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Une polémique est
née quant à la responsabilité des uns
et des autres à propos des événements
qui ont ensanglanté la Côte d'Ivoire l'an
passé. S'il ne fait aucun doute que l'actuel
gouvernement est bel et bien "responsable" de ce qui a pu
arriver lors des élections législatives de
décembre 2000, les acteurs des moments tragiques
d'octobre se renvoient d'ores et déjà la
balle, chacun arguant qu'il n'était pas
détenteur "officiel" du pouvoir. Est-ce toutefois
suffisant pour se laver les mains de ce qui est
arrivé d'autant plus que des meurtres par militants
interposés ont bel et bien eu lieu, et qu'une partie
des forces de l'ordre, la gendarmerie notamment, avait fait
allégeance au président Gbagbo.
Au centre de la polémique et des accusations
portées contre l'actuel gouvernement ivoirien, les 57
morts découverts le 27 octobre 2000, dans un
charnier à Yopougon, une banlieue d'Abidjan. En
côte d'Ivoire, huit gendarmes ont été
inculpés pour "meurtre et assassinat" et leur
procès doit s'ouvrir le 24 juillet.
Étonnamment, ils comparaîtront libres et
à notre connaissance, à quelques jours de
l'ouverture de leur procès, ils n'avaient toujours
pas fait l'objet de sanctions disciplinaires.
Sceptique quant à l'aboutissement de ce
procès, le Collectif des victimes en Côte
d'Ivoire (CVCI) a préféré porter
cette affaire devant les tribunaux belges. Le 28 juin
plus de 150 personnes ont ainsi déposé plainte
en Belgique pour "crimes contre l'Humanité" contre le
président actuel de la Côte d'Ivoire Laurent
Gbagbo, son prédécesseur Robert Gueï
et les actuels ministres de l'Intérieur et de la
Défense ivoiriens, Emile Boga Doudou et
Moïse Lida Kouassi.
Outre cette affaire du charnier, le gouvernement a
été accusé par l'opposition et des
associations diverses d'être responsable de la mort de
quelque 200 personnes dans les violences qui ont suivi
l'élection présidentielle. Pour ces autres
événements qui ont aussi fait l'objet de
plainte en Belgique, M. Gbago était alors
président "légal" puisqu'il avait
prêté serment dès le soir du jeudi 26
octobre.
L'actuel gouvernement ivoirien dément toute
implication dans le massacre de Yopougon, arguant que le
charnier avait été découvert le 26
octobre, jour de la prestation de serment de M. Gbagbo, et
affirmant aussi que selon des experts la mort des victimes
datait de la veille, soit le 25 octobre.
Toutes les dépêches de presse indiquent
pourtant que le charnier n'a été
découvert que le vendredi 27 octobre. Ce n'est
d'ailleurs que le lendemain de cette macabre
découverte que le ministre de l'Intérieur
fraîchement nommé, Emile Boga Doudou,
s'était rendu sur les lieux.
La question sera donc de savoir si oui ou non, Laurent
Gbagbo et ses futurs ministres étaient
détenteurs d'une autorité ayant pouvoir
d'intervention sur les forces militaires et
sécuritaires pendant ces quelques jours où a
eu lieu le massacre de Yopougon.
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