N° 274
du 16/07/2003

Côte d'Ivoire


Première rencontre des signataires de Marcoussis
à Bouaké, dans le fief des Forces nouvelles
Un absent de marque, la parti du président Gbagbo

Tous les partis politiques signataires des accords inter-ivoiriens de Marcoussis, à l’exception notable du parti du président Laurent Gbagbo, se sont réunis pour la première fois le 16 juillet à Bouaké, fief de l’ex-rébellion, pour «évaluer l’application» des dits accords.
Cette rencontre, initiée par les Forces nouvelles (regroupement des trois mouvements rebelles) a réuni tous les partis qui ont signé les accords le 24 janvier dernier, sauf le Front populaire ivoirien (FPI) du président Gbagbo.
«Je souhaite qu’à cette occasion les partis puissent dans la confrontation des argumentaires arrêter une position commune qui ne sera que bénéfique au processus de réconciliation nationale», a déclaré Guillaume Soro, secrétaire général du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI).
«Je voudrais dire aux partis politiques par qui cette guerre a éclaté de se retrouver pour une fois dans la sérénité, mais aussi dans l’honnêteté pour regarder avec sérieux l’avenir de la Côte d’Ivoire et le processus de réconciliation nationale», a ajouté M. Soro, qui est également ministre d’Etat en charge de la Communication.

Au terme de cette rencontre, les partis politiques présents ont décidé d’un «principe d’action commune pour faire appliquer» les dits accords de Marcoussis.
Les participants, parmi lesquels figuraient le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-parti au pouvoir de 1960 à 1999), majoritaire à l’Assemblée nationale, ont également demandé à leur groupe parlementaire de voter «toute loi entrant dans la mise en œuvre effective de l’accord, notamment celle relative à l’amnistie».
Ils ont dénoncé «la persistance des activités des milices» qui selon eux, constitue des blocages à l’application des accords.

Vers une armée réunifiée ?

Parallèlement toujours à Bouaké, les Forces armées de Côte d’Ivoire (Fanci, forces régulières) et les «Forces nouvelles», qui ont officiellement annoncé le 4 juillet la fin de l’état de guerre, ont décidé de créer un comité mixte d’état-major pour contrôler l’application de cette décision.
Ce comité de 10 membres baptisé CEMCAD et qui sera «le prélude à la formation de la nouvelle armée ivoirenne», entend mettre tout en œuvre pour «jouer pleinement son rôle dans le processus de réconciliation nationale», selon les termes d’un communiqué final.
«Notre souhait est que ce processus irréversible aboutisse à une nouvelle armée ivoirienne avec une définition de nouvelles missions», a déclaré le colonel Kadio Miezou, des FANCI.
«La hache de guerre est enterrée et nous mettons en garde tous ceux qui chercheront à la déterrer», a martelé de son côté sur un ton martial, le colonel Soumaïla Bagayogo, des Forces Nouvelles.


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