N° 258
du 04/11/2002

Côte d'Ivoire


Les mutins “essaient d’appliquer”
le droit humanitaire à Bouaké, selon le CICR

Les militaires en rébellion “essaient d’appliquer” le droit international humanitaire, a affirmé le responsable à Bouaké du Comité international de la Croix rouge (CICR). “Depuis un mois, nous sommes en Côte d’Ivoire dans une situation de conflit, donc c’est le droit international humanitaire (DIH) qui s’applique, qui est moins restrictif que les droits de l’Homme en raison de la situation”, a expliqué à l’AFP Roland Sidler, chef de mission du CICR dans cette ville. Les mutins “connaissent le DIH grâce aux cours donnés depuis de nombreuses années par le CICR et la leçon a été retenue. Ils essaient de l’appliquer. Je dois dire qu’il y a un respect de la population civile, des travailleurs humanitaires”, a-t-il estimé.
“De visu, je n’ai pas constaté de violation du DIH. Nous avons quelques témoignages mais c’est toujours difficile de se prononcer sur des choses dont on n’a pas été témoin. On essaie d’intervenir à tous les niveaux”, a-t-il affirmé. “Il y a des gens plus vulnérables, plus particulièrement en danger dans cette situation”, a précisé M. Sidler, évoquant des minorités ethniques de Bouaké sans plus de détail. “C’est cette population-là qu’il nous faut protéger, c’est-à-dire que nous essayons de voir avec la nouvelle autorité pour que ces gens soient protégés ou si nécessaire évacués”, a-t-il dit.
Conformément à son mandat, le CICR a pu effectuer le 23/10 une première visite aux détenus par les militaires rebelles à Bouaké. Les résultats de ces visites restent confidentiels et sont communiqués “aux seules autorités concernées” et aux familles. Plusieurs dizaines d’hommes, présentés par les mutins comme des “gendarmes infiltrés”, ont été capturés à Bouaké lors d’une offensive gouvernementale pour reprendre la ville le 6 octobre.


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