N° 259
du 29/11/2002

Côte d'Ivoire


Le parti de Ouattara quitte le gouvernement

Le 26 novembre, l’opposant Alassane Dramane Ouattara a décidé de retirer du gouvernement les quatre ministres de son parti, le Rassemblement des Républicains (RDR), “en raison des dérives du pouvoir et de la gestion désastreuse de la crise que traverse notre pays depuis le 19 septembre 2002”. Les ministres concernés par cette décision sont Zémogo Fofana, ministre de l’Enseignement supérieur, Amadou Soumahoro, ministre du Commerce extérieur, Roger Gnohite, ministre de la Recherche et des nouvelles technologies.
Le 4e ministre RDR du gouvernement, Marcel Amon Tanoh avait déjà démissionné deux jours plus tôt de son poste de ministre des Transports. L’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) parti de l’ancien chef de la junte, le général Robert Gueï, tué aux premières heures de la mutinerie, avait décidé dès le 14 août de quitter ce gouvernement dominé par le Front populaire ivoirien (FPI du président Laurent Gbagbo). Par contre, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ancien président Henri Konan Bédié y participe encore.
Depuis le 19 septembre, le président du RDR, Alassane Ouattara, est réfugié à la résidence de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, à la demande du gouvernement ivoirien. Il est quasi quotidiennement accusé par des médias pro-gouvernementaux d’être mêlé à la crise.
L’ambassadeur de France, Renaud Vignal, fréquemment pris à partie par ces mêmes médias, a subi une attaque en règle du quotidien Notre Voie, journal quasi-officiel du parti au pouvoir qui l’accuse de soutenir M. Ouattara, “commanditaire” de la rébellion, et le traite notamment de “névrosé”. Sur trois pages, Notre Voie a multiplié les critiques contre le diplomate français et Alassane Dramane Ouattara. “Vignal doit partir, Ouattara doit être jugé”, a titré le journal du Front populaire ivoirien (FPI). Et le journal de poursuivre : “Dramane Ouattara et Renaud Vignal sont deux individus dangereux pour la Côte d’Ivoire. Solidaires dans le mal et pour le mal, ils doivent répondre de leurs actes. Ici et maintenant”.


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