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Le gouvernement burkinabé a décidé la fermeture des frontières terrestres entre le Burkina Faso et la Côte dIvoire. Moumouni Fabré, le ministre de ladministration territoriale et de la décentralisation, a démenti toute implication de son pays dans la crise. Les autorités burkinabé ont également envoyé une lettre de protestation aux autorités ivoiriennes, via leur ambassadeur à Ouagadougou, pour dénoncer les mauvais traitements dont ont été victimes de nombreux ressortissants burkinabè.
De son côté, lAssemblée nationale du Burkina Faso a invité les autorités ivoiriennes à la retenue, par la voix de son président, Roch Marc Christian Kaboré. M. Kaboré, qui sexprimait à louverture dune session de lassemblée, a aussi condamné le soulèvement en cours. Nous condamnons tout recours à la force, pour accéder au pouvoir où pour renverser un régime démocratiquement élu, a par ailleurs affirmé le président de lAssemblée burkinabè souhaitant un retour rapide de la paix et de la stabilité.
Rappel : les relations, déjà tendues entre la Côte dIvoire et le Burkina Faso se sont détériorées depuis lassassinat à Ouagadougou de lancien ministre ivoirien Balla Keita dans la nuit du 1er au 2 août.
Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a été nommément accusé dêtre le seul et unique déstabilisateur de la Côte dIvoire par le quotidien Notre Voie, journal du Front populaire ivoirien (FPI), au pouvoir.
Les autorités ivoiriennes ont décidé de couper les liaisons téléphoniques avec le Burkina Faso.
Le 25 septembre, des manifestants ont défoncé à Abidjan le portail du consulat du Burkina Faso, sans pouvoir pénétrer à lintérieur du consulat. Lambassadeur du Burkina Faso, Emile Ilboudo, a indiqué que les dégâts sont très minimes, ajoutant que des manifestants criaient des slogans hostiles au Burkina.
2,2 millions de Burkinabè, pour beaucoup des ouvriers agricoles, vivent en Côte dIvoire, qui compte 15 millions dhabitants, selon le dernier recensement officiel de 1998.
Les relations tendues entre le Burkina et la Côte dIvoire
1999
En novembre, un litige foncier entre autochtones Kroumens et Burkinabè dans la région de Tabou (sud-ouest) fait cinq morts. En quelques semaines, quelque 20.000 Burkinabè sont chassés des plantations par les autochtones.
- 21 jan: Le président burkinabè Blaise Compaoré émet le souhait de voir la Côte dIvoire réussir le processus de transition engagé par la junte au pouvoir depuis le renversement fin 1999 du président Henri Konan Bédié, après une rencontre avec le général Robert Gueï.
- août-septembre: Au moins 13 morts dans des affrontements entre des autochtones Kroumens et Burkinabè dans le sud-ouest de la Côte dIvoire. En octobre, de nouvelles violences font cinq morts.
- octobre-décembre : des immigrés sont battus ou tués en Côte dIvoire lors daffrontements entre partisans dAlassane Ouattara dune part et forces de lordre et militants soutenant le pouvoir de lautre, en marge des élections présidentielle et législatives.
- 6 nov : Le ministre ivoirien de lIntérieur, Emile Boga Doudou, déclare, après une rencontre avec le président Compaoré, que sa visite est destinée à rassurer les Burkinabè. Première visite dun membre du gouvernement du nouveau président ivoirien Laurent Gbagbo.
- 18 jan: Le parti au pouvoir au Burkina Faso condamne le coup dEtat avorté des 7-8 janvier en Côte dIvoire. Des dizaines détrangers, notamment Burkinabè, ont fui, se disant lobjet de menaces et de violences après que le gouvernement eut affirmé que des étrangers étaient impliqués dans la tentative. En mai, le président Compaoré reçoit deux émissaires du président ivoirien.
- 29 juin: Le président Compaoré qualifie de frileuses les relations, exacerbées selon lui par le débat sur la nationalité de lopposant Alassane Ouattara, affirmant que le régime en Côte dIvoire a des soupçons sur la volonté supposée du Burkina Faso de le déstabiliser. M. Ouattara, accusé de sêtre prévalu de la nationalité burkinabè, avait été exclu des élections présidentielle et législatives de 2000 en Côte dIvoire pour nationalité douteuse.
- 4 juil: Rencontre en Libye entre les présidents Compaoré et Gbagbo, qui conviennent, selon Tripoli, de mettre fin à la période de froid entre leurs pays.
- 11 juil: Le président du Mouvement ivoirien des droits de lHomme déclare avoir été interdit par le Burkina de toute participation à un débat public sur livoirité.
- 4 déc: Les présidents Compaoré et Gbagbo décident dintensifier les consultations à tous les niveaux en vue de rechercher les solutions à leurs problèmes communs, après une visite du président ivoirien à Ouagadougou.
- 21 mars: Le président de lAssemblée nationale du Burkina Faso qualifie les relations de positives.
1er août: Lex-ministre ivoirien Balla Kéïta, passé dans lopposition et exilé depuis 2001 au Burkina Faso, est assassiné à son domicile de Ouagadougou. Le procureur général affirme que la justice burkinabè privilégie la piste politique ivoirienne dans lenquête.
- 24 sept: Le président Compaoré est nommément accusé dêtre le seul et unique déstabilisateur de la Côte dIvoire par Notre Voie, le journal du Front populaire ivoirien (FPI) au pouvoir. Ces accusations font suite aux troubles militaires déclenchés le 19 septembre en Côte dIvoire.
- 25 sept: Le Burkina dément toute implication et décide la fermeture des frontières terrestres avec la Côte dIvoire. Abidjan décide de couper les liaisons téléphoniques.
Le portail du consulat du Burkina Faso à Abidjan est enfoncé par des manifestants. Abidjan condamne ces agissements.
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