N° 256
du 02/10/2002

Côte d'Ivoire


Coup d’Etat: Le film des événements depuis le 19 septembre

Les troubles ont déjà fait plusieurs centaines de morts et plusieurs personnalités du pays ont trouvé la mort dans des circonstances encore non-élucidées. L’armée française a mené avec succès deux opérations d’évacuation d’étrangers, à Bouake et Korhogo, les deux principales villes du nord du pays, qui sont toujours tenues par les rebelles malgré l’annonce d’une contre-offensive imminente des ofrces loyalistes.

19 septembre
Vers 03H00 GMT (et locales), des tirs intenses, notamment d’armes lourdes, retentissent à Abidjan. Tirs à Bouaké (centre) et Korhogo (nord). Le président Laurent Gbagbo se trouve en visite en Italie.
Les domiciles des ministres de la Défense et de l’Intérieur et du chef d’état-major à Abidjan sont attaqués. Attaques contre l’école de gendarmerie d’Abidjan, le camp de gendarmerie d’Agban, la deuxième ville du pays, Bouaké (centre) et la principale ville du nord, Korhogo. Le ministre de l’Intérieur, Emile Boga Doudou, et le commandant militaire de Bouaké, lieutenant-colonel Oula Dagrou, sont tués.
Un groupe de soldats qui devaient être prochainement démobilisés s’est soulevé, indique l’un d’eux. Surnommés «Baéfoués» et «Zinzins», une partie de ces militaires mal payés et mal encadrés devaient être bientôt licenciés. Ils semblent avoir fourni le gros des troupes mutinées.
A Abidjan, des témoins ont vu des rebelles tenir en main des fanions avec le sigle “MPCI”, totalement inconnu jusqu’alors.
A Rome, un conseiller du président Gbagbo affirme que le général Robert Gueï est derrière les “troubles”. Le ministre de la Défense annonce que l’ancien chef de la junte militaire a été retrouvé mort à Abidjan.
Annonce officielle d’une “tentative de coup d’Etat”.
L’armée “contrôle la situation” à Abidjan, déclare le ministre de la Défense, qui fait état de “petites poches de résistance” à Korhogo et Bouaké.

20 septembre
Le président Gbagbo, rentré à Abidjan, déclare: “La Côte d’Ivoire est attaquée”. Il évoque à mots couverts une possible implication étrangère.
Le général Gueï a été victime d’un “assassinat” et “n’était pas impliqué”, affirment ses proches.
Un rebelle, joint au téléphone à Bouaké par Afrique Express, affirme que le MPCI est le “Mouvement pour la paix en Côte d’Ivoire”.

21 septembre
Alain Toussaint, un des conseillers du président Gbagbo, affirme que des “mercenaires étrangers”, soutenus par un pays de la région, participent à la tentative.
Plusieurs milliers de logements dans des quartiers de la capitale, peuplés majoritairement par des immigrés, sont incendiés. Les habitants en attribuent la responsabilité à des gendarmes.

22 septembre
Plus d’une centaine de militaires français sont envoyés en renfort pour assurer la sécurité des ressortissants français et de la communauté internationale.

23 septembre
Le principal opposant ivoirien et ancien Premier ministre Alassane Ouattara accuse des gendarmes d’avoir voulu l’assassiner le 19 septembre.

24 septembre
Note Voie
, le journal du Front populaire ivoirien (FPI, le parti de Gbagbo) accuse nommément le président burkinabè Blaise Compaoré d’être le “seul et unique déstabilisateur de la Côte d’Ivoire”.
Violents combats à Bouaké: au moins une centaine de morts en deux jours.
Renforts militaires français en provenance de Libreville.

25 septembre
Evacuation par les troupes françaises de 194 élèves et enseignants de l’école internationale de Bouaké, en majorité américains.
Deux Hercules C-130 américains arrivent à Yamoussoukro, transportant un nombre de soldats non précisé. 200 d’entre eux étaient arrivés à Accra.
Le Burkina Faso dément toute implication et ferme les frontières terrestres avec la Côte d’Ivoire, qui coupe les liaisons téléphoniques.

26 septembre
Les militaires français évacuent de Bouaké plus de 1.200 étrangers, en majorité des Français.
Le Nigeria, qui a dépêché trois avions de combat et des personnels militaires à Abidjan, affirme que ses troupes sont prêtes à intervenir si Abidjan en fait la demande.
L’adjudant Tuo Fozié, qui affirme être le chef des rebelles à Bouaké déclare: “Il n’y a aucun chef politique derrière nous (...). Robert Gueï ou Alassane Ouattara ne sont pas derrière cette histoire”.
Les régions de Bouaké et Korhogo sont déclarées “zones de guerre”, par le ministre de la Défense qui parle d’”agression extérieure” et de “guerre d’occupation”.
La ville d’Odienné (nord-ouest) tombe sous le contrôle des rebelles.

27 septembre
Quelque 750 étrangers sont évacués de Bouaké. De nombreux Ivoiriens sont empêchés de quitter la ville par les mutins.
Annonce de la libération du ministre des Sports, capturé à Bouaké, le 19.

28 septembre
Troupes loyalistes et rebelles se battent à mi-chemin entre Bouaké et Yamoussoukro. Le Premier ministre Pascal Affi N’Guessan annonce avoir actionné les accords de défense conclus avec la France. Paris annonce apporter son “soutien logistique” à Abidjan, mais privilégie une solution africaine.

29 septembre
Evacuation de Korhogo d’environ 370 ressortissants étrangers.

30 septembre
Le Rassemblement des républicains (RDR) de M. Ouattara appelle à des négociations. Le couvre-feu est prolongé jusqu’au 7 octobre.


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