- L'ancien
président Henri Konan Bédié
s'est livré le 13 novembre à une vibrante
défense de sa présidence jusqu'au coup
d'Etat qui l'a renversé en décembre 1999,
à l'occasion de son premier grand discours depuis
son retour d'exil le 15 octobre dernier.
- Sans remettre en cause le résultat de
l'élection présidentielle d'octobre 2000
qui a porté l'actuel président Laurent
Gbagbo au pouvoir, "HKB", durant une intervention de
55 minutes devant le Forum de réconciliation
nationale, ne s'est pas privé de dénoncer
le "déficit de légitimité
démocratique" qui caractérise selon lui la
situation politique actuelle du pays depuis le coup de
force du 24 décembre 1999.
- "La Côte d'Ivoire n'expérimente pas
actuellement les conséquences d'une alternance
démocratique, elle endure les effets d'un coup
d'Etat", a-t-il martelé. Une intervention qui
oscillait entre un quasi discours de campagne
électorale et une déclaration de politique
générale d'un élu devant le
Parlement.
- L'ancien président, qui a passé
près de deux ans d'exil forcé en France et
a fermement l'intention de reprendre les rênes
du Parti démocratique de Côte
d'Ivoire, le PDCI (l'ancien parti unique),
s'est notamment attaché à démontrer
l'efficacité de son action en tant que chef de
l'Etat et celle du "vieux parti" auquel la Côte
d'Ivoire doit tout selon lui. "Tout ce qui existe dans ce
pays est réalisation et ¦uvre du PDCI: ports,
aéroport, routes bitumées, grandes
plantations, universités, etc... "
- M. Bédié, qui attribue à l'ex
parti unique tout le mérite de ce qui a
été qualifié de "miracle ivoirien",
a enfoncé le clou en estimant que la situation
politique, économique et sociale de la Côte
d'Ivoire avant et après le coup d'état de
1999 était comme "le jour et la nuit". Sans
toutefois nier "la mauvaise gestion, les scandales
financiers", pour lesquels Henri Konan
Bédié a exprimé ses "regrets
sincères au peuple ivoirien".
- En conclusion, il a demandé au Forum d'adopter
des "résolutions précises et fermes",
notamment pour réitérer "l'exigence de
légitimité démocratique".
- M. Bédié a quitté la salle, sans
assister à l'intervention de l'actuel chef de
l'Etat Laurent Gbagbo.
- Cette session du 13 novembre du Forum, ouvert le 9
octobre, devait être une date charnière pour
la réconciliation nationale, avec un "grand oral"
au Forum pour les quatre principaux dirigeants politiques
du pays: le président Laurent Gbagbo, l'ancien
président Henri Konan Bédié, l'ex
chef de la junte au pouvoir de décembre 1999
à octobre 2000, le général Robert
Gueï, et l'ancien Premier ministre Alassane
Ouattara.
- Les deux derniers ne se sont pas
présentés.
|