Principales villes : Abidjan, Bouake, Korhogo, Ferkessedougou, Man, Gagnoa, Daloa, San Pedro, Odienné
Président : Laurent gbagbo (depuis octobre 2000)
Premier ministre : Guillaume Soro (Forces nouvelles, ex-rébellion)
Parti au pouvoir : une coalition qui englobe le parti du président, le Front populaire ivoirien (FPI), des représentants des ex-rebelles des Forces nouvelles et des principaux partis politiques
Ethnies : plus de 60 groupes ethniques, dont les Baoulé (23 %), Bété (18 %), Senoufo (15 %).
Côte d'Ivoire Actualités
Jeudi 16 décembre
Plusieurs morts à Abidjan tués par balles
Soro appelle à la poursuite des manifestations
Des affrontements entre forces nouvelles et armée pro-Gbagbo ont lieu à Tiébissou, dernier verrou avant Yamoussoukro, la capitale
Le Parlement européen approuve les sanctions contre le clan Gbagbo
Des soldats de l’armée des Forces nouvelles (FN), dirigés par leur chef d’état-major adjoint, le commandant Ouattara Issiaka dit « Wattao » ont échangé en milieu de journée des tirs nourris avec des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS), loyales à Laurent Gbagbo aux abords de l'Hôtel du Golf qui sert de QG à Alassane Ouattara et au Premier ministre Guillaume Soro.
Le porte-parole du Premier ministre, Méité Sindou a fait état de deux morts dans les rangs des Forces nouvelles et affirmé qu'au moins trente personnes civiles ont déjà été tuées à Abidjan où l'oin compterait aussi quelque 100 à 110 blessés, a-t-il affirmé.
En milieu d’après-midi, les agences de presse dénombraient déjà de huit à dix morts au sein de la population civile, tués par les forces de sécurité alors que les sympathisants d’Allassane Ouattara entendaient répondre à l’appel du Premier ministre pour occuper le siège de la Radio Télévision Ivoirienne, la RTI.
Malgré les violences en cours, Guillaume Soro a appelé « les populations à la mobilisation et les invite à ne pas se laisser distraire par cette dictature des chars, et à réclamer la liberté de l'information pluraliste par les médias d'Etat », dans un communiqué publié par ses services.
Par ailleurs, l'on a appris que des affrontements entre Forces nouvelles et armée pro-Gbagbo ont eu lieu à Tiébissou, dans le centre de la Côte d'Ivoire. Téibissou, qui était aux mains des forces de Laurent Gbagbo, est le dernier verrou avant la capitale Yamoussoukro qui pourrait être un objectif des Forces nouvelles pour y installer le président élu, Alassane Ouattara.
Pendant ces événements, le Parlement européen a adopté une résolution appelant les Ivoiriens à rejeter la violence et invitant la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, à prendre de "nouvelles initiatives" pour soutenir le président élu Alassane Ouattara.
Le député socialiste européen français Vincent Peillon a déclaré qu’il y a « d’un côté le droit, et de l’autre un dirigeant qui refuse d’admettre son échec. Face à cette situation, l’UE doit se montrer extrêmement ferme. » « Alassane Ouattara et ses partisans ont fait preuve jusqu’à aujourd’hui d’une grande responsabilité. Au moment où nous votons ce texte, des violences se produisent en Côte d’Ivoire. Les responsables ivoiriens des deux camps doivent appeler au calme leurs partisans pour éviter que la situation ne dégénère. », a-t-il ajouté.
Sanctions de l’Union européenne contre onze personnalités du régime
Gbagbo épargné pour l’instant
La mesure peut paraître surprenante ou …très fine. Surprenante parce que l'Union européenne a annoncé mardi 14 décembre qu’elle allait prendre des sanctions contre onze responsables politiques et militaires du régime de Laurent Gbagbo tout en épargnant ce dernier. Fine, parce qu’en épargnant le grand chef, cela va sans doute en faire réfléchir certains : pourquoi se sacrifier pour quelqu’un qui, lui, passera au travers des mailles du filet.
