N° 273
du 01/07/2003

Côte d'Ivoire


Le ministre de la Communication échappe de peu à un lynchage
orchestré par les partisans du président

Guillaume Soro, ministre de la Communication et leader du MPCI, a échappé de peu à un lynchage orchestré par les partisans du président Gbagbo, alors qu’il s’était rendu le 27 juin dans les locaux de la télévision nationale à Abidjan.
Il a été séquestré pendant près de deux heures dans les locaux de la télévision nationale par une centaine de jeunes surexcités, armés de barres de fer et qui visiblement cherchait à violenter le ministre qui s’était rendu au siège de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), dans le quartier de Cocody, dans le cadre de ses consultations avec les médias. Guillaume Soro est toujours secrétaire général du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI, auteur de l’insurrection du 19 septembre 2002).
Informés de sa présence dans les bâtiments, des jeunes armés de pierres et de gourdins, aux cris de «ministre assassin, rebelle», ont envahi la télévision, pourtant gardée par des policiers, à la recherche du ministre qui s’est alors réfugié dans l’infirmerie.
Après un bref passage sur les lieux vers 13 heures du chef de l’état-major des forces armées (FANCI), le général Mathias Doué, il a fallu l’intervention de la brigade anti-émeutes (BAE) pour exfiltrer le ministre.

Vice condamnation du Comité de suivi

Dans un communiqué, le Comité de suivi a demandé «des sanctions immédiates à l’égard des auteurs identifiés de l’agression, de ceux qui les incitent et de ceux qui s’en sont rendus complices». Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de prendre «sans délais des mesures concrètes» pour le «démantèlement immédiat des milices et groupes parallèles».
De son côté, le «gouvernement de réconciliation nationale» a «déploré et condamné vertement cet acte abominable», a déclaré le ministre de la Sécurité, Zémogo Fofana.
Pour la presse d’opposition, Soro a été victime d’une «tentative d’assassinat préparée».
Dans ce contexte, on souhaite bien du plaisir à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui vient d’envoyer une mission à Abidjan pour un appui aux médias qui doivent «jouer un rôle, d’information, d’équilibre, favorable à l’esprit de réconciliation de l’ensemble des Ivoiriens», selon Hugo Sada, conseiller pour l’information et la communication du secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf.
Les accords de Marcoussis signés le 24 janvier en France par les principaux partis politiques ivoiriens et la rébellion, comportent un volet consacré aux médias et prévoient notamment la mise en place d’une presse libre, indépendante et responsable.
L’OIF est membre du comité de suivi des accords de Marcoussis, présidé Albert Tevoédjrè.


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