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L'organisation de défense des droits de
l'Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé
certains dirigeants de Côte d'Ivoire d'être
à l'origine d'une vague de xénophobie qui
menace de déstabiliser le pays.
Dans un communiqué publié à New
York, où elle est basée, HRW a ajouté
que "la conférence des Nations Unies contre le
racisme, qui s'ouvre à Durban le 31 août,
devrait condamner les dirigeants ivoiriens qui ont fait
l'apologie de l'intolérance basée sur des
critères ethniques ou religieux".
L'organisation a publié un rapport de 70 pages
intitulé "Le Nouveau racisme: manipulations
politiques de l'ethnicité en Côte
d'Ivoire", disponible sur son site internet
(www.hrw.org) dans lequel elle assure avoir
enquêté sur plus de "200 cas de meurtres, actes
de torture, viols et détentions arbitraires".
"Les Africains ont souvent été victimes du
racisme, mais ils peuvent aussi en être les auteurs",
écrit Peter Takirambudde, directeur de la
division "Afrique" d'HRW. "Nous voyons en Côte
d'Ivoire le genre d'intolérance et de sectarisme
à propos desquels la Conférence a
été créée. Les dirigeants
ivoiriens et les forces de sécurité
responsables de ces atrocités doivent être
largement condamnés et traînés en
justice".
"L'immense majorité des victimes viennent du Nord
du pays, largement musulman, sont des immigrants ou des
descendants d'immigrants", poursuit le communiqué.
HRW ajoute qu'outre l'exécution de 57 jeunes
hommes en octobre 2000, son rapport "révèle de
nombreuses autres atrocités commises par les forces
de l'ordre pendant la période électorale: des
tirs contre des civils dans des massacres de moindre
ampleur, la torture de certains des détenus aux mains
de gendarmes ou de la police, la disparition d'au moins 15
jeunes gens et des abus sexuels de la part de policiers et
de gendarmes contre de nombreuses jeunes femmes".
"L'exploitation des divisions ethniques à des
fins politiques n'est que trop familière en Afrique",
ajoute M. Takirambudde.
"Lorsque les politiciens attisent la haine pour faire
avancer leurs carrières, les victimes sont les gens
qu'ils sont censés servir", ajoute-t-il estimant que
"les dirigeants ivoiriens devraient renoncer à ces
pratiques avant qu'il ne soit trop tard".
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