N° 257
du 17/10/2002

Côte d'Ivoire


Le programme politique du MPCI
Une brève transition suivie d'élections

Le MPCI "estime qu'il faut une transition la plus brève possible qui aura pour objectif l'organisation d'élections présidentielle puis législatives, démocratiques, transparentes et historiques", a déclaré Guillaume Soro, le secrétaire général du MPCI.
"Nous parlons d'une transition de huit mois parce que nous estimons que les problèmes, créés par des politiciens véreux qui ont voulu jouer avec le tribalisme et l'ethnisme, sont artificiels. Nous devons travailler à ce que l'unité soit retrouvée", a ajouté M. Soro.
"Nous reviendrons d'autorité à la Constitution de feu Félix Houphouët Boigny (premier président ivoirien) qui a régi la Côte d'Ivoire pendant 40 ans et qui répond à l'assentiment général des Ivoiriens", a-t-il poursuivi, lançant un appel aux militants de tous les partis politiques du pays à participer aux élections à venir.
"Pour nous, pas de problème ADO (surnom d'Alassane Ouattara), c'est un Ivoirien. Notre combat n'a rien à voir avec lui puisqu'il n'a pas suffisamment de courage pour dire que notre combat est juste. Mais ce que nous voulons, c'est instaurer la démocratie", a-t-il insisté.
M. Soro a précisé la structure de cette transition : "il y aura un président choisi au sein des partis politiques ou de la société civile, qui aura pour fonction exclusive d'organiser ces élections et ensuite de participer à la réconciliation de tous les Ivoiriens".
Ce président "non issu du MPCI, qui n'est pas intéressé par le pouvoir, sera assisté d'un «gouvernement de mission» et d'un «comité militaire» qui sera le garant moral de la transition".
Ce gouvernement "aura pour tâche principale d'agencer les mécanismes, pour que les élections se passent dans la plus grande transparence et nous demanderons aux Etats-Unis et à la France de surveiller ces élections".
Selon M. Soro, "les membres du comité militaire signeront tous l'engagement qu'ils ne feront pas acte de candidature à la magistrature suprême, ce sera un engagement écrit et solennel pour éviter des dérives comme lors de la précédente transition", a-t-il précisé.
M. Soro a "violemment condamné l'ivoirité" précisant : "je n'ai pas choisi de naître au nord, et je suis ancien séminariste. C'est l'ignorance et la manipulation politicienne qui fait que les gens s'attachent à cela. Moi même j'ai été sympathisant du FPI, mais la Côte d'Ivoire est une mosaïque d'ethnies, il n'y a pas que les bété", l'ethnie du président Gbagbo.
Il a insisté sur "le départ de Gbagbo du pouvoir. Il ne peut plus exercer la magistrature suprême parce qu'il est le champion toutes catégories de la roublardise, il ruse avec tout le monde, et n'a jamais respecté quelque accord que ce soit."


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