Les sanctions pour l’heure porteront sur le gel de leurs avoirs à l’étranger et des restrictions de visas.
Parmi ces des onze sanctionnés, on trouve :
Kadet Berlin : le conseiller pour la sécurité de Gbagbo Desiré Tagro : secrétaire général de la présidence Yao N'Dre : le président du Conseil constitutionnel qui a proclamé Gbagbo « élu » Pascal Affi N'Guessan : secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo Pierre Israel Amessan Brou : le directeur général de la radio-télévision publique, la RTI Le capitaine Anselme Seka Yapo : garde du corps de Simone Gbagbo, l'épouse de Gbagbo Franck Anderson Kouassi : le secrétaire général du Conseil national de la communication et audiovisuel (Cnca) Georges Guiai Bi Poin : le général de gendarmerie, qui dirige le Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos) Le général Dogbo Ble : chef de la Garde républicaine
Le début de la fin pour le régime Gbagbo ?
Alassane Ouattara a appelé ses partisans à marcher sur la télévision d'Etat jeudi 16 et à l'aider ensuite à prendre le contrôle du siège du gouvernement.
Il a reçu le soutien de la coalition des partis regroupés au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).
Voici l'intégralité de l'appel du RHDP :
L’Appel du RHDP au peuple de Côte d’Ivoire
Le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix, a fait une importante déclaration hier, à la presse. Cette coalition désormais élargie aux Forces nouvelles et à l’UDCI, a demandé au peuple de Côte d’Ivoire de se dresser contre l’imposture de Laurent Gbagbo dans sa tentative de confiscation du pouvoir d’Etat. Les Forces vives de la Nation sont invitées à installer le Gouvernement légitime du Président Alassane Ouattara.
Le RHDP élargi aux Forces Nouvelles et à l’UPCI s’est réuni ce jour, mardi 14 décembre 2010, à l’effet d’analyser la situation sociopolitique nationale.
Le RHDP constate avec indignation que, du fait de la tentative de confiscation du pouvoir d’Etat par monsieur Laurent Gbagbo, l’environnement socio économique s’est fortement dégradé, le climat sécuritaire est marqué par des assassinats quotidiens perpétrés par les milices de monsieur Laurent Gbagbo sous le couvre feu.
En conséquence :
1. Le RHDP condamne à nouveau avec force cette tentative de confiscation du pouvoir d’Etat par M. Laurent Gbagbo ;
2. Le RHDP réaffirme sa confiance à SEM Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire et au Premier ministre Soro Kigbafory Guillaume pour le rétablissement immédiat de la normalité républicaine;
3. Le RHDP apporte son soutien ferme à la déclaration du Premier Ministre du 13 décembre 2010 face à la presse relative à l’installation du nouveau Directeur Général de la RTI et à la tenue du prochain Conseil de Gouvernement à la Primature ;
4. Le RHDP appelle les Jeunes, les Femmes, les Syndicats, la Société Civile, les Organisations Socioprofessionnelles, les Travailleurs, les Fonctionnaires, la Population ivoirienne dans toutes ses composantes, à engager dès maintenant sur toute l’étendue du territoire national, le combat pacifique et démocratique pour installer les autorités légitimes et légales de Côte d’Ivoire;
5. Le RHDP appelle donc tout le Peuple de Côte d’Ivoire à accompagner massivement le Gouvernement, le Jeudi 16 décembre 2010 à la RTI en vue d’installer le nouveau Directeur Général de ce média d’Etat pour permettre à celui-ci d’accomplir pleinement sa mission de service public d’information ;
6. Le RHDP demande également au Peuple de Côte d’Ivoire d’accompagner le Gouvernement de la République à la Primature, cadre officiel d’accomplissement de sa mission, le vendredi 17 décembre 2010 ;
7. Le RHDP appelle le vaillant Peuple de Côte d’Ivoire à s’engager dans le noble combat visant à restaurer l’état de droit, à garantir les libertés fondamentales et à assurer la paix et la cohésion sociale.
