N° 258
du 04/11/2002

Côte d'Ivoire


Gbagbo
Le président qui voudrait bien se débarrasser de Ouattara ...

L’ancien Premier ministre ivoirien Alassane Ouattara, réfugié depuis le 19 septembre chez l’ambassadeur de France, est une vraie “pomme de discorde” entre Paris et Abidjan, a déclaré le 24 octobre à l’AFP le président Laurent Gbagbo qui se déclare “pas opposé” à son départ de Côte d’Ivoire.
Dans la crise politico-militaire en cours, “les Français ont fait tout ce qu’ils pouvaient faire. Je leur en suis très reconnaissant. Mais je ne souhaite pas qu’Alassane Ouattara, étant à l’ambassade (de France), cela crée des problèmes franco-ivoiriens. Je ne laisserai pas développer cela”, a ajouté le chef de l’Etat.
Alassane Ouattara s’est réfugié à la résidence de l’ambassadeur de France Renaud Vignal dès le premier jour des troubles, “à la demande du gouvernement ivoirien”, avait annoncé dix jours plus tard à la télévision le ministre ivoirien de la Défense d’alors, Moïse Lida Kouassi. Ce point avait été passé sous silence par les autorités ivoiriennes, tandis que des manifestations anti-françaises se développaient à Abidjan et que la France était quotidiennement accusée par la presse gouvernementale de “rouler pour ADO” (le surnom de M. Ouattara).
“Le seul problème aujourd’hui est que Ouattara est chez les Français. Il faut crever cet abcès. Je vais prendre les contacts, et personnellement je ne suis pas opposé à ce que Ouattara s’en aille, qu’il quitte la Côte d’Ivoire. Je ne souhaite pas qu’il soit une pomme de discorde entre la France et nous. C’est totalement mon analyse”, a poursuivi le président ivoirien.

... et qui dénonce “une complicité ne serait-ce que passive” du Burkina

Dans ce même entretien avec l’AFP, pressé de dire qui, selon lui, a voulu renverser son régime, Laurent Gbagbo répond: “Je ne sais pas, je n’en sais rien, mais il a fallu en tout cas beaucoup d’argent et, au moins, la complicité du Burkina, ne serait-ce que passive”. Concernant le Burkina Faso, a-t-il poursuivi, “c’est évident qu’ils (les déserteurs, aujourd'hui en rebellion) étaient logés, entretenus par le pouvoir burkinabé. C’est évident. Nous le savions depuis longtemps”.
Suite à ces propos, le gouvernement du Burkina Faso a “catégoriquement rejeté” les accusations “de complicité” avec les rebelles. “Nous n’avons absolument rien à voir avec cette rébellion”, a réagi le ministre burkinabè de la Sécurité, Djibrill Bassolé.
M. Bassolé a “maintenu la position de neutralité” du Burkina Faso et réaffirmé que son pays est “toujours prêt” à participer à un règlement pacifique de la crise.


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