- Le Forum pour la
réconciliation nationale en Côte
d'Ivoire s'est achevé le 18 décembre sur un
discours apaisant du président Laurent
Gbagbo, qui s'est donné du temps sans apporter
de réponse concrète aux clivages politiques
qui minent le pays. "Asseyons nous et discutons", a
lancé le président ivoirien à
l'adresse de ses "frères ennemis" de la
scène politique, reléguant ainsi plus de
deux mois de débats du "Forum" à une
préparation du terrain pour un dialogue au sommet.
- Laurent Gbagbo, l'ancien président Henri
Konan Bédié, l'ancien Premier
ministre Alassane Ouattara et le
général Robert Gueï, ex-chef
d'une junte militaire au pouvoir de décembre 1999
à octobre 2000, devraient donc se retrouver
dès le mois de janvier, à l'invitation du
premier, pour tenter de "régler les
problèmes".
- Une offre que chacun des protagonistes pourra
difficilement refuser, malgré l'absence
remarquée de M. Bédié à la
cérémonie de clôture du Forum.
- "L'intervention (du président Gbagbo)
était une bonne intervention, le ton était
apaisant", a déclaré M. Ouattara.
- Le général Gueï, ex-chef de la
junte au pouvoir de décembre 1999 à octobre
2000, a pour sa part reconnu que le président "a
su s'exprimer à la clôture du Forum".
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- Pour ce qui est de la nationalité de Ouattara,
Laurent Gbagbo s'en est remis à la justice pour
régler ce contentieux, tout en réaffirmant
son refus d'une modification de la Constitution.
- Le directoire du Forum pour la réconciliation
avait demandé dans ses "recommandations" aux
autorités compétentes de délivrer
à Ouattara un certificat de nationalité
ivoirienne. "Le Forum a indiqué la voie à
suivre et je n'ai rien à y ajouter", a
déclaré M. Gbagbo dans son discours. "Ce
débat n'a que trop duré. Nous avons tous
compris que cette question ne relève pas du
président de la République mais bien du
pouvoir judiciaire. Eh bien, laissons-la entre les mains
du pouvoir judiciaire", a-t-il ajouté.
- M. Gbagbo a par ailleurs réaffirmé
qu'une "modification de la Constitution n'est pas
à l'ordre du jour". Le directoire du Forum avait
suggéré la création d'une commission
chargée "d'éclairer le sens" de certaines
disposition de la Constitution, notamment sur les
critère d'éligibilité.
- Estimant que cette suggestion traduisait "l'embarras"
du Forum, M. Gbagbo a annoncé l'organisation en
2002 d'un "colloque international" sur la loi
fondamentale ivoirienne.
- Alors que M. Ouattara réclame une
révision constitutionnelle, ainsi que
l'organisation de nouvelles élections, le
président Gbagbo a clairement rejeté cette
dernière idée, estimant que les "ivoiriens
sont en droit d'attendre" qu'une résolution du
Forum demandant la reconnaissance de la
légitimité des pouvoirs publics ivoiriens
"sera entendue de tous".
- A se demander si le Forum n'a pas servi uniquement
à "légitimer" Laurent Gbagbo à la
présidence, alors qu'il a été
élu dans des conditions on ne peut plus
contestables.
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