Fait à Abidjan le 14 décembre 2010
Pour le Directoire du RHDP
Le Président
Pr. Alphonse Djedje Mady
Samedi 11 décembre 2010 Pour éviter un Marcoussis-bis
Alassane Ouattara ne discutera pas avec Gbagbo s’il n’est pas reconnu comme président
Le porte-parole du gouvernement d'Alassane Ouattara a écarté samedi 11 décembre toute négociation avec Laurent Gbagbo si ce dernier ne reconnaît pas M. Ouattara comme chef de l'Etat.
« Tant qu'Alassane Ouattara, président de la République, n'est pas reconnu par tous, toute négociation est écartée », a déclaré à l'AFP Patrick Achi, porte-parole du gouvernement dirigé par le Premier ministre Guillaume Soro.
Laurent Gbagbo avait proposé au camp d'en face de "discuter".
« Si c'est pour (discuter) ses conditions de départ, on peut négocier », a ajouté M. Achi précisant : « Pour nous, il y a un préalable: Alassane Ouattara est président. »
9 décembre 2010
Gouvernement Guillaume Soro
Dans un communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres du 9 décembre 2010, le gouvernement de Guillaume Soro met en garde les opérateurs économiques qui seraient tentés de traiter avec le gouvernement de Laurent Gbagbo et lance un appel aux Forces de sécurité.
Voici l’intégralité de ce communiqué :
Le conseil de gouvernement de ce jour présidé par le Premier Ministre Guillaume Kigbafori Soro a examiné attentivement l’évolution de la situation socio politique depuis les résultats de l’élection présidentielle du 28 Novembre qui a vu la victoire du Président Alassane Ouattara.
Malgré les faits et arguments qui démontrent que le Conseil Constitutionnel n’a pas dit le droit,
Malgré la reconnaissance de la légitimité du Président Alassane Ouattara par les institutions politiques (CEDEAO, Union Africaine, Union Européenne, ONU) et financières,
Malgré leurs nombreux appels à l’ancien président Laurent Gbagbo à respecter le résultat des urnes et à quitter pacifiquement le pouvoir,
Malgré les nombreuses assurances du président Alassane Ouattara à son frère Laurent Gbagbo sur sa disponibilité à examiner toutes les mesures permettant de créer les meilleures conditions de son départ,
Le gouvernement constate que l’ancien président Laurent Gbagbo persiste dans sa volonté de se maintenir coûte que coûte au pouvoir.
Après sa mainmise totale sur les médias d’Etat qu’il utilise pour inciter à la division, à la haine et à la violence,
Après une prestation de serment et la mise en place d’un gouvernement illégitimes, il entreprend maintenant de s’installer de force dans l’Administration en fracassant les portes des bureaux des responsables légitimes.
Nous assistons là, Mesdames, Messieurs, bel et bien, à un véritable coup d’Etat institutionnel.
Le Gouvernement juge cela intolérable et le condamne avec la plus grande fermeté.
Si le gouvernement du président Alassane Ouattara a fait preuve de patience jusqu’à présent, ce n’est pas par faiblesse, mais par souci de préserver la paix et d’éviter des souffrances encore plus grandes au peuple ivoirien déjà éprouvé par 10 ans de crise.
Eh bien, pour le Gouvernement, la récréation est terminée.
En conséquence :
1- Le Gouvernement demande instamment à tous les fonctionnaires et agents de l’Etat et de ses démembrements intérieurs comme extérieurs, d’arrêter immédiatement toute collaboration avec le gouvernement illégitime de Laurent Gbagbo et d’attendre les instructions du Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro, Chef du Gouvernement.
Toute passation de charge avec ce gouvernement illégitime est nulle et de nul effet.
2- Aux fournisseurs de biens et services de l’Etat et de ses démembrements, le gouvernement indique que tout engagement, de quelque nature que ce soit, contracté avec ce gouvernement illégitime ne sera pas reconnu.
