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Agitant banderoles et pancartes en faveur des accords de Marcoussis, les habitants de Bouaké ont entonné «lAbidjanaise», lhymne national ivoirien, devant le Premier ministre Seydou Elimane Diarra et ses ministres.
Après Yamoussoukro, la capitale politique symbole de lère Houphouët-Boigny, puis Abidjan, Seydou Diarra tenait à organiser un conseil de gouvernement à Bouaké, la «capitale rebelle» depuis linsurrection du 19 septembre 2002. Il a réussi son pari le 21 mai.
Lambiance était chaleureuse en dépit de limposant dispositif de sécurité mis en place par le Mouvement patriotique de Côte dIvoire (MPCI). Soldats français de lopération Licorne et ouest-africains de la MICECI veillaient discrètement.
Le «chef détat-major des Forces Armées Nouvelles de Côte dIvoire» (Fanci, le même acronyme que celui des Forces armées nationales de Côte dIvoire loyalistes), le colonel Soumaïla Bakayoko, fait part au Premier ministre de son inquiétude «pour le futur des soldats comme des populations des zones sous notre contrôle puisque le projet de loi damnistie est resté lettre morte».
Seydou Diarra a annoncé à lissue du conseil de gouvernement quun projet de loi damnistie sera présenté au Parlement.
Seydou Diarra sest déclaré confiant dans le processus de paix en cours depuis quatre mois avec la signature des accords de Marcoussis, le 24 janvier en France. La venue du gouvernement à Bouaké permettra selon lui «de briser le mur de méfiance».
«A partir daujourdhui Bouaké est ouverte totalement pour la réconciliation ainsi que toutes les villes du nord et de louest. Cest lunité retrouvée», a-t-il lancé, ajoutant : «Notre peuple est spécial, cest un peuple brassé, mélangé, riche de sa culture. Cest ce que nous devons cultiver. Cest ce qui nous a manqué dun côté comme de lautre».
Interrogé sur les récents achats darmes effectués par le président, Seydou Diarra a estimé que «ces armes constituent comme la dit le président un armement de dissuasion. Ces armes sont également vos armes», a-t-il dit aux rebelles des Forces Nouvelles tout en souhaitant quelles ne servent plus jamais.
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