N° 237
du 15/10/2001

Côte d'Ivoire


Charnier de Yopougon
Le Premier ministre enterre l'affaire
et pointe du doigt le RDR

La justice ivoirienne est indépendante à ce point que le Premier ministre peut prendre position en lieu et place d'un procureur de la République. Ainsi, en visite à Paris, le Premier ministre ivoirien Pascal Affi N'Guessan a annoncé le 5 octobre que le procureur de la justice militaire ivoirienne ne s'était pas pourvu en cassation après l'acquittement de huit gendarmes inculpés de "meurtre et assassinat" dans l'affaire du charnier de Yopougon, en banlieue d'Abidjan.
"Il n'y a pas eu de pourvoi en cassation introduit par le Commissaire de gouvernement (procureur de la justice militaire)", a-t-il déclaré. "La cassation porte sur la forme, or aucun élément de forme n'a été violé" dans le procès des gendarmes, a-t-il ajouté.
Pourtant, après l'acquittement des gendarmes le 3 août, le ministre ivoirien de la Défense, Moïse Lida Kouassi, avait annoncé que le commissaire du gouvernement s'était pourvu en cassation. "Pour nous, tant que la vérité n'a pas éclaté, nous allons continuer jusqu'à ce qu'on retrouve les auteurs de ce charnier", avait-il déclaré.
Enfin, Pascal Affi N'Guessan a clairement laissé entendre qu'il supposait que ce charnier ne soit que le résultat d'un montage orchestré, bien sûr, par les partisans d'Alassane Ouattara: "Rien ne dit que ce charnier là ne soit pas un montage", a-t-il estimé.


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