances 2004, la Côte d’Ivoire, confrontée à plus de 16 mois de crise politico-militaire, va mobiliser en ressources 1.987,3 milliards de francs CFA (plus de 3 milliards d’euros) contre seulement 1.518,9 en 2003, soit une hausse de plus de 30%. Ces ressources budgétaires se répartissent entre les recettes intérieures, prévues pour 1.381 milliards FCFA, et les ressources extérieures à hauteur de 519,6 milliards de FCFA. 85 milliards sont consacrés à divers financements et 1,7 milliard à des «comptes spéciaux». Les dépenses, en augmentation, s’établissent à 1.923,9 milliards de FCFA contre 1.288,1 pour le budget 2003. «Cette forte augmentation s’explique principalement par la prise en compte d’une grande partie des échéances dues aux créanciers nationaux et internationaux concernant le service de la dette publique», a expliqué le ministre de l’Economie. Une dotation budgétaire de 712,2 milliards sera affectée aux services de la dette, intérieure (116,9) et extérieure (595,2). Une ponction obligatoire sur les salaires qui passe mal Ce projet de budget doit également couvrir la mise en œuvre d’un programme de reconstruction pour sortir le pays de la crise. «Nous avons décidé que la Côte d’Ivoire se donne les moyens de faire sa reconstruction, nous avons demandé et obtenu du gouvernement l’institution d’une contribution pour la construction nationale, chaque Ivoirien va contribuer à travers un prélèvement salarial», a annoncé M. Bouabré. Les salaires inférieurs à 100.000 FCFA par mois en seront toutefois exemptés. Les entreprises opérant dans le pays vont également participer à «cet effort national» à travers un prélèvement de 2% sur les charges de leur frais généraux. «L’économie a certes perdu des bras valides, des talents distingués, mais elle a su contenir le repli du Produit intérieur brut (PIB) à -1,5% en 2002 contre la chute historique (-2,3%) de 2000 et elle serait en passe de se redresser à +0,3 en 2003», a estimé M. Bohoun Bouabré, qui table pour 2004 sur un taux de croissance de +2,4%. Eclairage |
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