3- Enfin, aux Forces de Défense et de Sécurité, le gouvernement demande d’assurer leur mission républicaine auprès du président Alassane Ouattara, Chef Suprême des Armées.
Le gouvernement rappelle que leur responsabilité est grande dans la résolution pacifique de cette crise postélectorale et sait pouvoir compter sur leur sens du devoir républicain et sur leur attachement à la préservation de l’intérêt supérieur du peuple ivoirien et de la Côte d’Ivoire.
Dimanche 5 décembre 2010
Le gouvernement du Premier ministre Guillaume Soro, qui avait été reconduit dans ses fonctions samedi 4 décembre par le président Alassane Ouattara.
Outre la Primature, Guillaume Soro prend en charge la Défense nationale.
Président de la République : Alassane Dramane Ouattara
Premier ministre, chef du gouvernement, ministre de la Défense : Guillaume Kigbafory Soro
Ministre d'Etat, ministre de la Justice et des Droits de l`homme: Me Jeannot Kouadio Ahoussou Ministre d'Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République : Amadou Gon Coulibaly Ministre du Plan et du Développement : Albert Mabri Toikesse Ministre de l'Economie et des Finances : Charles Diby Koffi
Ministre des Affaires étrangères : Gervais Jean-Baptiste Kouakou Ministre de l'Intérieur : Hamed Bakayoko Ministre de la Production animale et des ressources halieutiques: Remi Kouadio Allah Ministre des Infrastructures économiques, porte-parole du gouvernement: Patrick Achi
Ministre des Mines et de l’énergie: Adama Toungara Ministre de l'Education nationale : Me Kandia Camara Ministre de la Jeunesse et des sports et de la salubrité urbaine : Dagobert Banzio Ministre de la Fonction publique: Konan Gnamien
Ont également été nommés dimanche 5 décembre2010:
Directeur de Cabinet du président de la République: Marcel Amon Tanoh Conseiller diplomatique : Ally Coulibaly
Pur délire
Laurent Gbagbo a prêté serment pour un nouveau mandat
Samedi 04 décembre 2010
Laurent Gbagbo a prêté serment samedi 4 décembre pour un deuxième mandat, faisant fi de la pluie de déclarations émanant de l’ONU et de quasiment toute la communauté internationale qui tous ont reconnu son adversaire, Alassane Ouattara, comme vainqueur de l’élection présidentielle.
Seul à ce jour, le tout nouveau président de Guinée (Conakry), Alpha Condé, ami de longue date de Gbagbo, a reconnu la victoire de ce dernier.
La prestation de serment n’a pas manqué de sel : « Devant le peuple souverain de Côte d'Ivoire, je jure solennellement et sur l'honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les droits et libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l'intérêt supérieur de la nation. Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois si je trahis mon serment. »
Les plus de 400 000 électeurs dont il n’a pas voulu reconnaître la validité de leur vote sont donc contents d’apprendre que Gbagbo veut rempiler pour cinq ans afin de « protéger les droits et libertés des citoyens ».
Quelques heures auparavant, Alassane Ouattara avait la déclaration suivante, s’exprimant lui aussi en tant que « président de la République » :
« Conformément aux différents accords du processus de sortie de crise, notamment ceux relatifs à la certification des résultats de l’élection présidentielle de Côte d’Ivoire, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, vient de certifier les résultats proclamés par la Commission électorale Indépendante, qui me donnent vainqueur de l’élection présidentielle. Je suis donc le président élu de la République de Côte d’Ivoire. Je demande à toutes les institutions de la République, notamment les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI), la Gendarmerie nationale, la police nationale et toutes les autres forces de sécurité, d’assurer leurs missions républicaines de protection des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national et de préserver la paix et la sécurité.
Je demande au Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA) de prendre immédiatement toutes les dispositions qui s’imposent pour assurer l’accès de tous aux antennes de la télé et de la radio nationale et de lever la mesure d’interdiction d’émettre qui frappe injustement les chaînes de radio et de télévision émettant par satellite.
