N° 271
du 03/06/2003

Côte d'Ivoire


Premier conseil de gouvernement à Bouaké, en zone rebelle

Agitant banderoles et pancartes en faveur des accords de Marcoussis, les habitants de Bouaké ont entonné «l’Abidjanaise», l’hymne national ivoirien, devant le Premier ministre Seydou Elimane Diarra et ses ministres.
Après Yamoussoukro, la capitale politique symbole de l’ère Houphouët-Boigny, puis Abidjan, Seydou Diarra tenait à organiser un conseil de gouvernement à Bouaké, la «capitale rebelle» depuis l’insurrection du 19 septembre 2002. Il a réussi son pari le 21 mai.
L’ambiance était chaleureuse en dépit de l’imposant dispositif de sécurité mis en place par le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI). Soldats français de l’opération Licorne et ouest-africains de la MICECI veillaient discrètement.

Le «chef d’état-major des Forces Armées Nouvelles de Côte d’Ivoire» (Fanci, le même acronyme que celui des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire loyalistes), le colonel Soumaïla Bakayoko, fait part au Premier ministre de son inquiétude «pour le futur des soldats comme des populations des zones sous notre contrôle puisque le projet de loi d’amnistie est resté lettre morte».
Seydou Diarra a annoncé à l’issue du conseil de gouvernement qu’un projet de loi d’amnistie sera présenté au Parlement.
Seydou Diarra s’est déclaré confiant dans le processus de paix en cours depuis quatre mois avec la signature des accords de Marcoussis, le 24 janvier en France. La venue du gouvernement à Bouaké permettra selon lui «de briser le mur de méfiance».
«A partir d’aujourd’hui Bouaké est ouverte totalement pour la réconciliation ainsi que toutes les villes du nord et de l’ouest. C’est l’unité retrouvée», a-t-il lancé, ajoutant : «Notre peuple est spécial, c’est un peuple brassé, mélangé, riche de sa culture. C’est ce que nous devons cultiver. C’est ce qui nous a manqué d’un côté comme de l’autre».
Interrogé sur les récents achats d’armes effectués par le président, Seydou Diarra a estimé que «ces armes constituent comme l’a dit le président un armement de dissuasion. Ces armes sont également vos armes», a-t-il dit aux rebelles des Forces Nouvelles tout en souhaitant qu’elles ne servent plus jamais.


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