- Tous les habitants de
Côte d'Ivoire, nationaux comme étrangers,
seront "identifiés" par l'Office national
d'identification (ONI) d'ici à la fin 2003.
l'homme qui dirigera cette gigantesque opération
est le colonel Almustapha Kone.
- En présentant cette vaste entreprise de
recensement et d'informatisation des registres
d'état civil et d'enregistrement des
étrangers vivant en Côte d'Ivoire, M. Kone a
précisé que le montant global de
l'opération est de 46 milliards de CFA (plus de 70
millions d'Euros).
- "Nous avons la volonté, soulignée par
le gouvernement, d'assainir l'état-civil et de
permettre à chacun d'avoir son identité",
a-t-il également affirmé, avant de
préciser que "cette opération a pour but de
mettre de l'ordre, mais n'est dirigée ni pour ni
contre quelqu'un".
- Selon l'ONI, il s'agit également de "cerner
les flux migratoires, sécuriser l'Ivoirien et
mettre en confiance l'étranger".
- Le processus d'enregistrement des quelque 15,4
millions d'habitants de Côte d'Ivoire aboutira
à l'obtention d'une carte d'identité
(orange) pour les nationaux d'un coût de 1.000
FCFA, d'une carte de séjour (verte) pour les
ressortissants des pays de la CEDEAO d'un coût de
35.000 FCFA pour cinq ans, et d'une carte de
séjour (bleue) pour les autres résidents
étrangers d'un coût de 300.000 FCFA pour
cinq ans également.
- "5.000 personnes de nationalité ivoirienne,
conformément à la loi, ont
été recrutées pour effectuer les
enregistrements et par la suite gérer les fichiers
centraux d'identité", selon l'ONI.
- Pour mieux contrôler les flux migratoire, les
responsables de cette structure ont également
identifié 25 postes d'entrée/sortie du pays
qui seront prochainement équipés en
matériel informatique et en personnel
supplémentaire.
- L'ONI est en partenariat avec deux
sociétés françaises
spécialisées dans l'identification
(SAGEM) et les logiciels d'état civil
(Digitech) et deux organismes nationaux:
l'institut national de la statistique (INS) qui a
réalisé le dernier recensement et le
comité national de
télédétection et d'informations
géographiques (CNTIG).
- Touchant à la sécurité, ce
projet n'a pas fait l'objet d'un appel d'offre et a
été confié à la
société ivoirienne SITELCOM.
- Jusqu'à présent, selon les estimations
de l'ONI, seulement 6,2 millions d'habitants sont
détenteurs d'une carte d'identité en
règle, sur les 15,4 millions recensés en
1998.
-
- Quand on connaît les problèmes et les
violences qu'a engendrés la délicate
question de la nationalité dans ce pays, on image
aisément que cette opération de recensement
- louable s'il s'agit par exemple d'obtenir un fichier
électoral transparent, - pourrait vite se
transformer en opération d'épurement de la
société ivoirienne, tant sera difficile
l'identification de certains citoyens, notamment les
personnes originaires du Nord de la Côte d'Ivoire,
qui ont pour certains quitté leur région
d'origine depuis plusieurs générations
- L'ancien Premier ministre ivoirien Alassane
Ouattara, leader du Rassemblement des
républicains (RDR, principal parti
d'opposition) a déclaré, lors de la
cérémonie d'investiture des candidats de
son parti pour les élections des conseillers
généraux et de districts prévues en
juillet, qu'"Il est à craindre que cette
identification ne se fasse dans une perspective
d'exclusion de pans entiers de la communauté
nationale, elle pourrait favoriser la mise en place d'un
apartheid à l'ivoirienne".
- L'opération "fait peser de sérieuses
menaces sur la paix sociale en ce sens qu'elle ouvre la
voie à l'arbitraire dans l'établissement
des cartes nationales d'identité", a-t-il
estimé.
- M. Ouattara a préconisé "la mise en
place d'une commission nationale (qui) aura pour mission
de superviser la délivrance des nouvelles cartes
d'identité nationale et veiller à ce
qu'elle se déroule dans le strict respect du code
de nationalité et de l'égalité des
citoyens".
- L'ancien Premier ministre -écarté des
élections présidentielle et
législatives de l'an 2000 pour cause de
nationalité "douteuse"- a souligné
"attendre que (lui) soit délivré" son
certificat de nationalité, dont s'occupe l'ancien
président du Forum de réconciliation
nationale tenu d'octobre à décembre 2001.
"Nous voulons donner du temps au temps, mais il y a des
limites au temps, notre attitude ne signifie ni
capitulation, ni reniement" a-t-il averti.
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