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Les plaintes
déposées devant la justice belge le 28 juin
dernier par le "Collectif des victimes en Côte
d'Ivoire" (CVCI) contre notamment le président
Laurent Gbagbo pour "crimes contre
l'Humanité", ont fait des remous en Côte
d'Ivoire.
Quelques milliers de manifestants ont ainsi
défilé le 2 juillet au Plateau, le quartier
des affaires d'Abidjan, pour apporter leur soutien au chef
de l'Etat et dénoncer l'"ivoirophobie" dont est selon
eux victime la Côte d'Ivoire.
Un porte-parole des manifestants, Séverin
Sérikpa, a lancé une mise en garde: "gare
à celui, qu'il soit européen, américain
ou africain qui va vouloir bafouer les intérêts
de la Côte d'Ivoire! nous sommes prêts à
donner nos vies pour défendre Laurent Gbagbo".
Principale "cible" de ces défenseurs acharnés
de l'ivoirité, encore et toujours, Alassane
Dramane Ouattara, que les partisans du régime
accusent d'orchestrer le "complot international" dont serait
l'objet le pays.
Au cours de la même marche, de nombreux slogans ont
également été scandés contre
Amnesty International qui a publié un rapport faisant
état de violations "très graves" des droits de
l'Homme en Côte d'Ivoire depuis septembre 2000 (Cf.
Afrique Express 231).
Le 28 juin, plus de 150 personnes avaient
déposé plainte en Belgique pour "crimes contre
l'Humanité" contre M. Gbagbo, son
prédécesseur Robert Gueï ainsi que les
ministres ivoiriens de l'Intérieur et de la
Défense, Emile Boga Doudou et Moïse
Lida Kouassi.
Ces 150 personnes, présentées comme "victimes
ou ayants droit de victimes de tortures, viols, assassinats
commis par les forces de l'ordre ivoiriennes", ont
déposé plainte devant la justice belge en
vertu d'une loi qui prévoit la compétence
universelle des tribunaux belges pour juger les crimes
contre l'humanité.
"Laissez les mauvaises langues jouer leur rôle de
mauvaises langues. Nous, nous jouons notre rôle de
dirigeants", s'était pour sa part contenté de
rétorquer samedi dernier le président Gbagbo
à son retour d'un voyage en France et au Portugal.
Interrogé mardi dans la presse ivoirienne, le
président du Collectif des victimes,
créé le 18 juin dernier, M. Mamadou
Cissé, qui a lui même perdu un fils de 14
ans dans les violences d'octobre 2000, se défend de
toute politisation de son organisation.
"Nous n'avons pas pour objectif de combattre le
régime en place. La réconciliation nationale
se fera autour des morts, des torturés, des
violées, des disparus et de tous ceux qui sont encore
en prison", a-t-il déclaré dans le quotidien
Le Jour.
Les 150 plaintes "ne sont qu'un début. Pour nous
faire entendre, nous comptons mener une série de
conférence et des actions à l'endroit des
ambassades", a-t-il par ailleurs annoncé.
Le ministre ivoirien de la Défense, Moïse Lida
Kouassi, a affirmé lui qu'il est prêt à
se présenter devant un tribunal en Belgique. Si la
plainte est déclarée recevable et si un
procès est ouvert "personnellement je suis prêt
à aller devant ce tribunal non pour me justifier mais
pour défendre mon honneur", a-t-il affirmé.
De son côté, le principal parti
d'opposition, le Rassemblement des Républicains
(RDR), a dénoncé la "recrudescence" des
violations des droits de l'Homme par les forces
gouvernementales et déclaré qu'il porterait
plainte si la situation ne s'améliorait pas
rapidement.
Ali Keita, porte-parole du RDR (le parti de Ouattara)
s'est notamment insurgé du fait que deux policiers
ont menacé des responsables du Mouvement ivoirien des
droits de l'Homme (MIDH) à Abidjan. Les policiers
avaient tenté de forcer l'entrée principale du
bâtiment de l'organisation et avaient menacé de
revenir plus nombreux. M. Keita a également
affirmé que les forces de sécurité
avaient attaqué le 30 juin la résidence d'un
garde du corps de Dominique Ouattara, l'épouse de
l'ancien Premier ministre.
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