N° 259
du 29/11/2002

Côte d'Ivoire


Une cinquantaine de mercenaires pour instruire les FANCI

Entre cinquante et soixante mercenaires étrangers, essentiellement des instructeurs et des pilotes d’hélicoptères, sont actuellement en Côte d’Ivoire pour aider l’armée régulière. “Les mercenaires loués par le gouvernement sont des instructeurs chargés d’apprendre aux militaires ivoiriens le maniement de certaines armes reçues récemment dans le cadre de l’effort de guerre”, a indiqué à l’AFP un proche du régime, sous couvert de l’anonymat. “Il n’est pas prévu que ces mercenaires participent directement aux combats, mais ils doivent réorganiser les unités et s’occuper de certaines questions de sécurité”, a-t-il ajouté.
La présidence ivoirienne a démenti ces informations, les qualifiant de “rumeurs”.
Selon un haut responsable de l’armée ivoirienne, les Force armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) “n’accepteront jamais que le gouvernement utilise des mercenaires pour combattre dans cette guerre”.
“Ce serait une humiliation pour nous. Les seuls étrangers que nous pouvons accepter sont les équipages d’hélicoptères de combats que nous venons d’acquérir”, a-t-il précisé.
Ces équipages, selon des sources aéronautiques, sont essentiellement composés de Bulgares. Ils servent les trois hélicoptères MI-24 Hind (appelés MI-35 à l’export) de fabrication russe, récemment arrivés en Côte d’Ivoire, et deux hélicoptères de transports MI-8.
Les hélicoptères de combat ont été observés par des témoins effectuant des vols et tirs d’essai au large de Bassam, une station balnéaire située à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Abidjan.
Certains des mercenaires instructeurs sont employés par la firme Sandline International, enregistrée au Bahamas et disposant de bureaux à Londres et Washington. Sandline a déjà opéré en Sierra Leone (1998) et en Papouasie-Nouvelle Guinée (1997), selon le site internet de cette société “privée de services militaires”.
Parmi ces hommes, certains sont de nationalité française, d’autres sud-africaine. Ils doivent enseigner aux Ivoiriens le maniement de certaines armes et véhicules de fabrication russe récemment fournis: mitrailleuses lourdes, transport de troupes blindés (BMP-1 et 2) armés de canons notamment.
Selon le site internet du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), les mercenaires français sont neuf et les plus connus sont d’anciens proches de Bob Denard, aujourd’hui âgé de 75 ans et connu pour ses actions aux Comores, au Biafra et au Congo dans les années 60, 70 et 80.
Les mercenaires français seraient dirigés par Dominique Malacrino, 49 ans, alias “Commandant Marquez”, également cité par le MPCI. Il a été acquitté par la justice française en mai 1999 dans l’affaire de l’assassinat du président des Comores Ahmed Abdallah, en novembre 1989.
Des membres de son équipe sont soupçonnés d’avoir été impliqués dans des missions de mercenariat à Brazzaville et à Madagascar cette année, quand un Falcon 900 a été intercepté à Dar-es Salaam alors qu’il volait vers Antananarivo à la demande de l’ancien président malgache Didier Ratsiraka.


Retour au sommaire COTE D'IVOIRE

Retour Home