N° 271
du 03/06/2003

Côte d'Ivoire


Les populations en zones rebelles
redoutent une invalidation de l’année scolaire

A l’occasion de la tenue du conseil de gouvernement à Bouaké, le fief du MPCI, le Premier ministre Seydou Diarra a été interpellé, parfois très bruyamment, par les étudiants sur ce sujet délicat.
Selon les chiffres officiels, il y a, dans les zones sous contrôle rebelle, environ 80 % de la population scolaire du primaire et 49 % du secondaire. Environ 550.000 élèves risquent une année blanche, selon le ministère de l’Education.
Un représentant du corps enseignant, des élèves et de leurs parents, s’est adressé au gouvernement à la même occasion soulignant les «efforts mis en œuvre afin de dispenser un enseignement convenable aux élèves du primaire et du secondaire restés dans les zones rebelles».
«Nous avons mobilisé des étudiants pour donner des cours aux plus jeunes, nous les avons encadrés avec des enseignants confirmés pour maintenir le niveau des leçons. Depuis le 13 janvier 2003, l’école existe et fonctionne dans les zones rebelles», a témoigné Touré Sékou, représentant de la communauté scolaire de Bouaké.
Selon lui «l’année ne peut pas être invalidée puisque nous avons mis en place la même masse horaire que dans les zones loyalistes et respecté le même programme», tout en proposant de «simplement décaler sur trois ans l’année scolaire pour retrouver rapidement un rythme normal».
Demandant «rapidement une mission d’inspection conjointe de l’UNESCO et du ministère de l’Enseignement», M. Sékou a conclu qu’il «suffit d’une volonté politique pour que cet espoir devienne une réalité».
A son arrivée, M. Diarra avait été accueilli par des banderoles explicites : «UNESCO : pas d’année validée en Côte d’Ivoire sans les élèves et étudiants des zones occupées par les Forces Nouvelles», «Oui à la validation de l’année», «UNESCO : l’école est un droit !».
Le Premier ministre a tenté de rassurer les jeunes : «la Côte d’Ivoire a besoin de cadres bien formés et compétents. Nous avons des Ivoiriens qui travaillent aux Etats Unis et en Belgique. Nous sommes dans un monde de compétition».
M. Diarra a annoncé qu’une mission de l’UNESCO travaille sur le dossier avec le ministre de l’Enseignement, Amani N’Guessan. Un conseiller du Premier ministre a déploré «la politique menée par le précédent gouvernement qui consistait à attirer les enseignants au sud. Beaucoup sont partis aussi par manque d’argent, pour récupérer leurs salaires».
Un nombres indéterminé d’enseignants postés au nord du pays ont été tués depuis le début de la crise, alors qu’ils tentaient de rallier Abidjan ou Yamoussoukro. Le gouvernement, à la demande de M. Sékou, a d’ailleurs observé une minute de silence en leur mémoire.
Le 20 janvier, une «seconde rentrée» scolaire avait été organisée dans les territoires sous contrôle gouvernemental pour quelque 60.000 élèves déplacés. (afp)


Sommaire COTE D'IVOIRE

Sommaire Home Page