|
Télé-mutins, la nouvelle chaîne de télévision créée depuis le 21 octobre par les rebelles ivoiriens dans leur quartier général de Bouaké (centre), utilise le canal hertzien de la télévision dEtat émettant depuis Abidjan, la radio télévision ivoirienne (RTI). Nourrie par une équipe de quatre reporters improvisés, Télé-mutins diffuse environ deux heures par jour pour le moment, mais ses responsables affirment couvrir tout le nord de la Côte dIvoire, contrôlé par les insurgés.
Nous sommes des jeunes de Bouaké qui en avions assez de la propagande et des mensonges de la RTI. Actuellement on ne peut pas parler de liberté dexpression en Côte dIvoire, a déclaré un jeune étudiant en deuxième année de finances il y a un mois et aujourdhui journaliste.
Nous ne sommes pas payés, nous sommes volontaires et sympathisants du MPCI. Nous avons choisi notre camp parce que Gbagbo refuse de discuter, martèle cet ancien militant du FPI (au pouvoir).
Pour Albert Adou, ancien technicien de la RTI et ancien militant du Parti démocratique de Côte dIvoire, les mutins ne sont pas des rebelles comme les présentent les médias dEtat, ici ils assurent la sécurité, il ny a pas de massacre. Nous voulons lutter contre la dictature masquée de Gbagbo.
Ainsi, les téléspectateurs de Bouaké nont plus accès aux deux éditions quotidiennes du journal télévisé de la RTI.
La télévision des rebelles, qui exalte la vaillance et la valeur de ses combattants, na pourtant rien à envier à sa concurrente gouvernementale. Sur la jeune chaîne, la propagande le dispute à lennui: rediffusion en boucle du dernier meeting du MPCI ou dune vidéo crachotante des discours dun des principaux chefs des rebelles, le sergent Chérif Ousmane.
Ivoirien, Ivoirienne, que tu viennes du nord, du sud, de louest, de lest ou du centre, que tu sois chrétien ou musulman, bouddhiste ou que sais-je encore, nous sommes frères. Nos différences, loin de nous léser, doivent nous enrichir, telle est la volonté de Dieu, lance la nouvelle vedette du petit écran, entouré de militaires bardés darmes. Officiellement pas de censure, mais des responsables de rédactions que lon ne peut pas nommer.
|