N° 237
du 15/10/2001

Côte d'Ivoire


Controverse après la création
d'une Commission électorale

L'assemblée a adopté dans la nuit du 9 octobre un projet de loi créant une "Commission électorale indépendante" (CEI), qui a donné lieu à de vives controverses. La CEI est chargée d'organiser et de superviser les différents scrutins électoraux. Le texte présenté par le gouvernement a été vivement contesté, plusieurs partis accusant le pouvoir de se tailler la part du lion dans la commission.
Le mode de sélection des président et vice-présidents de la CEI a notamment été l'objet de vifs débats. Le projet initial du gouvernement prévoyait leur désignation par le président de la République et celui de l'Assemblée, ce qui a été rejeté par tous les groupes parlementaires, y compris celui du Front populaire ivoirien, de Gbagbo. Le gouvernement a alors accepté que le président, les vice-présidents et le trésorier soient élus par leurs pairs parmi les membres statutaires de la commission.
Plusieurs groupes parlementaires, notamment celui du PDCI, demandaient qu'ils soient élus par les députés, ce que le gouvernement a qualifié d'anticonstitutionnel. Le PDCI, qui participe au gouvernement, demandait également que la représentation des partis politiques au sein de la CEI soit augmentée.
C'est finalement la version gouvernementale qui a été adoptée, au terme d'une séance marathon au dernier jour d'une session extraordinaire et dans des conditions controversées. Alors que deux groupes sensiblement égaux se dégageaient, le vote a eu lieu après le départ d'un certain nombre de députés PDCI et à bulletin secret, procédure dans laquelle les procurations sont interdites.
Le RDR, qui avait boycotté les dernières législatives de décembre 2000, a également vivement critiqué le projet sur la CEI, qui prévoit notamment la représentation à la commission des seuls partis ayant des élus à l'Assemblée.
Le PDCI va déposer un recours devant la chambre constitutionnelle de la Cour suprême contre cette loi portant création de la Commission électorale indépendante mais aussi contre une autre portant création de l'assurance maladie universelle. Ce parti estime que les conditions du vote violent la Constitution et le règlement intérieur de l'Assemblée, jugeant que le vote a eu lieu après la fin de la session.


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