N° 257
du 17/10/2002

Côte d'Ivoire


Les prises de position des partis politiques ivoiriens

Le RDR appelle à un "règlement pacifique des hostilités"
Le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara, a renouvelé le 15/10 son appel à un "règlement pacifique des hostilités". Dans une déclaration à Abidjan, la secrétaire générale du RDR, Henriette Dagri Diabaté, a rappelé que son mouvement a été le premier à dénoncer dès le 20 septembre "ce qui n'était alors qu'une mutinerie, à la condamner et à apporter son soutien au chef de l'Etat et au gouvernement". "Aujourd'hui hélas, la situation a dangereusement évolué et dépassé le seul plan militaire, avec des conséquences humanitaires, économiques et sociales dramatiques", a-t-elle écrit au nom de son parti.
"Plus que jamais, la voie du règlement pacifique des hostilités s'impose de façon urgente, pour éviter le pire", affirme le mouvement. "Mais, malgré notre condamnation catégorique de la mutinerie-tentative de coup d'Etat, malgré notre appel dès le premier jour à la négociation et au règlement pacifique de cette crise, le RDR a été et demeure aujourd'hui encore victime d'accusations graves intolérables et injustes", a poursuivi Mme Diabaté.
"Nous sommes pris pour cibles dans une campagne de diabolisation et d'intimidation. Nous sommes victimes d'assassinats ou de tentatives de meurtres. Continuellement traqués, pourchassés et vilipendés, des responsables et des centaines de militants sont obligés de vivre dans une angoisse permanente, dans la quasi-clandestinité", a-t-elle déploré, avant de conclure en ces termes :"Nous appelons les insurgés à examiner avec attention toute proposition susceptible de ramener la paix et de préserver l'unité, la cohésion et l'intégrité territoriale".

Le PDCI de l'ancien président Bédié prend ses distances vis-à-vis de Gbagbo
Pour sa part, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) dirigé par l'ancien président Henri Konan Bédié, semble de plus en plus prendre ses distances vis-à-vis du président, à en juger par la presse qui lui est proche.
"Sauver la Patrie ou sauver Gbagbo?", "Dialogue ou guerre : Gbagbo toujours pas très clair!", "Une aventure ambiguë": ces titres, en gros caractères, ont faitla "Une" du Nouveau Réveil, considéré comme le journal le plus proche de l'ancien parti unique du temps de Felix Houphouët-Boigny.
Le Nouveau Réveil s'est interrogé sur ce que "veut au juste Laurent Gbagbo". "Où va-t-il? Est-il sûr qu'il est dans la bonne direction? (...) Ou bien on fait la guerre, ou bien on dialogue pour restaurer la paix. Une guerre qu'on engage pour revenir par la suite à la table de négociations est une guerre inutile", a écrit un éditorialiste, citant le président Houphouët-Boigny, selon lequel "le dialogue est l'arme des forts".
Au passage le quotidien s'en est pris à la radio et la télévision nationales qui sont devenues selon lui des "officines de propagande". "La haine, les injures et agressions gratuites contre d'honnêtes citoyens ivoiriens sont les messages les mieux diffusés (...) Les Ivoiriens sont fatigués d'entendre les messages haineux".
Dès le 22 septembre, soit trois jours après le déclenchement de la rébellion, M. Bédié avait demandé publiquement au gouvernement ivoirien d'ouvrir des "négociations avec les insurgés". "Devant la gravité de la situation et le caractère cosmopolitique" du pays, le parti a affirmé son soutien aux "vrais combats démocratiques dans le respect des différences" et "soutient le gouvernement dans cette difficile et douloureuse épreuve", avait-il poursuivi, tout en reconnaissant que le régime de Laurent Gbagbo était "en position de légitime défense".

Bien que le PDCI participe au gouvernement, le malaise couve depuis des mois avec le Front Populaire Ivoirien de Gbagbo. Lors de la formation d'un gouvernement dit d'"ouverture" le 5 août dernier, le PDCI avait menacé d'en sortir, menant d'âpres négociations pour obtenir douze postes ministériels et apaiser ainsi un malaise nettement perceptible à la base.
Le 16 août, le PDCI avait diffusé un communiqué dans lequel il disait douter "de la sincérité du gouvernement" et dénonçé "avec force les clauses contenues dans le procès-verbal qui a sanctionné les négociations (avec le gouvernement), avec toutes les conséquences qui en découlent, dont la sortie du PDCI du gouvernement". Finalement, le 20, après quatre jours de débats intenses, la direction du PDCI avait décidé de rester dans le nouveau cabinet, n'obtenant toutefois que cinq portefeuilles.
Faut-il rappeler que Bédié a fait, lui aussi, les frais du savant filtrage organisé avant la présidentielle de l'an 2000 et que, comme Alassane Ouattara, il en avait été exclu ?


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