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Après plus de trois mois de
boycott, les ministres issus de la rébellion ivoirienne qui a pris
les armes en septembre 2002 contre le président
Laurent Gbagbo devaient faire leur retour le 6 janvier aux réunions
du gouvernement de réconciliation nationale.
«Tous nos ministres seront présents au conseil de gouvernement
prévu mardi (6/01)», a affirmé l’adjudant
Antoine Beugré, responsable de la communication des
Forces nouvelles (FN, ex-rébellion).
Ce conseil de gouvernement, traditionnellement présidé par
le Premier ministre Seydou Diarra tous les mardis, est destiné
à préparer le conseil des ministres organisé le jeudi
sous la présidence de M. Gbagbo.
Le 23 décembre, les Forces nouvelles avaient annoncé que
les ministres issus de leurs rangs allaient reprendre leur place au conseil
des ministres. Les ministres boudaient depuis fin septembre ses réunions
pour protester contre des blocages orchestrés par le camp présidentiel
dans le processus de réconciliation prévu par les accords
de paix de Linas-Marcoussis, signés en janvier 2002 en France.
Le boycott des Forces nouvelles était toutefois essentiellement
symbolique puisque la plupart de leurs ministres continuaient d’exercer
leurs fonctions et d’effectuer des missions, tant à Abidjan
qu’à l’étranger.
Leur but était d’alerter la communauté internationale
sur la mauvaise volonté manifestée selon eux par Laurent
Gbagbo dans la mise en œuvre des accords de Marcoussis.
Soumis à des appels pressants et répétés de
la France, de l’ONU ou des chefs d’Etat ouest-africains impliqués
dans la médiation en Côte d’Ivoire, les Forces nouvelles
ont finalement accepté de reprendre leur collaboration, non sans
avoir obtenu de Laurent Gbagbo l’engagement public, pour la première
fois le 4 décembre dernier, d’appliquer intégralement
les accords de Marcoussis.
Une semaine plus tard, le chef de l’Etat signait une lettre confirmant
à Seydou Diarra les prérogatives de l’exécutif
jusqu’à l’élection présidentielle d’octobre
2005: l’une des principales revendications des Forces nouvelles.
L’absence des Forces nouvelles n’a pas empêché
le conseil des ministres d’adopter des projets de lois sur certaines
questions identifiées à Marcoussis comme étant parmi
les principales causes de la crise: code de la nationalité, condition
d’éligibilité à la présidence et propriété
des terres agricoles pour les étrangers.
Polémique en vue sur l’utilité et la possibilité
d’un référendum
Mais déjà, le président Gbagbo a suscité une
nouvelle polémique en exprimant sa volonté de soumettre
l’adoption de ces textes à un référendum populaire,
et non pas au vote des députés.
Tout en se félicitant de l’adoption des projets de loi par
le gouvernement, le secrétaire général des
FN et ministre de la Communication, Guillaume Soro, a estimé
dans un message de vœux pour 2004 que «la procédure
pour leur adoption définitive par l’Assemblée nationale
semble être remise en cause par le chef de l’Etat, qui renie
la délégation de pouvoirs signée au Premier Ministre.»
«S’il est vrai que le gouvernement de réconciliation
nationale a adopté ces projets de lois, les partis politiques signataires
de l’accord de Linas-Marcoussis, représentés à
l’Assemblée Nationale, se doivent de les voter conformément
à leur engagement. S’agissant des Forces Nouvelles, elles
émettent déjà des réserves sur l’idée
de référendum», a-t-il ajouté.
Et M. Soro a donné le ton pour les prochains débats au sein
du gouvernement: «au moment venu, nous exigerons encore que soient
respectés à la lettre tous les accords».
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