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Le président Laurent Gbagbo est rentré de France avec une mission lourde et risquée : faire accepter puis appliquer un accord politique qui laffaiblit, fait rentrer les rebelles au gouvernement et est jugé humiliant par ses partisans et larmée.
Comment faire accepter à une frange de lopinion partisane, avec laquelle il a joué pendant toute la crise, que des ex-chefs de guerre rebelles seront ministres et, à une armée, défaite sur le terrain et qui devra être désarmée et cantonnée comme une simple faction, et qui aura pour ministre un ancien chef rebelle du Mouvement Patriotique de Côte dIvoire ?
Certains points des accords de Marcoussis sont de nature à humilier les forces de sécurité et de défense, lEtat et le peuple ivoirien, a estimé le porte-parole de létat-major des FANCI (Forces Armées Nationales de Côte dIvoire).
Lundi 27, alors que des milliers de manifestants en colère tenaient la rue dans le quartier administratif et des affaires et à Cocody, le quartier chic, Laurent Gbagbo est apparu à la télévision pour demander aux manifestants de retourner à la maison et au travail, soulignant quil était à la barre et que tous les bruits qui circulent sont faux.
Je suis là, a-t-il répété, démentant la rumeur la plus extrême concernant une éventuelle démission et, alors que des centaines de jeunes patriotes en colère, le visage peint en noir, tournaient dans les rues autour de lambassade de France en scandant: Si cest gâté, on tue les Français.
Laurent Gbagbo, opposant historique qui avouait être arrivé au pouvoir en octobre 2000 dans des circonstances calamiteuses semble maintenant bel et bien au pied du mur.
Il ne semble même plus question de parler de sa survie politique. Au mieux (pour lui), il pourra échapper à un tribunal pour répondre de toutes les exactions qui ont été commises par ses partisans et son armée pendant ces mois de troubles. Au pire, il risque dêtre destitué par ses propres partisans, qui eux aussi ont maintenant tout à perdre. Lhistoire ivoirienne a de plus en plus un goût de Rwanda. Un président contraint à des accords, à la merci dun clan de fanatique, le tout sur fond de haine tribale. Sil veut rester dans lhistoire, Gbagbo devra faire preuve dun doigté et dune sagesse quon ne lui connaît pas encore.
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