N° 254
du 02/09/2002

Côte d'Ivoire


Formation d’un gouvernement d’ouverture,
avec les principaux partis politiques
Le parti du général Gueï,
s’estimant trop peu représenté, claque la porte

Un nouveau “gouvernement d’ouverture” incluant le Rassemblement des républicains (RDR) d’Alassane Ouattara, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-parti unique) de Henri Konan Bédié, et l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) du général Gueï, a été formé le 5 août. Ce gouvernement reste toutefois dominé par le parti du président Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI).
Moins de trois jours après son entrée au gouvernement, le parti du général Robert Gueï a annoncé son départ de l’alliance gouvernementale, fragilisant cette cohabitation à l’ivoirienne. L’UDPCI du général Gueï n’avait obtenu qu’un seul portefeuille ministériel (Environnement et cadre de vie) dans le nouveau gouvernement, contre deux dans le précédent. En annonçant son retrait, l’UDPCI a sonné le glas de l’”union nationale” et brisé la dynamique de réconciliation amorcée par les “accords de Yamoussoukro” conclus sous la transition en mars 2000. Ces accords prévoyaient notamment que le président élu devrait s’engager à former un gouvernement avec les autres partis politiques significatifs.
Le départ de l’UDPCI, qui s’est déjà déclarée “principal parti politique de l’opposition”, illustre les vieux antagonismes entre le général Robert Gueï et le président Gbagbo. Même si le général Gueï a dû admettre sa défaite à la suite d’une insurrection populaire qui a suivi l’élection présidentielle d’octobre 2000, “le Père Noël en treillis” continue de s’estimer flouer par le “président caméléon”, Laurent Gbagbo, et de croire que sa victoire lui a été volée. Quant au PDCI qui dispose de sept ministères dans ce gouvernement, ses dirigeants auront bien des efforts à faire pour expliquer la justesse de cette participation gouvernementale à leurs militants qui y sont largement opposés.


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