N° 255
du 17/09/2002

Côte d'Ivoire


La rupture est consommée entre le général Gueï
et le FPI du président Gbagbo

Le général Robert Gueï (ancien chef de la junte militaire au pouvoir de décembre 1999 à octobre 2000) a annoncé le 12/09 la fin officielle de l’alliance de son parti, l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) avec le Front Populaire Ivoirien (FPI, au pouvoir) du président Laurent Gbagbo. En mai dernier, les militants et cadres de l’UDPCI avaient demandé à la direction de leur parti de “réexaminer” cette alliance.
Le général Robert Gueï a profité de cette annonce pour déverser un flot de critiques sur le nouveau gouvernement, n’hésitant pas à brocarder Laurent Gbagbo lui-même.
“Tous les jours nous avons notre dose de farine. Tous les jours on lit dans les journaux: Gbagbo a roulé Gueï dans la farine, Gbagbo a roulé ADO dans la farine (l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara et patron du RDR, opposition), Gbagbo a roulé Bédié dans la farine (l’ancien président Konan Bédié, président du PDCI, ancien parti unique)”.
“Mais quel est donc ce chef d’Etat qui se transforme en boulanger pour rouler tout le monde dans la farine? Le pain se fait avec de la levure. Le FPI ne doit pas oublier qu’un jour cette farine sans levure sociale va lui boucher les narines car elle sera pétrie par le peuple”, a poursuivi l’ancien chef d’Etat.
L’ancrage dans l’opposition de l’UDPCI, après un passage éclair dans le “gouvernement d’ouverture” formé début août, pourrait avoir à court terme des conséquences au Parlement, où le parti de Gueï et le FPI sont unis par une alliance formelle.
Pour bien marquer la rupture avec le FPI, le général Gueï a égrené une série de reproches à l’égard du pouvoir, lançant notamment: “le pouvoir arrête des citoyens, les emprisonne, les torture sans l’ombre d’une preuve. Les réformateurs (FPI) sont atteints de complotite aiguë”.


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