- Le général
Robert Gueï a justifié ses actions
à la tête de la junte au pouvoir en
Côte d'Ivoire de décembre 1999 à
octobre 2000, tout en attaquant l'actuel
président Laurent Gbagbo et le
régime de l'ex-parti unique qu'il avait
renversé.
- Souvent accusé d'avoir plongé la
Côte d'Ivoire dans le chaos en menant le premier
coup d'Etat depuis l'indépendance de la Côte
d'Ivoire, jusqu'alors considérée comme un
pôle de stabilité régional, le
général Gueï s'est vigoureusement
défendu le 26 novembre à Abidjan lors de
son intervention très attendue devant le Forum
pour la réconciliation nationale.
- Le patron du Forum n'est autre que Seydou
Diarra, qui fut le Premier ministre de la transition
et a donné du "Monsieur le Président"
à Robert Gueï à chaque question qu'il
lui a posée.
- Vêtu d'un costume de ville sombre, il s'est
exprimé devant une salle remplie de ses partisans,
qui l'ont applaudi à de nombreuses reprises, pour
sa première intervention publique depuis sa chute
du pouvoir.
- Evoquant la période la plus noire de son bref
passage au pouvoir, il a nié avoir donné
l'ordre à sa garde rapprochée de tirer sur
des milliers de manifestants qui réclamaient son
départ du pouvoir en octobre 2000, faisant des
dizaines de morts.
- Le général Gueï, qui vit depuis sa
chute du pouvoir retiré dans son village de
l'ouest du pays, ne fait l'objet d'aucune poursuite
judiciaire connue, mais ne bénéficie selon
le pouvoir d'aucune immunité.
- Justifiant a posteriori son refus d'admettre sa
défaite à l'élection
présidentielle du 22 octobre, il a accusé
les partisans de M. Gbagbo d'avoir organisé de
nombreuses fraudes, avec la complicité de la
commission électorale, qu'il avait dissoute avant
de se faire proclamer vainqueur.
- Le général Gueï s'est d'ailleurs
montré particulièrement virulent contre
l'actuel président, faisant des remarques
transparentes sur sa vie privée et demandant s'il
avait "oublié les visites nocturnes qu'il (lui)
rendait" sous la transition militaire, accréditant
les nombreuses rumeurs sur un "pacte secret" entre les
deux hommes qui n'aurait pas été
respecté par la suite par M. Gbagbo.
- Il a également défendu son
arrivée au pouvoir après une mutinerie de
soldats, réaffirmant qu'il n'avait aucunement
planifié un coup d'Etat. Il a au contraire
accusé le Parti démocratique de
Côte d'Ivoire (PDCI), au pouvoir de
l'indépendance en 1960 au putsch, et notamment
l'ancien président Henri Konan
Bédié, d'avoir conduit le pays dans
l'impasse, en laissant se développer la corruption
et "une situation politique particulièrement
tendue". Il faisait ainsi référence au
point le plus conflictuel de la vie politique ivoirienne
depuis près d'une dizaine d'années,
l'exclusion de l'ancien Premier ministre Alassane
Ouattara de la course à la magistrature
suprême pour cause de nationalité
"douteuse".
- Paradoxalement, le général Gueï,
qui a affirmé que pour lui M. Ouattara
était Ivoirien, avait mené dans les
derniers mois de son pouvoir un combat de tous les
instants contre l'ancien Premier ministre. "Evitons donc
de déchirer d'avantage notre beau pays pour de
simples querelles de personne", a-t-il lancé.
- Après le président Gbagbo et M.
Bédié le 13 novembre, le
général Gueï était ainsi le
troisième des "frères ennemis" de la
politique ivoirienne à intervenir devant le Forum.
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