N° 258
du 04/11/2002

Côte d'Ivoire


Le colonel Gueu
Le premier officier supérieur connu de la rébellion

Le colonel ivoirien Michel Gueu, commandant en second de la région de Bouaké au début de l’insurrection du 19 septembre en Côte d’Ivoire, qui est le premier officier supérieur connu de la rébellion, a une réputation de brillant soldat au destin marqué par le général Robert Gueï.
Originaire de l’extrême ouest de la Côte d’Ivoire et issu de l’ethnie minoritaire des Yacouba (celle du défunt général Robert Gueï, dit “Papa Roméo”), le colonel Michel Gueu, qui fait partie de la délégation des militaires insurgés arrivée à Lomé pour des négociations, est un officier supérieur étiquetté “pro-Gueï”. (Le général Robert Gueï a été tué dans les premières heures du soulèvement à Abidjan).
Officier à la fois taciturne et rustre, Michel Gueu est considéré par ses pairs comme un “brillant et intransigeant soldat”.
En octobre 1995, il est arrêté avec d’autres officiers supérieurs dont un certain... général Robert Gueï par le régime de l’ex-président Henri Konan Bédié pour “attentat à la sûreté de l’Etat”. Il passe alors 17 mois en prison et est, surtout, dans la foulée, radié des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI).
En octobre 1997, il sort de la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan (MAMA), mais ne réintègre pas l’armée. Il vivote et passe le clair de son temps “à jouer au damier”.
Puis, vient le coup d’Etat de Noël 1999 qui porte le général Gueï au pouvoir. Aussitôt, Gueï fait appel à ses compagnons d’infortune.
Le lieutenant-colonel devient le colonel et a d’abord en charge la direction du Bataillon blindé (BB), ensuite celle du Groupement de la sécurité présidentielle (GSPR).
Une mission rendue difficile en raison des querelles de leadership entre les soldats en charge de la sécurité de “Papa Roméo”.
Michel Gueu tente sans succès de trouver des points d’harmonie entres les différentes composantes du GSPR notamment la Cosa nostra, la Camora, les Bahifouè.
Pour autant, il n’abandonne pas Gueï. Il est à ces côtés surtout dans les moments difficiles de la transition, notamment pendant l’attaque sanglante de la résidence du chef de la junte les 17 et 18 septembre 2000.
Puis approchent les élections générales de 2000. Le général Gueï affirme ses intentions de se porter candidat à la présidentielle d’octobre. Il nomme alors le colonel Gueu responsable au poste hautement stratégique du Centre de collecte et d’exploitation des renseignements (CCER) rattaché directement au général Gueï.
Le colonel y demeure jusqu’à la chute de Gueï en octobre 2000.
Quand Laurent Gbagbo arrive au pouvoir, il dissout aussitôt le CCER. Commence alors pour le colonel Gueu une deuxième traversée du désert. Plus tard, il est affecté commandant en second de la région militaire de Bouaké.
Plus d’un mois après le début de la mutinerie en Côte d’Ivoire, Michel Gueu est le premier officier d’active, membre de la rébellion, à sortir au grand jour.


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