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La justice ivoirienne a délivré le 28 juin un certificat de nationalité à lancien Premier ministre Alassane Ouattara, dont livoirité est lobjet de vives polémiques depuis des années.
M. Ouattara, président du Rassemblement des républicains (RDR, principal parti dopposition) avait été exclu des élections présidentielle et législatives de lan 2000 pour cause de nationalité douteuse.
Le Forum de réconciliation nationale organisé à lautomne 2001 avait pris une résolution recommandant la délivrance par voie de justice dun certificat de nationalité à ADO (le surnom de M. Ouattara).
Reste que Ouattara, au regard de la Constitution est toujours inéligible, une clause constitutionnelle, interdisant à toute personne sétant prévalue dune autre nationalité de pouvoir être candidat à la moindre élection. Hors Alassane Ouattara a travaillé un temps pour le compte du gouvernement du Burkina Faso.
Concernant donc cette Constitution, Alassane Ouattara a estimé quil fallait la reprendre, estimant quelle avait été utilisée et manipulée. Il faut que la Côte dIvoire se dote dune véritable constitution.
Le 7 juin, le président Gbagbo avait nommé un comité de quatre juristes chargé dorganiser un colloque international sur la Constitution, dont certaines dispositions restent très contestées.
Le président de ce comité, Paul Yao NDré, avait demblée indiqué quil nétait pour autant pas question de révision de la Constitution.
En attendant, la polémique continue sur la nationalité de Ouattara dans la presse ivoirienne. Le journal indépendant, LInter, a écrit : ADO reconnu Ivoirien, le débat sur la nationalité de M. Alassane Dramane Ouattara vient dêtre clos avec la délivrance de ce document administratif.
Une position qui tranche avec le journal nationaliste, Le National, titrant en Une : le hold-up juridique, suivi du journal quasi-officiel du FPI, Notre Voie, qui a écrit peine perdue pour Dramane Ouattara, 50 millions pour un certificat de nationalité. Le juge a signé dans la plus grande discrétion ce papier puisquil lui a été proposé et remis 50 millions en coupures de 500 euros, a osé affirmer ce journal.
La justice est faite a pour sa part annoncé Le Patriote, journal proche du RDR, le parti de Ouattara.
Pour le quotidien pro-gouvernemental Fraternité matin, la justice a tranché et le président du RDR a remporté une bataille dans la marche vers la présidentielle de 2005.
La vice-présidente du tribunal dAbidjan Matto Cissé (qui a signé le certificat) est dorigine guinéenne, a finement écrit La Bombe, journal qui souligne que le certificat de ADO est un document douteux.
Le quotidien indépendant, 24 Heures, a parlé de panique et de surprise au sommet de lEtat et indiqué que la justice a pris ses responsabilités. Enfin Le Front, journal indépendant, a estimé lui que cest sous la pression (que) Gbagbo lâche le certificat.
Quant au président lui-même, au cours dun entretien diffusé sur la télévision nationale, il a qualifié cette affaire de banale, ajoutant : Un certificat de nationalité a une durée de vie de trois mois (...), je ne me laisserai pas distraire".
Une affaire banale ?
Banale, cette affaire ? Si banale que cinq journalistes de la télévision nationale ivoirienne ont été suspendus pour un reportage sur le certificat de nationalité dAlassane Ouattara.
La télévision publique ivoirienne avait diffusé une conférence de presse des avocats de M. Ouattara relative à lobtention de ce certificat.
Les cinq journalistes qui ont traité lélément sur la conférence de presse, Martine Liadé, Toussaint Koffi NGuessan, ou assisté par curiosité au montage, Viviane Ahimin, Eugène Atoubé, ou diffusé linformation, David Mobio, écopent depuis le lundi 1er juillet, dune suspension verbale dont le terme nest pas précisé, a annoncé et déploré lObservatoire de la liberté de la presse de léthique et de la déontologie (OLPED).
Selon le journal ivoirien Soir Info, la nouvelle rédactrice en chef Martine Liadé (a été) rayée de leffectif de la télévision première chaîne.
La direction générale de la télévision nationale a démenti avoir suspendu cinq journalistes, affirmant que la sanction ne concerne quune journaliste.
La direction de la télévision a affirmé que Martine Liadé a été suspendue de toutes activités pour permettre à la direction générale de mieux comprendre le processus de diffusion de cet élément. Son cas continue de faire lobjet dun examen plus approfondi du fait de sa qualité dex-rédacteur en chef chargé des reportages, a précisé la direction.
En revanche, selon la même direction de la télévision, les autres journalistes ne font pas lobjet de sanctions. Vous avez dit banale ?
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