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Limam Idriss Koudouss Koné, président du Conseil national islamique de Côte dIvoire, a dénoncé le 30/10 lostracisme et les arrestations dont sont victimes les musulmans dans le pays et a appelé les différents acteurs de la crise à la modération et au dialogue. Nous regrettons quà un moment aussi douloureux de la vie de notre nation, la communauté musulmane continue dêtre frappée dostracisme et de suspicion ethno-religieuse par les forces de lordre, a déclaré limam lors dune conférence de presse.
On continue de perquisitionner nos mosquées, on continue darrêter nos cadres, on continue denlever dans les bas quartiers des musulmans pour des destinations parfois inconnues, on continue de diaboliser les musulmans et leurs dignitaires (...), on profère des accusations faciles dans les organes de presse instrumentalisés, qui tendent à faire croire que les événements actuels sont le fait de la communauté musulmane, a dénoncé limam.
M. Koné sest interrogé notamment sur le rôle qui est désormais dévolu aux médias dEtat qui, depuis le déclenchement des malheureux événements, versent de lhuile sur le feu et entretiennent un climat de haine et dappel aux meurtres.
Il a alerté en outre sur la situation de la communauté musulmane à Daloa, de nouveau sous le contrôle des troupes gouvernementales après avoir été brièvement prise par les militaires rebelles.
Des témoignages dimams et de fidèles musulmans, dont nous navons aucune raison de douter, indiquent que certains éléments des forces de lordre, aidés par des milices composées de civils, se livrent à des chasses aux musulmans quils torturent et même exécutent, a-t-il rapporté.
Sadressant au président Laurent Gbagbo et à son gouvernement, le dignitaire religieux a souligné quun gouvernement ne sinscrit pas dans la logique jusquau-boutiste, et le chef de lEtat la compris, qui a accepté le cessez-le-feu et entamé des négociations.
Nous sommes attristés et mortifiés par le spectacle dune Côte dIvoire dont les enfants se font une guerre meurtrière. Ny avait-il pas dautres moyens de poser vos problèmes?, lance limam Koudouss aux militaires rebelles, quil a exhortés à persévérer dans la voie de la négociation.
Il a appelé également les responsables politiques à se mettre au-dessus des considérations ethniques, religieuses ou régionalistes pour ne prendre en compte que la sauvegarde de lunité de la nation. Vous avez une lourde responsabilité, devant Dieu et devant les hommes, dans le malheur qui frappe aujourdhui notre pays. Cest pourquoi nous vous demandons (...) de vous asseoir sur votre orgueil, un manteau trop large pour des humains, a déclaré le président du CNI.
Limam responsable pour tout le nord de la Côte dIvoire, El Hadj Mamadou Sy, a lancé lui un appel à lapaisement. La guerre civile nest pas une bonne chose, il faut toujours favoriser le dialogue et lentente, a déclaré limam Sy, chef de la communauté dioula (ethnie du nord de la Côte dIvoire, majoritairement musulmane) de Bouaké. Celui qui est actuellement au pouvoir devrait tout faire pour apaiser la situation et prendre en compte les souffrances des populations, a-t-il ajouté.
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