N° 263
du 29/01/2003

Côte d'Ivoire


Quand la presse ivoirienne critique sévèrement la France

La presse ivoirienne a violemment critiqué la France, accusée de colonialisme, au lendemain du sommet africain de Paris et a justifié les manifestations tout en regrettant les saccages.
“La Côte d’Ivoire a été humiliée à Paris”, a estimé Notre Voie, quotidien quasi-officiel du parti FPI (Front populaire ivoirien) du président Gbagbo.
“La France et ceux qui ont participé à cette table ronde pensent peut-être que la Côte d’Ivoire est habitée par des sauvages qu’on peut manipuler n’importe comment?”, s’est interrogé le journal, selon lequel “La France (...) a volontairement cherché à humilier l’armée ivoirienne et à travers elle la Côte d’Ivoire toute entière”.
“La France se met les Ivoiriens à dos”, a titré Fraternité Matin (gouvernemental) à la Une, justifiant la colère des Ivoiriens mais regrettant que les manifestations aient “tourné à la violence et aux actes de vandalisme”.
Le journal assure que la France veut “mettre définitivement le pays sous sa coupe et assujettir ses dirigeants, comme au bon vieux temps de la colonisation” et “condamner Gbagbo à inaugurer les chrysanthèmes”.
Selon Soir Info (indépendant), qui a qualifié la France “de puissance étrangère qui adore prendre son bain dans le sang des nègres”, “les coups d’Etat sont désormais légitimes et légalisés en Afrique” et “les rebelles des différents pays de la sous-région (...) peuvent être tranquilles et n’ont plus rien à craindre”.
Pour Soir Info, “la marge de manœuvre de Gbagbo est très mince”, car il est “pris entre le marteau de la pression française et l’enclume du mécontentement populaire”.
L’Oeil du peuple (pro-gouvernemental) a dénoncé des résolutions qui “imposent (...) le partage des pouvoirs entre forces rebelles qui ont attaqué et le régime Gbagbo qui est leur victime innocente”.
L’Inter (indépendant) s’est voulu plus mesuré. “Un mauvais arrangement vaut mieux que cette guerre que le pouvoir Gbagbo a bien du mal à conduire et à plus forte raison à gagner”, a estimé le journal pour qui toutefois “le principe même de ce gouvernement de transition (...) donne à cet accord de Marcoussis un caractère de diktat”.


Retour au sommaire COTE D'IVOIRE

Retour Home