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Afrique Express : La branche politique et la branche militaire des Forces nouvelles viennent de décider la suspension de leur participation au gouvernement. Pensez-vous que cela sera suffisant pour relancer le processus dapplication de lAccord de Marcoussis ?
Ouattara Issiaka : Bien sûr. Je pense que cela sera suffisant pour relancer le processus de Marcoussis, pour la paix et la réconciliation en Côte dIvoire. Il fallait quon tape sur la table pour dire que nous aussi on en a «ras le bol» du jeu de Gbagbo qui ne sinscrit pas dans laccord de Marcoussis. Et il la dit haut et fort, sur les écrans de télévision et sur les antennes de radio. Tout le monde a entendu ça. Si on continue à le suivre, on ne voit pas comment on va arriver à faire une vraie réconciliation en Côte dIvoire.
Est-ce que vous croyez encore à la possibilité dappliquer ces Accords de Marcoussis ?
O.I. : On y croit beaucoup. On croît vraiment que lon peut les appliquer.
Ca veut dire que vous pensez que lon peut relancer le processus de réconciliation ?
O.I. : On peut relancer le processus dapplication des Accords de Marcoussis, si le Comité de suivi, et la France, aussi, redeviennent fermes comme ils létaient au début, on peut y arriver.
Que pensez-vous de lattitude de la Communauté Internationale, de la France, de lONU dans ce dossier ?
O.I. : Aujourdhui, on voit que Gbagbo a réussi à berner la communauté internationale et le Comité de suivi et même lambassadeur de France qui ne jouent pas franc-jeu dans cette réconciliation. On est déçu parce quon na pas envie de reprendre les armes pour nous tuer entre nous. Nous navons pas envie de reprendre les armes aujourdhui, mais si cela arrive demain, la communauté internationale serait responsable de tous les maux qui vont arriver en Côte dIvoire.
Vous pensez quils ont été « bernés « ou que cest de la complicité ?
O.I. : Soit ils sont «bernés», soit cest de la complicité totale. Tévoédjéré (le président du Comité international de suivi des Accords de Marcoussis), on lappelle «le renard» dans son pays. Qunat à lambassadeur de France ... cest pas ça.
Ca fait maintenant un an que vous avez à gérer des centaines voire des milliers de combattants. Cela ne commence pas à vous poser des problèmes ?
O.I. : Dans toute société, il y a toujours des difficultés mais on arrive à les surmonter. Ca va aller ...
Les gens sont toujours motivés ? Il ny a pas de protestation ? Les gens sont toujours fidèles à votre cause ?
O.I. : Bien sûr puisquils savent que leur vie en dépend. Quelques-uns sont un peu découragés mais on arrive à remonter la pente puisquils savent que nous sommes là pour une cause juste et noble.
Il ny a pas de baisse du moral des troupes ?
O.I. : Non.
On parle beaucoup depuis laffaire IB, des «pro-IB» et des «anti-IB» au sein de votre mouvement. Quen est-il ?
O.I. : Il ny a jamais eu de «pro-IB» et d «anti-IB». On parle de cela de lautre côté pour nous déstabiliser, mais il ny a jamais eu de «pro-IB» et d «anti-IB» chez nous.
Laffaire IB na pas provoqué de fracture au sein des Forces nouvelles ?
O.I. : Non. Vous-même, vous avez suivi notre réunion (Ndlr : des Forces nouvelles à Bouaké). Comme dans toute famille, il faut se retrouver pour parler et pour repartir. Je suis satisafiat car on a montré aux yeux de tout le monde que lon est soudé, quil ny a pas de déchirures entre nous.
On doit considérer que cest un nouveau départ des Forces nouvelles, après la reconduction de Guillaume Soro à la tête du secrétariat général ?
O.I : On na fait que de réaffirmer que lon confiait la direction du mouvement à Soro, pour quon arrive au bout.
Propos recuillis à Bouaké par R-J L.
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