N° 239
du 21/11/2001

Côte d'Ivoire


Au Forum de réconciliation nationale.
L'ancien président Bédié déjà en campagne électorale?

L'ancien président Henri Konan Bédié s'est livré le 13 novembre à une vibrante défense de sa présidence jusqu'au coup d'Etat qui l'a renversé en décembre 1999, à l'occasion de son premier grand discours depuis son retour d'exil le 15 octobre dernier.
Sans remettre en cause le résultat de l'élection présidentielle d'octobre 2000 qui a porté l'actuel président Laurent Gbagbo au pouvoir, "HKB", durant une intervention de 55 minutes devant le Forum de réconciliation nationale, ne s'est pas privé de dénoncer le "déficit de légitimité démocratique" qui caractérise selon lui la situation politique actuelle du pays depuis le coup de force du 24 décembre 1999.
"La Côte d'Ivoire n'expérimente pas actuellement les conséquences d'une alternance démocratique, elle endure les effets d'un coup d'Etat", a-t-il martelé. Une intervention qui oscillait entre un quasi discours de campagne électorale et une déclaration de politique générale d'un élu devant le Parlement.
L'ancien président, qui a passé près de deux ans d'exil forcé en France et a fermement l'intention de reprendre les rênes du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, le PDCI (l'ancien parti unique), s'est notamment attaché à démontrer l'efficacité de son action en tant que chef de l'Etat et celle du "vieux parti" auquel la Côte d'Ivoire doit tout selon lui. "Tout ce qui existe dans ce pays est réalisation et ¦uvre du PDCI: ports, aéroport, routes bitumées, grandes plantations, universités, etc... "
M. Bédié, qui attribue à l'ex parti unique tout le mérite de ce qui a été qualifié de "miracle ivoirien", a enfoncé le clou en estimant que la situation politique, économique et sociale de la Côte d'Ivoire avant et après le coup d'état de 1999 était comme "le jour et la nuit". Sans toutefois nier "la mauvaise gestion, les scandales financiers", pour lesquels Henri Konan Bédié a exprimé ses "regrets sincères au peuple ivoirien".
En conclusion, il a demandé au Forum d'adopter des "résolutions précises et fermes", notamment pour réitérer "l'exigence de légitimité démocratique".
M. Bédié a quitté la salle, sans assister à l'intervention de l'actuel chef de l'Etat Laurent Gbagbo.
Cette session du 13 novembre du Forum, ouvert le 9 octobre, devait être une date charnière pour la réconciliation nationale, avec un "grand oral" au Forum pour les quatre principaux dirigeants politiques du pays: le président Laurent Gbagbo, l'ancien président Henri Konan Bédié, l'ex chef de la junte au pouvoir de décembre 1999 à octobre 2000, le général Robert Gueï, et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara.
Les deux derniers ne se sont pas présentés.


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