- Vingt-deux mois
après avoir été renversé lors
du premier putsch de l'histoire de la Côte
d'Ivoire, l'ancien président Henri Konan
Bédié a regagné le 15 octobre
son pays. Son régime s'était
effondré en quelques heures le 24 décembre
1999 face à une mutinerie transformée en
putsch après 40 ans de pouvoir du Parti
démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI).
- Dans ses première déclarations, il
s'est empressé de faire acte "de contrition
sincère" pour sa part dans les "tragiques
incidents" qu'a connus la Côte d'Ivoire.
- Son retour coïncide avec la tenue du Forum pour
la réconciliation nationale, ouvert le 9 octobre
et censé mettre un terme aux tensions
socio-politiques, qui ont fait 303 morts selon un bilan
officiel.
- "Je suis là, le forum se tient pendant deux
mois et si nous estimons à tout moment que notre
contribution peut être utile (...) eh bien, si
cette occasion se présente, je n'hésiterai
pas à apporter ma contribution", a
déclaré M. Bédié.
- Il est le premier des grands "poids-lourds"
exilés de la scène politique ivoirienne
à faire son retour. Le général
Robert Gueï, chef de la junte au pouvoir de
décembre 1999 à octobre 2000, est toujours
retiré dans son village de l'ouest ivoirien.
- L'ancien Premier ministre Alassane Ouattara
vit de son côté en France.
- Au-delà de la réconciliation, le retour
de M. Bédié s'explique également par
la crise du PDCI. Resté "président
statutaire" du parti, sa gestion passée a
été critiquée et il devait affronter
du 25 au 28 octobre un congrès au cours duquel les
divisions de l'ex-parti unique auraient pu refaire
surface.
- A sa demande, ce congrès du PDCI a
été reporté sine die.
- Depuis le putsch, le "vieux parti" est en effet
déchiré. Certains barons ont tenté
en vain de le mettre au service des ambitions
présidentielles du général
Gueï, avant de faire scission.
- Et pour la première fois, le principe de la
candidature unique du président du parti n'avait
pas été retenue pour la
présidentielle d'octobre 2000. Lors des primaires,
M. Bédié avait même été
battu par son ancien ministre de l'Intérieur,
Emile Constant Bombet.
- En définitive, tous les candidats avaient
maintenu leurs candidatures... toutes invalidées
par une Cour suprême à la main du
régime militaire. Un an après une
présidentielle controversée dont il a
été écarté mais a reconnu les
résultats, le PDCI est dans un positionnement
politique difficile. Cinq de ses membres participent,
"à titre individuel", au gouvernement et son
président par intérim et secrétaire
général, Laurent Dona Fologo,
prône une "opposition constructive".
- Mais son groupe parlementaire, qui dispose d'une
majorité relative, s'est récemment
rebiffé, refusant de voter plusieurs lois
importantes.
- M. Bédié, qui se trouve selon le
quotidien Le Jour "face à son nouveau destin
d'opposant", devra gérer toutes ces divergences et
rancoeurs, qui devraient resurgir au congrès.
Plusieurs barons pourraient ainsi se présenter
contre M. Bédié pour la présidence
du parti.
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