N° 251
du 18/06/2002

Côte d'Ivoire


Gbagbo défend son bilan mais évite les sujets qui fâchent

Après un an et demi de pouvoir, le président Laurent Gbagbo a défendu son bilan, mais a évité de s’exprimer sur les sujets qui fâchent lors d’un entretien télévisé de deux heures le 30 mai. M. Gbagbo a défendu pied à pied l’action de son gouvernement, au pouvoir depuis les élections présidentielles controversées d’octobre 2000. “Ce qui était humainement possible, nous l’avons fait et je suis fier de ce que le gouvernement a fait en si peu de temps. Nous sommes revenus à la normale alors que nous étions dans l’anormalité”, a-t-il affirmé.
Mais il a évité les questions sur la corruption des membres du gouvernement, s’est défaussé sur l’épineux dossier de la nationalité de l’opposant Alassane Ouattara et n’a même pas évoqué la filière cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial.
A propos de la nationalité d’Alassane Ouattara et de sa possibilité ou non de se présenter à des élections, Laurent Gbagbo a simplement déclaré que “tout a été dit au Forum (de réconciliation nationale) et lors de la rencontre à Yamoussoukro des quatre leaders (des principaux partis politiques en janvier 2001). Tout a été dit et écrit. Que tout soit donc accompli”.
Concernant l’affaire du charnier retrouvé dans le quartier abidjanais de Yopougon après les violences qui ont suivi l’élection présidentielle d’octobre 2000, M. Gbagbo a estimé que l’on “est injuste en se focalisant sur 57 morts, alors que les enquêtes parlent de plus de 300 morts”. “On a besoin de savoir, même si pour la paix on ne lance pas de poursuites (judiciaires). J’ai ordonné au ministre de la Justice de mettre en place une commission pour qu’elle reprenne toutes les enquêtes”, a-t-il rappelé.
Même s’il n’a pas évoqué la première ressource du pays, le cacao dont les cours mondiaux flambent, M. Gbagbo a insisté sur son bilan économique et social.
Rappelant le rétablissement des liens avec les bailleurs de fonds et les institutions financières internationales, il a jugé que “la Côte d’Ivoire est convalescente (...) Elle est guérie mais doit encore se reposer (...) pour être totalement en forme”. Quant à la corruption, le chef de l’Etat est resté plus qu’évasif, rappelant simplement que “le pouvoir n’est pas un lieu de nantissement, celui qui veut devenir riche, je lui demanderais de prendre une autre voie que le pouvoir”.


Retour au sommaire COTE D'IVOIRE

Retour Home