J’invite donc, tous mes compatriotes à demeurer sereins et à faire en sorte que la paix soit préservée.
J’en appelle, encore une fois, à mon frère Laurent Gbagbo de respecter le choix des Ivoiriens.
Vive la Côte d’Ivoire. »
Enfin, le Premier ministre Guillaume Soro, a annoncé qu’il reconnaissait Ouattara comme le président élu et qu’il lui remettrait sa démission.
Il fallait oser, il a osé …
Vendredi 3 décembre 2010
Le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo a remporté la présidentielle du 28 novembre avec plus de 51% des voix, a proclamé vendredi 3 décembre le Conseil constitutionnel, invalidant les résultats provisoires de la commission électorale qui donnaient Alassane Ouattara vainqueur.
En décembre 1994, quand un an avant la présidentielle, l'Assemblée nationale adopta un code électoral qui instituait un statut particulier aux candidats à l'élection présidentielle, qui devraient dorénavant être Ivoiriens de père et de mère, eux-mêmes devant être aussi Ivoiriens, n'avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne, une réforem qui visait nul autre que Ouattara, Laurent Gbagbo déclara alors : « Ce projet aurait pu être constitué d'un article unique : "N'est autorisé à être candidat à la présidence de la République que celui qui est président" ».
En 2010, Gbagbo nous apprend qu'en Côte d'Ivoire "N'est autorisé à être président de la République que celui qui est président".
En septembre 2002, quand les rebelles ivoiriens du MPCI ont ouvert les portes des préfectures et sous-préfectures du Nord de la Côte d’Ivoire, du côté de Korhogo, de Bouaké et d’ailleurs, ils y ont trouvé des centaines de cartons contenant des milliers de cartes d’identité ou de cartes d’électeurs qui n’avaient jamais distribuées aux intéressés qui avaient le malheur d’avoir un nom à consonance « nordiste ». Les « Kone » et autres « Coulibaly » auraient pu attendre longtemps pour avoir leurs papiers d’identité, et encore davantage pour, un jour, avoir le droit de voter.
En faisant effacer d’un trait de plume par le Conseil constitutionnel qui est entièrement à sa botte le vote qui a eu lieu dans sept départements du Nord de la Côte d’Ivoire, en ce vendredi 3 décembre 2010, Gbagbo prend le risque énorme de signifier à plus d’un quart de la population qu’elle n’est pas et ne sera jamais Ivoirienne.
Si ce n’est pas de l’invitation à la partition, cela y ressemble beaucoup.
Ce faisant, la Côte d'Ivoire entre dorénavant dans un scénario à l'angolaise, quand en 1991, alors que ni le MPLA gouvernemental ni les rebelles de l'UNITA n'avaient désarmé, l'ONU a quand même organisé la présidentielle. Résultat : la guerre a repris de plus belle et a duré jusqu'en 2002, lorsque l'un des deux adversaires est mort au combat.
On les plaint …
Les médias ivoiriens doivent s'arracher les cheveux pour jongler entre ce qui est légal, officiel, internationalement reconnu ou décidé de facto. Voici comment le site "abidjan.net" (en l'occurence très bien actualisé et varié) est obligé de présenter les résultats de la présidentielle de Côte d'Ivoire.
Ouattara élu président de Côte d'Ivoire
Alassane Ouattara a recueilli 54,1% des suffrages exprimés au deuxième tour de la présidentielle, contre 45,9% pour le chef de l'Etat sortant, Laurent Gbagbo, selon des résultats annoncés par la Commission électorale indépendante, jeudi 2 décembre.
