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La condamnation, lundi 25 juin, à vingt ans de réclusion de lhomme daffaire Ahmed Traoré Bassam, présenté comme le cerveau dun putsch manqué en janvier 2001 en Côte dIvoire, a surpris plus dun observateur, tant les faits sont restés mystérieux tout au long des audiences.
Dans la nuit du 7 au 8 janvier 2001, des assaillants avaient attaqué lun des principaux camps de gendarmerie dAbidjan et les sièges de la télévision et de la radio nationales. Repoussée au petit matin, lattaque avait fait officiellement 15 morts et neuf blessés.
Cette tentative, après laquelle le gouvernement avait évoqué un soutien au Mali et au Burkina, provoquant des tensions avec ses voisins du Nord, fut le dernier soubresaut violent dune période de troubles ouverte par le coup dEtat militaire de décembre 1999, qui avait fait basculer dans linstabilité lancien pôle de stabilité ouest-africain.
La lecture du verdict a provoqué des exclamations de surprise et de désolation dans la salle du tribunal où les amis et parents de M. Bassam étaient nombreux.
Deux des trois co-accusés, tous militaires, Gnépa Noma et Koné Williams ont été acquittés, tandis que le troisième, Kambiré Sié, dont le cas a à peine été évoqué au cours de ce procès, a été également condamné à 20 ans de prison.
Le président du collectif des avocats de la défense, Me Bakary Sangaré, a annoncé quil se pourvoirait en cassation pour les deux condamnés, estimant que les éléments de preuve qui ont été débattus ne sont pas sérieux, suffisants, constants, concordants, et consistants pour justifier une telle condamnation.
Considéré comme le cerveau de ce coup dEtat manqué, M. Bassam risquait au maximum la prison à perpétuité, mais le président de la cour dassises, Dély Sepleu, a évoqué sans plus de précisions des circonstances atténuantes pour justifier la sentence.
Laccusation, basée sur le témoignage de deux militaires - un agent des renseignements généraux et un caporal qui a nié en bloc devant la cour tout ce quil avait déclaré à linstruction - a été battue en brèche par leurs incohérences et contradictions.
Les dix audiences nont pas davantage éclairé les Ivoiriens sur les circonstances ni les commanditaires de cette tentative de coup dEtat, que certains détracteurs de lactuel régime qualifient plus volontiers de coup monté.
Seuls faits avérés: M. Bassam recevait des militaires, il na pas distribué darmes et na donné en tout et pour tout que 500.000 FCFA (761 euros) pour, selon le procureur Augustin Séry Neha, financer ce putsch.
Je ne sais pas exactement la place dAhmed Bassam dans ce coup dEtat, je ne sais pas qui a organisé ce coup, a bafouillé le principal témoin à charge, le maréchal des logis chef Kouadio Kouadio, dit Gino.
Propriétaire et ancien directeur de la société de nettoyage urbain ASH International, Ahmed Bassam a pendant tout le procès clamé son innocence et affirmé être la victime dun complot visant à le déposséder de cette entreprise. Il a maintenu que les contacts quil entretenait au moment de la junte (décembre 1999 à octobre 2000) du général Robert Gueï et après laccession au pouvoir de lactuel président Laurent Gbagbo ne visaient quà faire aboutir auprès des autorités des revendications concernant sa société.
Le procès de M. Bassam et ses co-accusés était le troisième et dernier dune série concernant cette même affaire. Au final, cette série na abouti quà six condamnations à 20 ans de prison, deux à trois ans, et à 16 acquittements pour 72 personnes au total mises en cause au début de lenquête.
Les procès, tenus les uns à la suite des autres depuis la mi-mai, avaient été séparés pour une meilleure administration de la justice selon le ministère de la Justice, pour saucissonner le dossier et empêcher la manifestation de la vérité, selon la défense.
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