- Le communiqué
final de la rencontre entre le président
Laurent Gbagbo et ses trois principaux rivaux
politiques a été rendu public le 19/02/2002
par la présidence ivoirienne, près d'un
mois après ce sommet.
- Ce texte présente les conclusions de la
rencontre les 22 et 23 janvier dans la capitale politique
Yamoussoukro entre M. Gbagbo, l'ex-Premier ministre
Alassane Ouattara, l'ancien chef de la junte au
pouvoir en Côte d'Ivoire de décembre 1999
à octobre 2000, le général Robert
Gueï, et l'ex-président Henri Konan
Bédié renversé lors d'un putsch
militaire à Noël 1999.
- Ils avaient notamment étudié les 14
"recommandations" formulées en décembre par
un "Forum de la réconciliation nationale"
convoqué pour tenter d'apaiser les tensions
politiques.
- Sur l'épineuse question de la
nationalité et de l'éligibilité de
M. Ouattara, le texte, signé par les quatre
hommes, "invite instamment (M. Ouattara) à
déposer sa demande de certificat de
nationalité auprès des autorités
judiciaires compétentes".
- Les quatre hommes ont "pris acte des
résolutions du Forum sur la reconnaissance de la
légitimité des pouvoirs publics issus des
élections générales passées"
et ont "regretté les éliminations de
certains candidats à l'élection
présidentielle passée et se sont
accordés sur le fait que cela ne se
répète plus". Outre M. Ouattara, M.
Bédié et tous les autres candidats de
l'ancien parti au pouvoir, le parti démocratique
de Côte d'Ivoire, avaient été
déclarés inéligibles, laissant M.
Gbagbo et le général Gueï comme seuls
candidats de poids.
- Le communiqué souligne toutefois que M.
Ouattara propose un référendum sur
l'organisation de nouvelles élections
législatives, son parti ayant boycotté
celles de décembre 2000/janvier 2001 après
le rejet de sa candidature.
- Le communiqué annonce la création d'un
"comité de juristes" pour préparer un
colloque international sur la Constitution ivoirienne,
dont les dispositions sur l'éligibilité ont
été critiquées.
- Ce colloque se tiendra du 23 juillet au 1er
août prochains, et ses conclusions seront soumises
aux quatre chefs de parti.
- Prenant acte que le Forum de la réconciliation
a souhaité la condamnation des coups d'Etat, les
quatre "s'engagent à tout mettre en ¦uvre pour
éviter à jamais la répétition
d'une telle situation".
- Ils "demandent que la lumière soit faite" par
la justice sur les événements sanglants de
2000 et 2001 et soulignent que d'éventuelles
mesures de pardon ou d'amnistie "ne seront prises
qu'à l'issue des procédures judiciaires".
- Le seul procès sur ces
événements, celui de gendarmes
inculpés pour un charnier de 57 corps
retrouvé après la présidentielle, a
abouti à un acquittement au bénéfice
du doute.
- Le communiqué aborde également les
tensions ethniques et religieuses. Les quatre leaders
demandent "la transparence et la justice dans la
délivrance" des cartes d'identité et
"déplorent que les ressortissants du nord soient
soupçonnés, a priori, dans le cadre de
diverses démarches administratives et de
contrôles de police, d'être des
étrangers". Ils "encouragent le gouvernement
à poursuivre ses efforts en vue de mettre
définitivement fin à cette situation".
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