N° 234
du 03/09/2001

Côte d'Ivoire


Human Rights Watch enfonce le clou
sur le régime Gbagbo en accusant les dirigeants de "xénophobie"

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé certains dirigeants de Côte d'Ivoire d'être à l'origine d'une vague de xénophobie qui menace de déstabiliser le pays.
Dans un communiqué publié à New York, où elle est basée, HRW a ajouté que "la conférence des Nations Unies contre le racisme, qui s'ouvre à Durban le 31 août, devrait condamner les dirigeants ivoiriens qui ont fait l'apologie de l'intolérance basée sur des critères ethniques ou religieux".
L'organisation a publié un rapport de 70 pages intitulé "Le Nouveau racisme: manipulations politiques de l'ethnicité en Côte d'Ivoire", disponible sur son site internet (www.hrw.org) dans lequel elle assure avoir enquêté sur plus de "200 cas de meurtres, actes de torture, viols et détentions arbitraires".
"Les Africains ont souvent été victimes du racisme, mais ils peuvent aussi en être les auteurs", écrit Peter Takirambudde, directeur de la division "Afrique" d'HRW. "Nous voyons en Côte d'Ivoire le genre d'intolérance et de sectarisme à propos desquels la Conférence a été créée. Les dirigeants ivoiriens et les forces de sécurité responsables de ces atrocités doivent être largement condamnés et traînés en justice".
"L'immense majorité des victimes viennent du Nord du pays, largement musulman, sont des immigrants ou des descendants d'immigrants", poursuit le communiqué.
HRW ajoute qu'outre l'exécution de 57 jeunes hommes en octobre 2000, son rapport "révèle de nombreuses autres atrocités commises par les forces de l'ordre pendant la période électorale: des tirs contre des civils dans des massacres de moindre ampleur, la torture de certains des détenus aux mains de gendarmes ou de la police, la disparition d'au moins 15 jeunes gens et des abus sexuels de la part de policiers et de gendarmes contre de nombreuses jeunes femmes".
"L'exploitation des divisions ethniques à des fins politiques n'est que trop familière en Afrique", ajoute M. Takirambudde.
"Lorsque les politiciens attisent la haine pour faire avancer leurs carrières, les victimes sont les gens qu'ils sont censés servir", ajoute-t-il estimant que "les dirigeants ivoiriens devraient renoncer à ces pratiques avant qu'il ne soit trop tard".


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