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Les officiels ivoiriens
Gbagbo évoque une implication étrangère
Le président de Côte dIvoire Laurent Gbagbo, rentré le 20 septembre à Abidjan, a évoqué la possibilité dune implication étrangère dans cette tentative de coup dEtat, soulignant dans une allocution télévisée que son régime nest pas en face dune simple manifestation de colère de quelques soldats, cest une tentative de coup dEtat.
Pour M. Gbagbo, les insurgés utilisent des armes lourdes, nouvelles pour la plupart, des armes dont ne dispose pas notre armée - donc on ne peut pas dire que cest larmée de Côte dIvoire qui se rebelle - des armes utilisées dans les armées étrangères ou achetées à des gouvernements.
Ces armes-là et leurs cibles montrent bien que cest la nature du régime de Côte dIvoire quon a voulu changer et transformer. Cest la Côte dIvoire qui est attaquée. (...) Lheure de la bataille a sonné, a-t-il souligné. On nous impose une bataille eh bien! menons-la, menons-la avec courage, avec honneur et avec détermination ! La Côte dIvoire est attaquée, mon pays est attaqué, mon devoir est de faire front. Je suis donc rentré pour continuer la bataille, a-t-il ajouté.
Une plainte auprès de lONU ?
Le président de lAssemblée nationale Mamadou Koulibaly a affirmé que la Côte dIvoire était agressée par des bandes terroristes et allait déposer une plainte auprès de lONU. Il sagit dun pays agressé par des bandes terroristes composées certes de soldats ivoiriens, menacés de démobilisation disent-ils, mais qui se fournissent en armes lourdes, en armes de guerre non disponible dans larmée ivoirienne, il sagit de militants proches de certains partis politiques de Côte dIvoire, il sagit de soldats bérets rouges mercenaires issus de deux pays délinquants de lAfrique de lOuest et voisins de la Côte dIvoire, a-t-il poursuivi. Mamadou Koulibaly na pas souhaité citer ces pays, mais a affirmé : quand notre plainte auprès des Nations unies sera prête, ces pays seront nommément cités et accusés.
Le Premier ministre Pascal Affi NGuessan à la télévision nationale, a déclaré que cest pour éviter (des) conséquences graves, que nous invitons les jeunes (mutins) à déposer les armes, sinon à les retourner contre les agresseurs. Cette déclaration semble moins tranchée que celle du ministre de la Défense, Moïse Lida Kouassi, qui avait indiqué que déventuelles discussions avec les rebelles ne porteraient que sur leur reddition.
M. NGuessan, qui a appelé les Ivoiriens à se mobiliser pour mettre fin à une agression indigne de la Côte dIvoire, a néanmoins affirmé quil ne sagissait pas dune guerre menée contre les étrangers.
Linquiétude a commencé à semparer des fortes communautés immigrées originaires de pays dAfrique de louest, suite aux incendies de maisons dans certains bas quartiers dAbidjan qui ont été désertés par leurs occupants.
Le porte-parole du gouvernement ivoirien Patrick Achy, qui accompagnait en Italie le président Gbagbo, a affirmé que les militaires mutinés ont été recrutés par le général Robert Gueï. On sait que lorsque le général Gueï est arrivé au pouvoir en 1999, il navait pas dans les forces armées suffisamment déléments loyaux et il a recruté danciens militaires démobilisés, a-t-il expliqué au cours dun point de presse. Lorsque le président Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir, il a été question à plusieurs reprises de la démobilisation de ces troupes. Il semblerait que les éléments à la base de la mutinerie soient les éléments introduits par le général Gueï, a-t-il ajouté.
La classe politique ivoirienne
Le président du Conseil économique et social, Laurent Dona- Fologo, a estimé que ce coup de force est un coup de poignard contre le Président Gbagbo et contre la Côte dIvoire qui commençait à sortir de lornière, suite notamment au Forum pour la réconciliation nationale et à la formation du gouvernement de large ouverture le 5 août dernier, même si certains nétaient pas totalement satisfaits. Il a décidé de lancer un appel à un second sursaut national, à la paix, à la vraie réconciliation, au pardon.
