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Une Commission
d'enquête internationale créée par l'ONU
a affirmé que l'implication de gendarmes ivoiriens
dans le massacre de 57 personnes en octobre 2000 à
Abidjan "semble être indiscutable". Cette Commission a
accusé également les gendarmes d'avoir
maltraité et torturé des manifestants
arrêtés lors des violences politico-ethniques
qui ont suivi l'élection présidentielle du 22
octobre.
La Commission d'enquête de trois membres,
dirigée par un diplomate de Trinité-et-Tobago,
Colin Granderson, a été nommée
par le secrétaire général de l'ONU
Kofi Annan en coopération avec les
autorités ivoiriennes.
Dans son rapport de 82 pages, la Commission indique avoir
enquêté pendant deux mois et recueilli quelque
500 témoignages.
"Les témoignages, les indices et les preuves que
la Commission a pu recueillir attestent" que:
- "de nombreuses personnes ont été
détenues au camp commando d'Abobo" le 26 octobre
après les rafles effectuées dans les quartiers
populaires;
- "Certaines d'entre elles ont été
tuées au camp par représailles" après
la mort d'un officier de gendarmerie;
- "les cadavres et les survivants de cette première
tuerie ont été transportés en un lieu
isolé aux alentours d'Abidjan; les corps y ont
été empilés, et les survivants à
leur tour exécutés". Deux personnes ont
toutefois survécu et ont raconté le
déroulement du massacre.
Elle affirme aussi que lors de la répression des
manifestations du 26 octobre à Abidjan, "les
brutalités et autres sévices ont
été le fait des gendarmes". "Dès ce
moment, les camps de gendarmerie sont devenus la
scène de mauvais traitements et de tortures", ajoute
le rapport.
Dans ces recommandations, la Commission demande aux
autorités ivoiriennes de s'assurer que les auteurs de
violations des droits de l'homme soient condamnés
après un procès équitable.
Elle demande aussi au gouvernement de "mettre fin à
la culture d'impunité dont les forces de
sécurité ont si longtemps
bénéficié" et souligne la
nécessité d'indemniser toutes les victimes ou
leurs familles.
Dans une brève réponse, le gouvernement
ivoirien a démenti "formellement" que des viols aient
eu lieu dans les locaux des Ecoles de police et de
gendarmerie comme l'affirme le rapport de la Commission.
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