N° 245
du 28/02/2002

Côte d'Ivoire


Enfin, le communiqué final
de la rencontre des leaders politiques

Le communiqué final de la rencontre entre le président Laurent Gbagbo et ses trois principaux rivaux politiques a été rendu public le 19/02/2002 par la présidence ivoirienne, près d'un mois après ce sommet.
Ce texte présente les conclusions de la rencontre les 22 et 23 janvier dans la capitale politique Yamoussoukro entre M. Gbagbo, l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara, l'ancien chef de la junte au pouvoir en Côte d'Ivoire de décembre 1999 à octobre 2000, le général Robert Gueï, et l'ex-président Henri Konan Bédié renversé lors d'un putsch militaire à Noël 1999.
Ils avaient notamment étudié les 14 "recommandations" formulées en décembre par un "Forum de la réconciliation nationale" convoqué pour tenter d'apaiser les tensions politiques.
Sur l'épineuse question de la nationalité et de l'éligibilité de M. Ouattara, le texte, signé par les quatre hommes, "invite instamment (M. Ouattara) à déposer sa demande de certificat de nationalité auprès des autorités judiciaires compétentes".
Les quatre hommes ont "pris acte des résolutions du Forum sur la reconnaissance de la légitimité des pouvoirs publics issus des élections générales passées" et ont "regretté les éliminations de certains candidats à l'élection présidentielle passée et se sont accordés sur le fait que cela ne se répète plus". Outre M. Ouattara, M. Bédié et tous les autres candidats de l'ancien parti au pouvoir, le parti démocratique de Côte d'Ivoire, avaient été déclarés inéligibles, laissant M. Gbagbo et le général Gueï comme seuls candidats de poids.
Le communiqué souligne toutefois que M. Ouattara propose un référendum sur l'organisation de nouvelles élections législatives, son parti ayant boycotté celles de décembre 2000/janvier 2001 après le rejet de sa candidature.
Le communiqué annonce la création d'un "comité de juristes" pour préparer un colloque international sur la Constitution ivoirienne, dont les dispositions sur l'éligibilité ont été critiquées.
Ce colloque se tiendra du 23 juillet au 1er août prochains, et ses conclusions seront soumises aux quatre chefs de parti.
Prenant acte que le Forum de la réconciliation a souhaité la condamnation des coups d'Etat, les quatre "s'engagent à tout mettre en ¦uvre pour éviter à jamais la répétition d'une telle situation".
Ils "demandent que la lumière soit faite" par la justice sur les événements sanglants de 2000 et 2001 et soulignent que d'éventuelles mesures de pardon ou d'amnistie "ne seront prises qu'à l'issue des procédures judiciaires".
Le seul procès sur ces événements, celui de gendarmes inculpés pour un charnier de 57 corps retrouvé après la présidentielle, a abouti à un acquittement au bénéfice du doute.
Le communiqué aborde également les tensions ethniques et religieuses. Les quatre leaders demandent "la transparence et la justice dans la délivrance" des cartes d'identité et "déplorent que les ressortissants du nord soient soupçonnés, a priori, dans le cadre de diverses démarches administratives et de contrôles de police, d'être des étrangers". Ils "encouragent le gouvernement à poursuivre ses efforts en vue de mettre définitivement fin à cette situation".


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