N° 251
du 18/06/2002

Côte d'Ivoire


Les nombreux procès du putsch manqué de janvier 2001

Le troisième et dernier procès des personnes accusées d’une tentative de coup d’Etat en janvier 2001 s’est ouvert le 11 juin devant la cour d’assises d’Abidjan. Un homme d’affaires connu, Ahmed Bassam, comparaît aux côtés de trois militaires.
Deux autres civils, dont le procès a été joint, comparaissent également, accusés quant à eux d’implication dans la préparation d’un autre coup d’Etat, qui aurait été prévu en février 2001 mais n’a jamais eu lieu.
M. Bassam avait été remis en liberté conditionnelle en janvier dernier, après un an de détention préventive.
Le dossier de la tentative de putsch de janvier 2001 avait été divisé en trois procès distincts, pour une “meilleure administration de la justice” selon le ministère de la justice, pour “saucissonner” le dossier et empêcher la manifestation de la vérité, selon la défense.
Lors du premier procès le mois dernier, la cour d’Assises avait condamné quatre des accusés à 20 ans d’emprisonnement, deux à trois ans, et sept autres avaient été acquittés.
Le second procès a vu l’acquittement des sept accusés, dont aucun n’avait été arrêté en flagrant délit, et qui étaient tous revenus sur leurs premiers aveux, extorqués selon eux sous “la torture”.

Au total, 72 personnes avaient été arrêtées dans le cadre de l’enquête. Vingt-huit d’entre elles ont été renvoyées devant la Cour d’assises - les autres procès devant suivre dans la foulée du premier - et 19 accusés ont déjà bénéficié d’un non-lieu.
Dans les deux premier procès, quatre des accusés ont été condamnés à 20 ans d’emprisonnement, deux à trois ans, et sept autres ont été acquittés, tandis que dans le second procès, les sept accusés ont été acquittés.

Dans la nuit du 7 au 8 janvier 2001, des assaillants avaient attaqué l’un des principaux camps de gendarmerie d’Abidjan et les sièges de la télévision et de la radio nationales. L’attaque avait été repoussée au petit matin, et avait fait 15 morts et neuf blessés, selon un bilan officiel.
Les autorités ivoiriennes avaient affirmé que les auteurs avaient reçu des appuis à l’étranger, évoquant le Mali et le Burkina Faso.
M. Bassam, inculpé “d’organisation de bande armée et de complicité d’attentat contre l’autorité de l’Etat” a nié dès l’ouverture du procès toute culpabilité, parlant d’une machination visant à mettre la main sur sa société de nettoyage, ASH International.


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