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Mamadou Koulibaly, le président de lAssemblée nationale ivoirienne, a deux bêtes noires : les rebelles et la France quil accuse encore et toujours de soutenir ces derniers.
En appelant ses concitoyens à la «désobéissance civile» contre les neuf ministres issus de la rébellion qui participent au gouvernement de réconciliation nationale, il sest opposé à toute amnistie avant un désarmement des mouvements rebelles.
Deuxième personnage de lEtat, M. Koulibaly est considéré comme un dur du Front populaire ivoirien (FPI), parti fondé par le président Laurent Gbagbo dont il est très proche. Il avait claqué la porte des négociations inter-ivoiriennes de Marcoussis (France) en janvier dernier, dénonçant une «tentative de coup dEtat constitutionnel de la France».
Dans un entretien avec lAgence France-Presse, il a même précisé son point de vue, estimant que «la France continue sa guerre contre la Côte dIvoire».
Avec de tels propos, on est encore bien loin de la réconciliation nationale. Le dimanche 8 juin à Abidjan, le colonel Michel Gueu, ministre des Sports issu des rangs Mouvement patriotique de Côte dIvoire (MPCI), a été hué par le public lors du match Côte dIvoire-Burundi pour les qualifications de la Coupe dAfrique des nations de football.
Voici linterview réalisée par lAFP :
«Question : La Côte dIvoire vit depuis la mi-avril une cohabitation avec la mise en place dun gouvernement de réconciliation nationale. Votre impression ?
Mamadou Koulibaly : On vit un début de coup dEtat qui a conduit les autorités françaises à imposer aux Ivoiriens des rebelles comme membres du gouvernement, cest une grande première dans notre pays. Cest une imposition, un non Etat de droit.
Quand Guillaume Soro (chef du MPCI, et actuel ministre dEtat à la communication), déclare à Paris quil ne désarmera pas tant que les élections ne se seront pas tenues, je nentends pas le ministère français des affaires étrangères condamner cette attitude, même pas le comité de suivi des accords de Marcoussis. Pareil pour le Premier ministre (ivoirien Seydou Diarra) qui ne la pas déplorée.
Cela mamène à croire que la déstabilisation na pas encore atteint ses objectifs. Et donc la France continue sa guerre contre la Côte dIvoire.
Q : Bientôt un projet de loi damnistie des rebelles sera soumis aux députés, quen pensez-vous?
M. K. : Les députés sont conscients que tout cadeau quils feraient aux rebelles signifierait capitulation. Est-ce leur mission de capituler devant lenvahisseur ? Leur mission, cest de bloquer lenvahisseur et daller en croisade contre lui. Chacun en conscience appréciera la situation.
Sans désarmement, toute amnistie signifie une victoire éclatante (...) des rebelles sur lEtat de Côte dIvoire. On aurait résisté neuf mois pour finir par amnistier ceux qui ont attaqué le pays ?
Cest pourquoi je narrive pas à penser que le gouvernement ait la force de présenter cette loi devant le Parlement, contre toute morale et toute éthique.
On ne peut pas tuer des gens, les assassiner et se faire pardonner alors que ceux qui lont fait tiennent les armes et disent clairement quils ne désarmeront que lorsquils auront pris le pouvoir. Beaucoup de députés ne pourront ladmettre.
Q : Concernant le désarmement ?
M. K. : Le Premier ministre Diarra affirme que le désarmement est un processus. Partout où on la vu il ny a pas eu de désarmement. En Sierra Léone, il y avait plus de 100.000 rebelles, le désarmement a abouti à désarmer 25.000 personnes. Les autres ont disparu.
Aujourdhui on nous fait croire que cest la théorie du désarmement qui doit prévaloir en Côte dIvoire.
La France na quà déposer des caisses dargents à Korhogo ou Bouaké et dire à chaque rebelle quil recevra 200.000 FCFA ou 500.000 FCFA pour chaque kalachnikov rendue. Je parie quune telle opération connaîtra un succès sans précédent. »
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