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Du côté des rebelles du MPCI, on a pu noter fin octobre, larrivée à Bouaké de centaines de dozos, ces chasseurs traditionnels du Nord.
Parés de gris-gris, amulettes censées protéger ceux qui les portent, ou portant au cou un miroir au bout dun fil en cuir, les dozos ont effectué une démonstration de force non loin du quartier général des mutins, exécutant des pas de danse sous le regard curieux et amusé de certains habitants de Bouaké.
Selon létat-major des mutins de la ville, quelque 700 chasseurs traditionnels sont venus dautres localités de la Côte dIvoire pour aider les militaires insurgés.
Les dozos, quon trouve au Burkina Faso, dans le nord de la Côte dIvoire et dans le sud-est du Mali, étaient autrefois confinés dans les villages. Mais ils ont parfois été employés ces dernières années dans les villes ivoiriennes au maintien de lordre, à linitiative généralement de personnes ou structures privées, non sans certains dérapages.
Plusieurs centaines dentre eux ont rejoint les rangs des militaires rebelles depuis le soulèvement du 19 septembre.
Du côté du gouvernement, un hélicoptère de combat Mi-24 de fabrication soviétique est arrivé à Abidjan, selon des témoins, qui lont vu survoler laéroport militaire dAbidjan.
Larmée régulière ivoirienne ne disposait pas de ce type dappareil avant le 19 septembre, et ne compte pas dans ses rangs de pilote capable de manuvrer un Mi-24. Selon un des témoins contactés par lAFP, les pilotes à bord de lhélicoptère durant le vol dessai lundi étaient des blancs. Le Mi-24 aperçu au-dessus de laéroport militaire est notamment équipé de deux canons et de tubes lance-roquettes.
Les militaires français présents dans le pays ne sont pas non plus équipés de Mi-24.
Lhélicoptère Mi-24 Hind est un appareil spécialement conçu pour lattaque et peut être équipé de divers armements lourds (mitrailleuses lourdes, canons, lance-roquettes, bombes, etc...) en fonction de lutilisation souhaitée. Il peut également transporter huit passagers, en plus de ses deux pilotes.
Le Mi-24 sest notamment illustré durant la guerre menée par lArmée rouge en Afghanistan. Lhélicoptère, dont le rayon daction nexcède pas quelques centaines de kilomètres, a vraisemblablement été acheminé en pièces détachées à Abidjan avant dêtre assemblé sur place. Un second Mi-24 est dailleurs en cours dassemblage.
Des mercenaires sud-africains?
Selon John Tuma, analyste dun Institut détudes de sécurité de Pretoria, 40 dentre mercenaires sud-africains sont déjà à Abidjan et devraient être rejoints par 160 autres, pour le compte du gouvernement. Le nombre de ces mercenaires fait penser quils ne sont pas venus uniquement pour assurer la sécurité personnelle du président.
Une porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères a dit avoir reçu des informations sur la présence de mercenaires sud-africains en Côte dIvoire, sans pouvoir les confirmer. Les Services du Conseil Légal du gouvernement sud-africain pnt toutefois été saisis de cette affaire.
LAfrique du sud, particulièrement dans les années 1990 avec la société de Executive Outcomes, a été une source privilégiée de mercenaires. Des ex-militaires pour la plupart, ont servi pendant cette période dans des conflits africains tels que ceux dAngola ou de Sierra Leone, pour le compte de gouvernements, rébellions, ou des intérêts économiques privé (pétrole, diamants). Mais Executive Outcomes a officiellement annoncé sa dissolution en 1999, peu avant que lAfrique du Sud adopte une loi punissant sévèrement toute activité para-mercenaire (entraînement, recrutement, affrètements, etc...) sur son sol.
Ces groupes auraient en fait fermé pour mieux réapparaître à létranger, dans un environnement juridique plus laxiste.
Quel rôle joue lAngola?
Lambassadeur dAngola en Côte dIvoire, Bernardo MBala Dombélé, a affirmé le 21/10 quaucun accord de défense ne liait les deux pays, qui entretiennent toutefois de très bonnes relations. Nous navons pas daccord militaire entre les deux Etats. Mais nous disposons daccords de formations de cadres, a-t-il déclaré. Il a reconnu que son pays avait reçu en 2001 une dizaine de gendarmes et de policiers ivoiriens en formation.
LAngola a toujours démenti la présence de troupes angolaises aux côtés de larmée régulière ivoirienne dans les combats contre les rebelles. Il a également démenti toute vente darmes à la Côte dIvoire ainsi que la présence dinstructeurs angolais.
L'ambassadeur n'est apparamment pas sur la même longueur d'ondes que le président de lAssemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly, qui, dans un entretien au quotidien français La Croix, le 18/10, a déclaré : Oui, nous accueillons à bras ouverts les Angolais, qunad on lui a demandé sil reconnaissait donc que les Angolais aident les forces loyalistes.
M. Koulibaly, un proche du président Gbagbo, a ajouté que son régime était disposé à accueillir tous ceux qui veulent nous aider. Nous nen avons ni honte, ni peur, a-t-il affirmé en précisant quil y va de la libération du territoire ivoirien.
Le gouvernement ivoirien et la télévision dEtat ont continué à nier formellement toute aide angolaise à la Côte dIvoire après les déclarations de Mamadou Koulibaly.
Lambassadeur dAngola a aussi formellement démenti la livraison par son pays de mines anti-personnel à la Côte dIvoire. Le secrétaire général du MPCI, Guillaume Kigbafori Soro, avait dénoncé la pose, dans trois localités ivoiriennes, de mines anti-personnel en provenance dAngola. Nous informons la communauté internationale que des cargos Iliouchine en provenance dAngola ont apporté des mines antipersonnel sur les fronts du côté de Bondoukou (nord-est), MBahiakro (centre), Daloa (centre-ouest), avait-il affirmé.
Par contre, si le président Gbagbo a lui aussi démenti, dans une interview au quotidien français, Le Figaro, que des soldats angolais soient venus le soutenir, il a admis avoir reçu des armes dAngola. Il a reconnu avoir acheté des armes et des munitions (en Angola) au début de cette crise. Nous avons payé et cest maintenant que ces armes arrivent. Cest tout à fait privé, et cest tout. Je ne vois pas le problème. Là, où il faut acheter pour renforcer nos capacités, on le fait, a-t-il ajouté.
Quand des militaires ivoiriens réfugiés au Mali
refusent daller au front
Tout le monde ne semble pas prêt à mourir pour la patrie. Des militaires ivoiriens qui, avec leurs familles, ont trouvé refuge dans la ville malienne de Sikasso ont déclaré quils refusaient daller au front, comme le souhaite le gouvernement ivoirien.
Ils craignent dêtre acheminés, une fois rentrés au pays, directement sur le front de Daloa. Il nest pas question de mourir pour Gbagbo, a même déclaré sans façon à lAFP, un des gendarmes réfugiés au Mali
Selon les autorités de Sikasso, parmi les Ivoiriens figurent des centaines de militaires, douaniers et officiels civils, avec leurs familles.
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