N° 262
du 15/01/2003

Côte d'Ivoire


Près de quatre mois de crise politico-militaire

Septembre 2002

- 19: Des attaques à Abidjan visent le cœur du pouvoir. La deuxième ville, Bouaké (centre), et la principale ville du nord, Korhogo, sont sous contrôle rebelle. Le général Robert Gueï, ancien chef de la junte (1999-2000), et le ministre de l’Intérieur, Emile Boga Doudou, sont tués.
- 22: Arrivée des premiers renforts militaires français pour assurer la sécurité des étrangers, dont quelque 3.000 seront évacués.
- 24: Le journal du parti au pouvoir, Notre Voie, accuse le président burkinabè, Blaise Compaoré, d’être le “seul et unique déstabilisateur de la Côte d’Ivoire”. Le Burkina Faso dément toute implication.
- 28: Abidjan affirme avoir actionné les accords de défense avec la France.
- 29: La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) crée un “groupe de contact” et décide l’envoi d’une force de paix.

Octobre 2002

- 1er: Les mutins déclarent vouloir renverser le régime et invitent la France à une “stricte neutralité”.
- 6-7: Les forces loyalistes échouent dans une tentative de reconquête de Bouaké
- 17: Les rebelles signent à Bouaké un accord de cessation des hostilités. Le président Gbagbo l’accepte et demande à la France de contrôler le cessez-le-feu.
- 22: La France envoie des renforts pour contrôler le cessez-le-feu.
- 23: Le président togolais Gnassingbé Eyadéma est désigné coordinateur de la médiation.
- 30: Début à Lomé des premières négociations directes entre délégations du gouvernement et des rebelles du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), conduite par Guillaume Soro.


Novembre 2002

- 1er: Le gouvernement accepte le principe d’une amnistie et d’une réintégration des mutins dans l’armée.
- 2 : Emile Téhé, président du Mouvement populaire ivoirien (MPI, parti d’opposition), est retrouvé criblé de balles dans la forêt du Banco à Abidjan, après avoir été arrêté par des gendarmes.
- 6 : Ancien homme fort du Front populaire ivoirien de Gbagbo, dont il était le numéro 2, Louis Dakoury-Tabley, annonce qu’il est le coordinateur aux relations extérieures du MPCI
- 8 : Le Dr Benoît Dacoury-Tabley, son frère, est retrouvé mort vendredi à Abidjan, criblé de balles, deux jours après avoir été enlevé sur son lieu de travail par des hommes en uniforme, dépourvus de tout mandat officiel.
- 27 : Visite du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, marquée par l’exfiltration de Côte d’Ivoire du principal opposant Alassane Ouattara.
- 28 : Le Mouvement populaire ivoirien du grand ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la paix (MJP), deux nouveaux groupes, revendiquent la prise de Man et Danané (extrême ouest).


Décembre 2002

- 1er : Premiers affrontements meurtriers entre militaires français et rebelles lors d’une évacuation depuis Man: une dizaine de morts chez les rebelles et un blessé français.
- 3 : Rencontre à Bamako des présidents Gbagbo et Compaoré.
- 12: Le MPCI demande “une neutralité totale” et le retrait de la France.
- 16 : Dominique de Villepin dénonce “les ingérences extérieures”.
- 19 : Amnesty International demande à l’Onu une enquête sur les exactions, après la découverte de charniers.
- 20 : Les rebelles du MPIGO prennent Bangolo (sud de Man).
L’Onu appuie le “gouvernement élu”.
- 28: Arrivée des derniers renforts français, portant à près de 2.500 hommes les effectifs de l’Opération Licorne.
- 31 : L’armée bombarde le village de Menakro, en zone rebelle au delà de la “ligne de cessez-le-feu” surveillée par les troupes françaises: 12 civils tués.

Janvier 2003

- 3 : Arrivée à Abidjan des premiers éléments de la force ouest-africaine.
- 3-4 : Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, est arrivé vendredi en Côte d’Ivoire, une visite impromptue décidée après un brusque regain de tension sur le terrain, consécutif au bombardement meurtrier de l’armée ivoirienne sur un village en zone rebelle. Il obtient des autorités d’Abidjan et du MPCI l’engagement d’un respect du cessez-le-feu et de leur participation à une table ronde politique le 15 janvier à Paris, suivie d’un sommet de chefs d’Etat africains le 27.
- 6 : Les rebelles de l’ouest se heurtent aux militaires français aux environs de Duékoué: 30 morts chez les rebelles et neuf blessés côté français, selon Paris. Le MJP reconnaît que des “éléments égarés” issus de ses rangs sont responsables.
- 8 : Le MPIGO et le MJP concluent un accord de cessez-le-feu avec les troupes françaises —tout en affirmant vouloir continuer les combats avec les forces gouvernementales— et acceptent de participer à la table ronde.
- 9 : Des hélicoptères de l’armée bombardent dans la région de Grabo (ouest), faisant, selon les rebelles, 15 morts civils.
- 10 : Le MPIGO accuse les forces loyalistes d’avoir lancé des attaques sur ses positions dans l’extrême ouest.
- 11 : Le MPIGO et le MJP ont décidé de signer une cessation des hostilités, selon des sources concordantes. Ils confirment leur présence à la table ronde de Paris.


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