Les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle du 31 octobre 2010 en Côte d’Ivoire,
proclamés par la Commission électorale indépendante : Inscrits : 5 725 720
Votants : 4 835 779
Nuls : 221 655‡
Candidats
Voix
%
Laurent Gbagbo
1 755 495
38,30 %
Alassane Ouattara
1 480 610
32,08 %
Henri Konan Bédié
1 165 219
25,24 %
Mabri Toikeusse
118 664
2,57 %
Gnamien Konan
17 151
0,35 %
Francis Wodié
13 397
0,29 %
Konan Kouadio Siméon
12 355
0,27 %
Jacqueline Lohouès Oble
12 233
0,27 %
Pascal Nesmond Tagoua
11 672
0,25 %
Anaky Kobina
10 661
0,23 %
Adama Dolo dit Adama Dahico
5 967
0,13 %
Enoh Aka N’Douba
5 391
0,12 %
Félix Akoto Yao
4 767
0,10 %
Henri Tohou
2 422
0,05 %
C'est parti pour un scrution à hauts risques …
L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire a été fixée au 31 octobre 2010
14 candidatures ont été validées par le Conseil constitutionnel ivoirien.
Les candidats retenus sont :
Laurent Gbagbo, président sortant, du Front patriotique ivoirien (FPI), candidat sous l’étiquette "La Mouvance présidentielle (LMP)". Henri Konan Bédié, candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Alassane Ouattara, candidat du Rassemblement des républicains (RDR). Francis Wodié, candidat du Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT). Félix Akoto Yao, candidat indépendant, député PDCI, président du Conseil de Sakassou). Anaky Kobina, candidat du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA). Enoh Aka N’Douba, candidat indépendant. Directeur d’une société de surveillance privée. Son site internet : http://presidentenoh.org/ Pascal Nesmond Tagoua, candidat indépendant. Un révérend qui propose de donner une place importante « aux craignant de Dieu » dans les futures assemblées. Tout un programme … Henri Tohou, candidat de l’Union Socialiste du Peuple (USP). Mabri Toikeusse, candidat de l’Union pour la Démocratie et pour la Paix en Côte d’Ivoire (UDPCI, le parti de feu le général Robert Guéi). Jacqueline Lohouès Oble, candidate indépendante. Professeur agrégée de droit privé, elle fut doyenne de la Faculté de droit de l’Université d’Abidjan. Ministre de la Justice entre 1990 et 1993 dans gouvernement du Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, elle fut un des membre fondateur du RDR et a été députée sous la bannière RDR. Elle a tout quitté, parti et mandat de député, il y a déjà une dizaine d’années. D’ethnie Adioukrou, très minoritaire du Sud de la Côte d’Ivoire. Gnamien Konan (indépendant, mais soutenu par l’Union Pour la Côte d’Ivoire (UPCI). Ancien directeur général des Douanes de 2001 à 2008. Très mobile le monsieur, puisqu’il a été membre du FPI dans les années 90 avant de rejoindre le PDCI. Il a deux sites internet de campagne : http://www.gnamienkonan.ci et http://www.gnamien.blogspot.com. Konan Kouadio Siméon, candidat indépendant, soutenu par une coalition dite de la société civile baptisée «Alternative pour sauver la Côte d’Ivoire». Candidat déclaré depuis des lustres, il avait déclaré il y a un an et des poussières : « Dieu fera un miracle au soir du 29 novembre 2009 ». Pas de chance, on est déjà en 2010 …
Une tête pensante aussi. Il explique sa mission dans la biographie affichée sur son site internet. A lire doucement : « Cela se passa le 21 février 2001. Ce jour-là, un phénomène étrange se produisit dans sa vie.
Alors que son car qui le ramenait d’un voyage avait marqué une escale à N’zianouan, il fit une rencontre insolite avec un Etre suprême qui lui révéla les événements à venir ainsi que les voies et moyens pour les exorciser. Durant près de 4 heures d’horloge, l’homme qui s’était présenté comme l’ange de l’éternel lui dicta tout sur la Côte d’Ivoire : son histoire, son dessein et surtout les actions urgentes à mener pour venir à bout des flammes qui s’apprêtaient à consumer le pays. Avant de disparaître comme il était arrivé, il lui assigna une mission claire : prendre toutes les dispositions urgentes pour maîtriser le feu qui était, selon lui, inévitable. »
Son site internet : http://simeonkouadio.org/ Adama Dolo dit Adama Dahico, candidat du parti du Doromikan. Malien d’origine, la candidature de ce comique local a été repêchée in extremis par le Conseil constitutionnel pour « services rendus à la Nation » ! Le bonhomme n’est naturalisé ivoirien que depuis le 7 septembre 2004 alors que la loi impose un délai de dix ans aux naturalisés avant qu’ils puissent postuler à un mandat électif.