Alassane Ouattara a accusé des gendarmes ivoiriens davoir voulu lassassiner le 19 septembre, premier jour du soulèvement militaire. Dans une interview accordée au journal La Croix, Alassane Ouattara sen est pris avec violence aux autorités ivoiriennes. On a tenté de massassiner à mon domicile. Le même char qui est venu chez moi jeudi à 14h30, défonçant le portail, était passé avant chez le général Robert Gueï qui a été assassiné ainsi que son épouse, ses enfants et des proches, a affirmé lancien Premier ministre, réfugié maintenant à lambassade de France à Abidjan.
Jaccuse la gendarmerie. En fait, un groupe de trente hommes, une véritable brigade de la mort, a poursuivi M. Ouattara, selon lequel trois femmes témoins de lassassinat du général Gueï ont affirmé que les tueurs parlaient la langue bété" (la langue de lethnie du président Laurent Gbagbo).
Le 26/09, dans un entretien au journal français Libération, il a affirmé quune véritable chasse à lhomme se déroule dans Abidjan. Pourquoi les gendarmes sattaquent-ils à ma personne et à mon parti? Cest une véritable chasse à lhomme qui se déroule actuellement, avec le risque que cela vire rapidement à laffrontement ethnique. Car, si la chasse aux Nordistes continue, ils seront bien obligés de se protéger (...). Il faut stopper durgence cette chasse à lhomme organisée par certains éléments des forces de lordre, a affirmé M. Ouattara.
Tous les soirs, les gendarmes font des descentes. Mon domicile a été incendié dans la nuit de samedi à dimanche. Mon aide de camp a été exécuté. Le siège de mon parti, le Rassemblement des républicains (RDR), a été saccagé mercredi. Plusieurs responsables ont été enlevés : le trésorier, le porte-parole adjoint, des responsables de quartier. Ils traquent tous les responsables du RDR, sest-il inquiété.
Sur Radio France Internationale (RFI), le président du RDR, a par ailleurs déclaré que son parti nest mêlé ni de près ni de loin à cette tentative de coup de force qui nhonore pas notre pays, qui ternit son image, et qui met gravement en cause la réconciliation nationale et le processus démocratique.
Nous sommes au gouvernement douverture depuis le 5 août, nous croyons donc à la réconciliation de notre pays. Nous sommes contre la violence, les attaques armées, les tentatives de putsch et toutes les tentatives de force pour parvenir au pouvoir. Et je suis personnellement attristé, choqué de voir à nouveau mon pays dans cette tourmente. Je voudrais dire tout mon soutien au gouvernement; dire que le RDR est contre toute tentative de coup de force; et souhaite que la paix revienne dans le pays et que nous puissions travailler dans la stabilité, a-t-il ajouté.
Lancien président ivoirien, Henri Konan Bédié, a demandé publiquement au gouvernement ivoirien douvrir des négociations avec les insurgés. Parlant à son domicile au nom de son parti, le Parti démocratique de Côte dIvoire (PDCI), M. Bédié a demandé au gouvernement, nonobstant la position de légitime défense dans laquelle il se trouve, dengager des négociations sans retard avec les insurgés.
Le PDCI attire aussi lattention du gouvernement sur sa mission de protection de la population tant nationale quétrangère, a affirmé M. Bédié, lui-même chassé du pouvoir en décembre 1999 par une mutinerie qui sétait vite transformée en putsch militaire.
Devant la gravité de la situation et le caractère cosmopolitique du pays, le parti a affirmé son soutien aux vrais combats démocratiques dans le respect des différences et soutient le gouvernement dans cette difficile et douloureuse épreuve, a poursuivi lex-chef de lEtat.
Sadressant aux insurgés - qui tenaient en otages à Bouaké le ministre des Sports, Albert François Amichia, et ses collaborateurs -, Henri Konan Bédié leur a lancé un appel au discernement et à lesprit humanitaire afin de préserver leur intégrité physique (des otages) et de les libérer.
