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A loccasion de la tenue du conseil de gouvernement à Bouaké, le fief du MPCI, le Premier ministre Seydou Diarra a été interpellé, parfois très bruyamment, par les étudiants sur ce sujet délicat.
Selon les chiffres officiels, il y a, dans les zones sous contrôle rebelle, environ 80 % de la population scolaire du primaire et 49 % du secondaire. Environ 550.000 élèves risquent une année blanche, selon le ministère de lEducation.
Un représentant du corps enseignant, des élèves et de leurs parents, sest adressé au gouvernement à la même occasion soulignant les «efforts mis en uvre afin de dispenser un enseignement convenable aux élèves du primaire et du secondaire restés dans les zones rebelles».
«Nous avons mobilisé des étudiants pour donner des cours aux plus jeunes, nous les avons encadrés avec des enseignants confirmés pour maintenir le niveau des leçons. Depuis le 13 janvier 2003, lécole existe et fonctionne dans les zones rebelles», a témoigné Touré Sékou, représentant de la communauté scolaire de Bouaké.
Selon lui «lannée ne peut pas être invalidée puisque nous avons mis en place la même masse horaire que dans les zones loyalistes et respecté le même programme», tout en proposant de «simplement décaler sur trois ans lannée scolaire pour retrouver rapidement un rythme normal».
Demandant «rapidement une mission dinspection conjointe de lUNESCO et du ministère de lEnseignement», M. Sékou a conclu quil «suffit dune volonté politique pour que cet espoir devienne une réalité».
A son arrivée, M. Diarra avait été accueilli par des banderoles explicites : «UNESCO : pas dannée validée en Côte dIvoire sans les élèves et étudiants des zones occupées par les Forces Nouvelles», «Oui à la validation de lannée», «UNESCO : lécole est un droit !».
Le Premier ministre a tenté de rassurer les jeunes : «la Côte dIvoire a besoin de cadres bien formés et compétents. Nous avons des Ivoiriens qui travaillent aux Etats Unis et en Belgique. Nous sommes dans un monde de compétition».
M. Diarra a annoncé quune mission de lUNESCO travaille sur le dossier avec le ministre de lEnseignement, Amani NGuessan. Un conseiller du Premier ministre a déploré «la politique menée par le précédent gouvernement qui consistait à attirer les enseignants au sud. Beaucoup sont partis aussi par manque dargent, pour récupérer leurs salaires».
Un nombres indéterminé denseignants postés au nord du pays ont été tués depuis le début de la crise, alors quils tentaient de rallier Abidjan ou Yamoussoukro. Le gouvernement, à la demande de M. Sékou, a dailleurs observé une minute de silence en leur mémoire.
Le 20 janvier, une «seconde rentrée» scolaire avait été organisée dans les territoires sous contrôle gouvernemental pour quelque 60.000 élèves déplacés. (afp)
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