Comédien, acteur, humoriste, il a fondé le Festival international du rire d’Abidjan (FIRA) et dirige la société de productions artistiques « doromikan ». Le parti du Doromikan se veut être « le premier parti politique d’humour en Afrique ». Peut-être aussi le premier parti de "promo" …
Enfin, les candidatures de Charles Boagnon, Coulibaly Yaya, Gaha Degna, Goba David, Guédé José Abel et Kéita Tiémoko ont été rejetées par le Conseil constitutionnel.
La Côte d'Ivoire en deux ou trois mots ? Rébellion, Bédié, Elections ?
En attendant la présidentielle …
Chronique d’une farce qui n’en est pas une
Voici, depuis la signature de l’Accord de paix de Marcoussis, en janvier 2003, les seuls faits et déclarations des acteurs politiques ivoiriens à propos de l’élection présidentielle.
Ce texte ne s’attache qu’aux accrocs purement politiques, laissant de côté les événements sanglants qui ont émaillé ces sept années. D'incalculables promesses ont été faites par tous les acteurs de la vie politique ivoirienne. Du "promis juré" au "sans aucun doute" en passant par "de manière certaine", la date de l'élection présidentiele fut annoncée mille fois, et par tous, et sans cesse reportée. Les Premiers ministres "inamovibles" passèrent. Les médiateurs internationaux ont rendu leur tablier. Quant au nombre d'accords signés, on ne compte plus …
Bref rappel : Laurent Gbagbo fut élu en octobre 2000, face au seul général Gueï. En septembre 2002, les rebelles du MPCI (Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire) échouent dans leur tentative de prise du pouvoir mais remettent en cause la légitimité du président Gbagbo. Des négociations de paix se tiennent à Marcoussis, en France, à l’issue desquelles Laurent Gbagbo est reconnu par toutes les parties présentes comme "président", son mandat devant s’achever en octobre 2005. Mais il doit déléguer la plus grande partie de ses pouvoirs à un Premier ministre "inamovible" chargé de conduire le pays à des élections générales, présidentielle et législatives, en octobre 2005.
Au lecteur de tirer lui-même les conclusions qui s’imposent. Quand on s’approche d’un accord, restez aux aguets car un nouveau coup de théâtre est sûrement en préparation. Attention aussi. C'est long, très, très long … Lire la très longue suite en quatorze épisodes
Rébellion
Retour sur le pourquoi d’une rébellion.
Le 19 septembre 2002, les rebelles du MPCI s’attaquaient au pouvoir du président Gbagbo. Sept ans plus tard, si les armes se sont tues, les causes profondes de cette rébellion ont-elles disparu ?
La fracture ethnique s’est-elle évaporée, quelques accords de paix aidant ? Même si, depuis mars 2007, le pouvoir se partage entre partisans du président Gbagbo et ex-rebelles "nordistes" pour la plupart, il faudra sans doute beaucoup d'années avant que les Ivoiriens ne se regardent plus comme des ennemis potentiels selon qu'ils soient Bété, Dioulas, Akhans ou encore Sénoufo, pour ne citer que quelques-unes des nombreuses ethnies qui forment la population de Côte d'Ivoire.