Le Front Populaire Ivoirien (FPI, parti de Gbagbo), a condamné avec la dernière énergie ce coup dEtat avorté.
Dans un communiqué, le FPI a lancé un appel solennel à ses partenaires et à la communauté internationale pour : premièrement, le soutien de leffort de démocratisation en cours ; deuxièmement, le raffermissement de lEtat de droit dont ils sont témoins au quotidien.
Enfin, le parti présidentiel a exhorté les patriotes ivoiriens, sans distinction dappartenance politique, jeunes, vieux, femmes, résidant dans les villes, les villages, les campements, les hameaux, à rester vigilants, mobilisés pour se dresser comme un seul homme, en vue de défendre la République et la terre de nos aïeuls.
Francis Wodié, leader du Parti ivoirien du travail (PIT), allié du FPI depuis larrivée de Gbagbo au pouvoir, a exprimé toute son inquiétude et sa très vive préoccupation face à lextrême gravité de la situation, et exprimé toute sa solidarité avec le gouvernement et les Ivoiriens dans cette épreuve douloureuse.
Le Parti Ivoirien des Travailleurs, fidèle à sa doctrine de la concertation, soucieux de la sauvegarde et du renforcement des institutions républicaines, condamne, avec la dernière énergie, de telles méthodes et de tels actes, dun autre âge, qui piétinent la démocratie et la dignité humaine en semant la terreur et la mort parmi les populations, a encore écrit dans son communiqué, Francis Wodié.
Les réactions à létranger
Nous souhaitons que ce pays, qui avait traversé des épreuves déjà assez graves, puisse retrouver la stabilité et le calme le plus vite possible. Car cest dans lintérêt de tous les Ivoiriens quils puissent vivre, travailler, progresser dans le cadre et le respect des libertés publiques et des institutions. Bien sûr, nous sommes très préoccupés par la situation de nos compatriotes qui sont nombreux en Côte dIvoire, a déclaré le ministre français de la Coopération, Pierre André Witzer.
LUnion africaine a exprimé sa grave préoccupation et se félicite des initiatives en cours pour un règlement pacifique de cette crise. Le président intérimaire de la Commission de lUnion africaine, Amara Essy, ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères, a condamné lui aussi le 20 septembre cette tentative de coup dEtat en mettant laccent sur la position sans équivoque de lUA contre tout changement anticonstitutionnel.
LUnion européenne a condamné les actes de violences contre un gouvernement légitime, en déplorant les pertes en vies humaines quils ont entraînés. Elle a réaffirmé son attachement à une solution politique incluant lensemble des parties impliquées, dans un esprit de réconciliation nationale initié en octobre 2001, et quelle a soutenu.
LUE a rappelé quelle accordait la plus haute importance au respect de la légalité et des droits de lhomme lors des poursuites qui seront engagées contre les auteurs de la tentative de coup dEtat du 19 septembre.
Le secrétaire général de lONU Kofi Annan a dénoncé les attaques armées menées en Côte dIvoire, exprimé sa profonde préoccupation et sest déclaré particulièrement attristé par la perte de vies humaines.
Selon le secrétaire exécutif de la CEDEAO, Mohammed Ibn Chambas,son organisation condamne dans sa totalité les actes violents de soldats qui refusent leur démobilisation en Côte dIvoire.
LAlgérie a condamné énergiquement la tentative de coup dEtat, en exprimant sa profonde préoccupation, dans un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.
Le président centrafricain, Ange-Félix Patassé, a condamné au nom de la Communauté économique et monétaire des Etats dAfrique centrale (CEMAC) la tentative de coup dEtat. En ma qualité de président en exercice de la CEMAC, je condamne avec vigueur cet acte ignoble visant à prendre le pouvoir par la force et exprime à cette occasion toute ma sympathie ainsi que mon soutien total à votre excellence, au gouvernement et au peuple ivoirien tout entier, indique ce message au président ivoirien Laurent Gbagbo. (Ndlr : c'est un expert qui parle
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