Le 19 septembre 2002, les rebelles du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) tentaient en vain de prendre le pouvoir à Abidjan, alors que le président Laurent Gbagbo était en visite officielle en Italie. La motivation principale des rebelles était simple : briser une fois pour toutes le cercle infernal dans lequel se trouvaient enfermées les populations issues du Nord du pays, depuis que le président Henri Konan Bédié, qui avait succédé au "père" de la Nation Félix Houphouët-Boigny en 1993, avait lancé pour des raisons électorales le désastreux concept d'Ivoirité. Ce concept d'Ivoirité n’était rien d'autre qu'un artifice juridique à la seule fin d'exclure des élections, à la fois le principal représentant du Nord du pays, l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara, en lui déniant la nationalité ivoirienne, mais aussi les électeurs qui lui étaient potentiellement favorables, en l'occurrence les populations originaires elles aussi du grand Nord ivoirien. En 2002, quand les rebelles du MPCI se sont emparé des préfectures de Korhogo ou de Bouaké, ils y ont trouvé des milliers de cartes d'identité dont les titulaires s'acharnaient en vain à en obtenir la délivrance. En langage clair, les "Touré", les "Koné" étaient devenus a priori des étrangers "potentiels" pour l'administration en place et des centaines de milliers d'Ivoiriens semblaient voués à ne plus avoir de nationalité du tout.
Comment le dauphin de Félix Houphouët-Boigny, qui inventa la désastreuse "ivoirité", a foncé droit dans le mur sous les yeux ébahis de la France
Henri Konan Bédié qui, en tant que président de l’Assemblée nationale et conformément à la Constitution de l’époque, a succédé à la tête de l’Etat au président Félix Houphouët-Boigny en décembre 1993, est un des principaux responsables des multiples crises politiques qui ont plongé la Côte d’Ivoire dans l’état où elle se trouve actuellement.
Quand le premier président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, décède le 7 décembre 1993, l’avenir du dauphin est déjà tout tracé : depuis une modification constitutionnelle adoptée en novembre 1990, c’est au président de l'Assemblée nationale que revenait de terminer le mandat du chef de l'Etat en cas de décès, démission ou empêchement de ce dernier. Henri Konan Bédié qui était président de l’Assemblée nationale depuis 1980 devait donc tout naturellement succéder au « vieux » malgré quelques hésitations et réticences du Premier ministre de l’époque, un certain Alassane Ouattara, à lui remettre les clefs du pouvoir.
Trois ans plus tôt, en 1990, Houphouët-Boigny avait créé spécialement pour Ouattara le poste de Premier ministre, et lui avait quasiment donné carte blanche pour redresser l’économie du pays en crise depuis 1987, année où la Côte d’Ivoire annonça qu’elle était dans l’impossibilité de payer ses dettes extérieures.
Dès cette date, les deux hommes, Bédié et Ouattara, menèrent une guerre de l’ombre pour la succession à un Houphouët, déjà octogénaire.
Houphouët mort, Ouattara tentera en vain de faire bloquer par la Cour suprême la passation de pouvoir au profit de Bédié.
Aussi, Bédié accède-t-il à la présidence dans un contexte déjà hostile où des divisions étaient apparues au sein du parti historique de la Côte d’Ivoire, le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), au pouvoir depuis l’indépendance.
Quand Houphouët meurt en décembre 1993, Bédié n’a que deux ans devant lui pour asseoir son autorité, le mandant présidentiel dont il hérite arrivant à terme en septembre 1995. Ouattara, quant à lui, retourne à Washington pour devenir directeur général-ajoint du FMI, mais il garde un œil sur la politique ivoirienne, et le 27 juin 1994, ses partisans au sein du PDCI, emmenés par Djeny Kobina, créent un nouveau parti, le Rassemblement des Républicains (RDR).
Dès lors, Bédié sait qu’il aura deux adversaires à la présidentielle à venir : l’éternel opposant du régime, Laurent Gbagbo, leader du FPI (Front populaire ivoirien) et, sans aucun doute, Alassane Ouattara. Un peu lourd pour Bédié qui n’a jamais vraiment brillé en politique ni connu un parcours difficile et formateur. Lire la suite en onze épisodes